Camilli : « Je m’attendais à des revers »



Pour ses premiers tours de roue sur terre en WRC, Eric Camilli a emmagasiné beaucoup d'expérience et marque ses premiers points pour l'équipe M-Sport.

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Dans cette troisième chronique, le pilote niçois revient évidemment sur le rallye du Mexique, mais évoque également sa préparation, tout en tirant un premier bilan de son début de saison.

Le retour de Benjamin Veillas

« Les retrouvailles avec Benjamin se sont très bien passées. Je suis content d’être de nouveau avec mon copilote de toujours et c’était comme si on ne s’était jamais quitté. Il y a toujours une belle synergie entre nous et c’était important de retrouver ça cette semaine. Au début, ça été un peu stressant pour lui d’arriver dans une équipe officielle , mais il s’est très bien débrouillé et a été apprécié par toute l’équipe. Je tiens dans cette chronique à remercier Nicolas pour son travail et son professionnalisme, il a comme on dit « envoyé » du lourd sur les deux premiers rallyes pour assurer le job. Nous avons un caractère différent, on sentait tout les deux que le feeling n’était pas optimal, ça n’avait vraiment rien à voir avec les sorties. On ne savait pas si on ferait le Mexique encore ou pas, puis finalement c’est moi qui est préféré arrêté avant, mais de toute façon on savait qu’après le Mexique, avec la pause avant l’Argentine, ça n’aurait pas été plus loin. »

Les reconnaissances

« Les reconnaissances se sont très bien déroulées. Ce n’était pas évident de prendre les notes, les routes paraissent très roulantes mais en fait il y a plein de petits pièges à gauche à droite, des différences de grip d’un virage à un autre, parfois c’est du sable, d’autres fois de la terre. Donc, j’avais des choses à noter en plus par rapport à d’habitude.

En plus, ce n’était que le neuvième rallye terre de ma carrière, donc c’était assez difficile de prendre des notes en seulement deux passages sur un rallye tel que le Mexique, avec des spéciales aussi longues. On a travaillé au maximum et au final c’était assez cohérent. J’ai pris mes marques au fil des spéciales, en gros mes notes de dimanche étaient meilleures que celles du début de rallye.

J’ai bien aimé les super-spéciales de ce rallye, elle n’étaient pas forcément piègeuses, contrairement à celles que l’on fait en ville. C’était sur un circuit de rallycross, donc on pouvait attaquer un peu. Celle de Leon était plus difficile, mais dans l’ensemble c’était tout de même sympa. C’est important d’amener le rallye auprès d’un public qui ne connaît pas forcément la discipline et qui ne peut pas se déplacer. »

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Résumé du rallye

« Au départ le jeudi soir, l’atmosphère était vraiment hors-norme. Je n’ai jamais vécu ça, il y avait un monde abominable sur des kilomètres qui nous encourageait et ça fait vraiment chaud au coeur, c’était un super moment.

Dans la première véritable spéciale (ES4 d’El Chocolate), on ne s’attendait pas à avoir aussi peu de grip, la surface était très dure. En plus, on a fait un mauvais choix de pneus, on s’est tout simplement basé sur celui d’Ostberg. On avait encore moins de grip avec ces pneus et sur les 25 premiers kilomètres, on pensait vraiment être à des années-lumière des premiers, et finalement nous étions dans les temps d’Ostberg et devant Tänak.

Malheureusement, on a déjanté sur la fin de la spéciale et après on a du s’arrêter pour changer la roue. J’ai pris du temps à comprendre que j’avais crevé, je me suis demandé si ce n’était pas le grip qui était encore bizarre et puis je n’avais encore jamais crevé sur la terre. En Corse, on avait mis 1min30 pour changer une roue mais là on a eu des problèmes avec la péteuse et le cric, les goujons sont restés bloqués, donc c’était difficile. Aussi, les problèmes de boîte avaient commencé, je n’arrivais pas à remettre la première, donc c’était assez délicat de passer les épingles en deuxième. C’est aussi pour ça que les temps intermédiaires m’interpellent réellement, je me demande comment au bout de 30 kilomètres, on peut encore être dans les temps de Paddon.

Ensuite, les problèmes de boîte se sont empirés, on a perdu la première et la seconde vitesse. On a tout fait en trois sur des spéciales très sinueuses, comme El Chocolate et Las Minas. Il fallait simplement rouler et terminer la journée, on s’est quand même fait plaisir dans la super-spéciale en attaquant un peu.

Le lendemain, on part sur un bon rythme, on se fait plaisir, c’était une spéciale avec un profil rapide, sans trop de pierres. Et puis là, on arrive dans une descente sur un freinage, j’avais noté corde et en fait, Lavala qui partait juste devant moi m’avait délogé deux beaux cailloux. Donc ça casse directement le triangle et on se retrouve un peu cons tous les deux, car je n’ai rien vu et je ne m’attendais pas du tout à avoir une pierre ici en pleine trajectoire.

Sur le moment, ça été un peu difficile à comprendre, je me suis dit que j’avais fait une erreur, que j’avais oublié de noter cette pierre dans la corde, tout le monde a commencé à dire que nous étions sortis. On a accusé le coup et puis finalement le soir, j’ai regardé la vidéo de Latvala avec Malcolm, et il m’a fait comprendre qu’il ne pouvait pas me reprocher d’avoir pris cette trajectoire.

Le dimanche, on avait pas mal de pression sur nous, on avait vraiment un manque de réussite et on se demandait un peu ce qui allait nous arriver avec tant de pièges sur 80 kilomètres. Finalement, on a bien fait attention, nous étions bien concentrés et en ouvrant la route, malgré tout c’était plus propre. Il a fallu que j’adapte mon style de pilotage avec le balayage, c’était de mieux en mieux dans la spéciale, c’était une première pour moi.

Cette fois-là, on avait fait un bon choix de pneus avec quatre tendres, vu qu’on a pas roulé sur un gros rythme, ils ont très bien tenu. La voiture a également très bien fonctionné, le setup était parfait. »

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Bilan du rallye

« Ma carrière ne ressemble à aucune autre, je n’ai que 40 rallyes à mon compteur et je suis comparé à certains qui ont plus de 100, 130 départs en WRC, donc ce n’est pas évident. L’apprentissage continue, il me faudra du temps, pour l’instant ça ne veut pas trop le faire, donc on écoute et on travaille pour découvrir tout ça.

Avec M-Sport, tout se passe super bien, ils sont ravis que l’on soit dans les intermédiaires d’Ostberg, que ce soit sur la neige, la terre ou l’asphalte. Malcolm est à 200% derrière nous. Des débuts de saison difficiles, il en a connu beaucoup, mais il savait très bien qu’avec ma petite expérience ce serait compliqué.

Après, il ne faut pas le cacher, si les gens m’attendent à un niveau plus élevé d’une manière générale, il faut se dire que tu ne peux pas aller à un examen et le réussir si tu n’as pas eu les cours avant. Il faut travailler, essayer d’anticiper au maximum mais tu ne peux pas tout gérer. Je fais mon maximum pour y aller étape par étape. Je travaille comme un acharné depuis trois ans pour en arriver là. Il n’y que Ogier qui a eu une ascension aussi rapide et automatiquement je m’attendais à avoir des revers.

Cette année, c’est vraiment une année d’apprentissage, et maintenant c’est à nous de redresser la barre en Argentine en faisant un rallye propre de bout en bout. Au final, le bilan du Mexique est positif, on a pris beaucoup d’expérience et nous sommes à l’arrivée. »

L’Argentine

« Julien Ingrassia m’a présenté ce rallye comme une épreuve très cassante, très difficile. Je m’attends à retrouver une atmosphère comparable à celle du Mexique et je suis vraiment content de retrouver un pays latin. Il y a beaucoup de passionnés de rallye là-bas, et je reçois beaucoup de messages de fans argentins sur les réseaux sociaux.

J’ai vu encore il n’y a pas longtemps une vidéo de McRae dans la spéciale d’El Condor. Ce chrono a l’air vraiment atypique, très sinueux et très raide en descente. Rien que d’y penser, je commence un peu à vibrer, à avoir l’adrénaline qui monte et j’ai vraiment hâte. »

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Message aux supporters

« Je profite de cette chronique pour remercier tous les gens qui me soutiennent dans cette passe assez difficile, et c’est justement dans ces moments là, que nous avons besoin de soutien. Je prends les critiques comme des choses pour me remettre en question.

C’est important de partager tout ça avec mes supporters, je suis arrivé là un peu de nulle part, je n’ai pas payé ma place comme certains le disent. C’est mon rêve de gosse, donc on fera un bilan à la fin de l’année et pas après trois rallyes, dont deux que je n’avais jamais fait. Mes fans m’aident parfois à comprendre des courses. J’ai reçu des réflexions intéressantes qui me permettent de relativiser, comme un mail d’un fan avec des statistiques sur les départs en rallye de chaque pilote.

D’ailleurs, je me rappelle du regard de Latvala en conférence de presse quand j’ai dit que le Mexique était mon neuvième rallye sur terre. Il s’est retourné, m’a regardé et il s’est demandé si c’était une blague. J’avais envie de lui dire que j’aimerais bien en avoir 50.

Cette petite discussion nous a finalement rapproché et on s’est parlé tout le rallye, vu qu’il il partait juste devant. Le samedi soir, on a échangé avec lui et Malcolm, il était désolé au possible pour la pierre. C’était vraiment très chaleureux de sa part, il m’a dit que j’avais toujours la confiance de Malcolm et que c’était un peu de sa faute, donc que c’était bon. Je commence à bien m’entendre avec lui, tout comme avec Ostberg mais aussi Julien Ingrassia. »

Réponse à une question d’un lecteur sur « l’emploi du temps d’un pilote en WRC »

« Là on va avoir une longue pause avant l’Argentine, donc on aura plus de temps pour préparer ce rallye et les autres épreuves qui suivent après. On aura une séance d’essais en avril.

Quand les rallyes s’enchaînent, mon programme c’est surtout de la récupération et du sport. Donc, course à pied, entraînement physique, exercices sur la réactivité ou encore du gainage. Je cours environ 45 minutes, quatre fois par semaine et puis ensuite j’ai des séances de travail physique avec un coach tous les deux jours.

J’ai aussi des moments pour rassembler l’équipe et toutes les personnes qui m’ont permis de vivre ce rêve. C’est important de le faire encore, je n’oublie pas les personnes qui m’ont aidé et je veux partager cette passion avec eux. Automatiquement aussi, il y a la préparation du rallye avec les caméras embarquées avant chaque rallye. Quand tu n’a aucun repère, les vidéos sont toujours utiles, notamment pour voir les risques et les virages pièges. Les vidéos m’aident surtout aujourd’hui, car je découvre ces rallyes, mais rouler à la note, ça ne me dérange pas.

La vidéo me sert aussi à améliorer mon pilotage, notamment sur la terre où je manque d’expérience. Je regarde les vidéos de tous les pilotes, j’essaye de comparer le style de chacun. J’essaye de comprendre pourquoi un tel passe plus vite qu’un autre, ils ont tous des styles un peu différents. J’ai un style plutôt propre mais je remarque que certains pilotes ont un style plus en glissade, comme Ostberg notamment, et ça permet parfois de se mettre en sécurité. Je découvre vraiment plein de petites choses grâce aux vidéos et je travaille toujours avec Nicolas Bernardi. Je vais profiter de cette pause pour passer quatre ou cinq jours chez lui, pour faire un peu de sport ensemble et étudier des choses pour s’améliorer dès l’Argentine. »


Par Julien R.

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  1. Afondcinq dit :

    Désolé pour ses nombreux fans, je n’arrive pas à trouver toutes les belles performances dont vous parlez ! Manque d’expérience ? Manque de chance ? Ce ne sont là que des excuses…. Et à ce niveau les excuses sont inutiles, car ce qu’il faut ce sont des performances…. Et de ce côté là nous n’avons pour l’instant rien vu du tout ! Il est le pilote d’usine le moins performant depuis le début de saison avec des temps plutôt au niveau de WRC2 qu’autre chose… Alors je veux bien que les supers analystes de rallye sport y voient un reel espoir du rallye, mais sans palmares et à la vue des performances très moyennes de ce début de saison j’ai du mal à comprendre comment il a pu obtenir ce Volant ! Je comprends que la comparaison avec Suninen l’ait motivé à quitter Toyota, mais s’il n’a opas payé pour son Volant j’ai du mal à suivre la démarche de Wilson qui avait un choix conséquent de pilotes plus aguérris et surement plus performant que Camilli. Cela étant dit, j’espère me tromper et je lui souhaite le meilleur pour la suite, mais pour l’instant, on attend !

  2. rallyeplaisir dit :

    Encore merci Eric pour vos commentaires honnêtes, précis et clairvoyants. C’est un plaisir de les lire. Sébastien Ogier m’a dit à propos de la spéciale El Condor qu’elle était très cassante, sans vraiment d’intérêt pour le pilotage mais très spectaculaire. Il me semble que cette appréciation est fondée. Nous verrons bien quelle est la vôtre. J’ai vu Jari-Matti avoir un comportement de seigneur. C’est quelqu’un de bien. Avec Nicolas Bernardi vous avez un super conseiller. Je ne doute vraiment pas que de bons résultats vont bientôt venir parce que vous avez un vrai talent et je pense que d’ici deux à trois ans avec Teemu Suninen vous allez nous montrer de belles bagarres. J’aurai une petite question, quand verrons-nous la décoration de votre casque ? Bon rallye d’Argentine.

  3. Greg dit :

    Il lui manque aussi un peu de chance en ce début de championnat. Aucun doute qu’il a les épaules pour relever ce défi. Ce n’est pas rien d’avoir une confiance totale de son team manager. Je suis sûr qu’il fera une course très propre en Argentine. Les efforts vont finir par payer au cours de la saison

  4. Gaëtan dit :

    Son talent est indéniable et il a un énorme potentiel. Il lui faudra certainement attendre la deuxième demi-saison pour secouer l’échiquier et de montrer ses capacités avec un peu plus d’expérience.
    Au delà de son talent, il y a tout de même 2 erreurs qu’il a commises en ce début de saison et qui expliquent pour une part ses difficultés : d’abord choisir Nicolas Klinger qui ne partage pas les mêmes objectifs que lui et qui est très investi dans sa société avec Daniel Elena (un fait connu d’Eric avant même qu’il ne lui demande d’être son copitlote pour la saison 2016). L’objectif de Nicolas Klinger n’est pas forcément de devenir champion du monde avec les responsabilités qu’il porte déjà. Je crois que Thierry Neuville avait mis fin aussi à sa relation avec lui pour à peu près les mêmes raisons.
    D’autre part, Eric ne s’est pas toujours montré très inspiré dans ses choix de pneus, ce qui révèle certes un manque d’expérience mais aussi des lacunes dans l’esprit d’analyse (contrairement à Loeb et Ogier qui avaient eu cette faculté d’analyse très importante, il ne s’agit pas que de piloter, d’autres paramètres rentrent dans la performance). Par exemple, au Mexique, il était évident d’après les chronos de l’année passée et du bon coup d’Ogier qu’il fallait des pneus tendres pour l’ES d’El Chocolate au premier passage quand les températures ne sont pas encore trop élevées. Qu’Eric calque ses choix de pneus sur Otsberg qui s’est totalement fourvoyé (et qui n’a pas d’énormes capacités d’analyse) peut laisser pantois. Cela veut dire qu’il n’a pas analysé le déroulement du rallye du Mexique l’année passée. C’est étonnant pour quelqu’un qui travaille autant. C’est aussi la responsabilité de Malcolm Wilson que de conseiller Eric et de lui indiquer le bon choix de pneus. C’est vraiment à ce niveau qu’Eric doit aussi progresser désormais et affuter et affiner son esprit d’analyse.

  5. Jeff dit :

    En rallye, le plus difficile est toujours de confirmer sa vitesse dans la constance et la fiabilité, c’est un exercice que très peu de pilotes réussissent parfaitement d’ailleurs! L’exemple de Thierry Neuville est édifiant : super talentueux, super rapide mais il ne confirme pas car il a fait de mauvais choix, que le mental est friable et qu’en face, il y a un gars hors norme qui écrase la discipline et qui met le curseur trop haut pour tout le monde. Eric a fait des erreurs, est ce que c’était évitable? Son expérience est très mince, ceux qui connaissent un peu son parcours savent que le talent est là mais il faudra probablement un peu de temps et de roulage pour caler tout ça. En circuit, il faut mettre bout à bout mille détails pour réussir, il n’y a pas de hasard, c’est le travail qui permet d’approcher la perfection, la répétition des gestes, le travail sur les réglages, la vraie limite est celle de la voiture ; en rallye la limite est celle de l’environnement, du terrain et des ses dangers, l’engagement physique est total, il n’ y a pas de filets, le pilote engage sa vie et celle du copilote, la peur devient aussi une limite et le talent pur y est primordial pour réussir car c’est l’instinct et l’improvisation qui permettent au pilote de s’adapter sans cesse, l’expérience est fondamentale. Le rallye est un sport de « vieux » pilotes, ceux qui sont devant sont souvent les plus aguerris ! Eric a des bases de pistards qui l’aident dans la recherche de l’efficacité mais il possède le petit plus, rare et précieux, qui fait un grand rallyman. Je me rappelle de la première spéciale terre de sa vie, en volant 208, il était déjà devant et même devant des pilotes d’expérience aux volants d’autos plus puissantes comme Cédric Robert et sa DS3 R3…Lors du Monté Carlo 2015, il réalise un chrono de dingue dans les 50 bornes de Faye, devant certaines WRC…Depuis le début, je suis persuadé que le p’tit Camilli est bien la future star française, et un champion du monde potentiel ! Il faut du temps, juste du temps, bonne chance à lui, il le mérite !!
    Jeff Boulet

  6. sebenfer dit :

    Quand on voit les chronos et qu’on connait la faible expérience, on se dit qu’il y a du potentiel. Reste le plus dur à faire, concrétiser.

  7. Spectator dit :

    Malgré une expérience ridicule qui explique, pour une grande part, ses erreurs « de jeunesse » , Eric a prouvé sur asphalte, sur la neige et la terre qu’il avait un potentiel énorme : c’est pour ça que Wilson lui fait confiance! Quand la roue aura tournée, attention à lui!

  8. Boris STi dit :

    Super merci d’avoir traité ma question.
    Et puis bonne chance pour l’Argentine,je te souhaite de terminer dans les points.

  9. natlin dit :

    j’ai regarde le live de la power stage sur bt sport, erik ouvrait cette es je me suis regale de le voir sur l’es entiere avec les notes de benjamin
    j’aime bien son style, y a de la securite dans son atttque, c’est bien!
    de tout coeur avec erik, son parcours est vraiment atypique, faut pas l’oublier
    les resultats vont venir, c’est pas un bourrin comme tanak ou novikov, au contraire
    bonne continuation, je te suivrais de pres comme depuis 2 ans maintenant
    et entre erik, on peut se soutenir, non?