Carron ne pouvait pas faire mieux



Déjà champion de Suisse des rallyes en 2014, Sébastien Carron a doublé la mise cette année au terme d’une saison parfaite, marquée par six victoires en autant de rallyes.

Sebastien-Carron-Rallye-Mont-Blanc-2016

Le pilote Ford aura notamment brillé sur les routes du rallye du Mont-Blanc, s’immisçant au milieu des meilleurs pilotes tricolores avant de remporter le Rallye International du Valais dans le championnat TER. Dans cet interview, le suisse revient sur cette saison extraordinaire et ses projets pour l’année prochaine.

Sébastien, tu obtiens ton second titre de champion Suisse des rallyes avec six victoires en six rallyes, une saison parfaite pour toi ?

La décision de participer au championnat Suisse s’est prise assez tard. Nous avions dans l’idée de rouler au coup par coup cette saison. Mais comme nous avons remporté le premier rallye du championnat, le rallye du Pays du Gier en France, nous avons décidé de nous inscrire pour le suivant. C’est comme cela que nous avons pris la décision de rouler sur le championnat complet.  Je ne pensais pas réaliser un sans-faute, 6 rallyes et 6 victoires c’est juste magique. En effet, c’est une saison parfaite et d’autant plus grâce à notre victoire au dernier rallye de la saison, le rallye International du Valais.

Le championnat Suisse passait cette année par deux fois en France, comment as-tu trouvé ces épreuves, le Pays du Gier et le Mont-Blanc Morzine ? Comment as-tu trouvé les performances des pilotes français tel que Yoann Bonato au Mont Blanc ?

J’adore rouler en France, vous avez de très beaux plateaus à chaque départ et les pilotes Français sont tous de très grands passionnés de sports motorisés. Le rallye du Gier, je l’adore. Je suis monté deux fois sur la deuxième marche du podium avant de le remporter cette année. Le rallye du Mont Blanc est un des plus beaux rallyes auquel j’ai participé dans ma carrière. Le plateau avec ses 18 voitures de la catégorie R5 était complètement fou, sans compter les WRC qui étaient au départ.

Malheureusement pour moi, je n’ai pas pu rouler libéré sur ce rallye puisque je devais absolument être à l’arrivée pour être titré champion de Suisse. Mais soyons honnête, je n’ai pas le niveau exceptionnel de Bonato ou Michel.

Mais malgré tout je ne pensais pas finir aussi bien, puisque nous terminons à la 5ème place de ce rallye et 1er du championnat Suisse.

Toujours accompagné de ton fidèle copilote Lucien Revaz, tu as gagné le rallye du Chablais et surtout le rallye du Valais, comment se sont déroulées ces magnifiques victoires ?

Le Valais… Notre objectif avant le rallye était assez clair, nous voulions finir sur le podium. Au moment de franchir la ligne d’arrivée de la première spéciale, nous réalisons le scratch face à Fabio Andolfi pour seulement une demi-seconde. Ça promet une bagarre d’anthologie. Et elle l’a été avec ce jeune italien surdoué. Nous nous sommes battus face à lui tout au long de la journée et rentrons à Sion avec un avantage de 11 secondes.

La journée du samedi s’annonçait longue avec notamment la mythique spéciale des Cols. Mais avant cette spéciale, dans Champex nous faisons un tête-à-queue dans le premier virage, à deux pas du départ. Andolfi l’a bien vu. Et a décidé de tout donner pour nous rattraper. Il nous colle 8 secondes. L’écart baisse à 3 secondes entre nous deux.

Malheureusement il abandonne dans les Cols suite à un problème mécanique. Dommage pour la bagarre. Mais nous avons continué à attaquer. Nous rentrons à Martigny avec 40 secondes d’avance sur Jan Cerny, le Tchèque, réputé très rapide. A la troisième place le jeune Suisse Jérémie Toedtli complète le podium. C’est vraiment génial et incroyable de remporter ce rallye, c’est un rêve de gamin qui est devenu réalité.

Le Chablais… C’est un rallye que j’apprécie beaucoup. Je l’avais gagné en 2015 sur tapis vert… Je voulais le gagner avec la manière cette année. Nous avons bien préparé ce rallye avec une séance d’essais en Italie le lundi avant la course.

Première journée, nous réalisons un sans-faute, 6 spéciales et 6 scratchs à la clef. Nous sommes sur un petit nuage. Tout se passe à la perfection. Nous avons déjà plus de 50 secondes d’avance sur le deuxième. Les spéciales sont vraiment de toute beauté et nous avons pris un pied d’enfer.

Samedi nous avons encore roulé très fort le matin avant de calmer un peu le rythme l’après-midi. Nous ne voulions pas faire de bêtise avec plus d’une minute d’avance, ça aurait été bête de faire une boulette… Cette fois nous sommes très contents avec Lucien d’avoir gagné ce rallye avec la manière. C’est notre deuxième victoire ici au rallye du Chablais.

Sur ta Ford Fiesta R5, avais-tu les dernières évolutions ? Est-ce un gain important d’avoir la Fiesta Evo ? Es-tu intéressé par un autre modèle pour l’an prochain ?

 La voiture que je disposais cette année était la dernière version des ateliers M-Sport.

Elle avait bien sûr la version EVO. Par rapport à la version précédente avec laquelle j’avais roulé en 2015, elle marche beaucoup mieux. Elle gagne environ 30 cv à 3500 tr/min et le couple qui va avec. C’est vraiment énorme. Le temps de réponse du moteur est amélioré grâce à la puissance supplémentaire et c’est très plaisant à piloter. La fiabilité de la voiture est au rendez-vous et là j’apprécie énormément le grand travail de mon préparateur Balbosca.

Je suis très proche des gens de chez Ford Suisse qui m’ont apporté un grand soutien cette année, donc si je roule en 2017 ça sera avec une Ford Fiesta.

Quel programme prévois-tu pour 2017 ? Seulement en Suisse ou participer au nouveau championnat le Tour European Rally dont le Valais fait partie ?

Aujourd’hui je suis encore un peu dans le flou. Beaucoup de mes sponsors me poussent à refaire une saison complète. La seule certitude pour l’instant sera de rouler au volant d’une Ford Fiesta R5, grâce à leur soutien.

Mais actuellement nous en sommes au stade des discussions pour la saison prochaine, sans vraiment savoir si nous partons pour un championnat ou si nous allons rouler au coup par coup. Notre programme définitif sera connu fin janvier.

Comment est organisé ton team et avec quelles personnes autour de toi ?

Vous pouvez nous suivre sur Facebook « carronrallyteam ». Pour la voiture je fais confiance aux ateliers de chez Balbosca. J’ai mes ouvreurs qui sont d’ancien rallymen, Romain et Claude. Le siège de droite est partagé entre Lucien Revaz et Joël Grand.

Le design et la décoration de la voiture sont assurée par Impact’com. Pour le reste je m’occupe de toute l’organisation générale.




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