A la fois pilote et copilote



Dans le monde du rallye amateur, on voit parfois des concurrents alterner entre carnet de notes et volant. C'est le cas de Caroline Berger qui évolue en Coupe de France des rallyes depuis plus de dix ans.

Interview-Caroline-Berger

Rencontre avec Caroline qui évoque sa carrière avec un franc parler qui mérite d’être salué.

Caro, peux-tu nous parler de ta passion,le rallye,du team Cerise et de ton parcours depuis tes débuts ?

Comme la plupart, j’ai baigné depuis toute petite dans ce milieu. D’abord à l’assistance, puis j’ai débuté en tant que copilote en 2005 à l’âge de 16 ans aux côtés de mon papa. J’ai par la suite pris le volant pour la première fois en 2010, d’abord au Trièves sur une spéciale puis un rallye complet, au Bauges sur une 206 ex challenge.

Le Team Cerise est parti d’un délire avec celui qui m’a copiloté avant de partager ma vie. J’avais des autocollants de cerises qui faisaient la grimace sur la williams. Maintenant le team évolue et nous avons un très beau projet pour cette année : la location d’une clio R3 de chez JCA compétition pour le rallye de la Chartreuse. Pour financer ce projet nous organisons une soirée qui se déroulera le 28 mai à la salle polyvalente d’Héry sur Alby (74540).

En 2015, tu as piloté une Clio Williams sur deux rallyes, le Trièves et le rallye des Bauges,comment cela s’est passé pour toi ?

Le rallye du Trièves a été très compliqué pour moi puisque c’était la première fois que je reprenais le volant après avoir fait des tonneaux. Mais malgré deux talus et un gros manque de confiance en moi, nous terminons 50 au scratch.

Quand au rallye des Bauges, suite à un excès d’optimisme nous avons tapé une botte de paille. Ensuite la direction assistée nous a lâchée dans l’ES de nuit, et le lendemain c’était au tour de la boîte de céder. Nous prendrons notre revanche cette année.

Tu as aussi copiloté Michel Berger au rallye du Picodon et à la Chartreuse, quels résultats ont été obtenus sur ces deux épreuves ?

A la Chartreuse nous avons terminé 45 eme au général 4 de classe. Au Picodon nous avons été victime de casse mécanique. Moteur et boîte sont passés à travers. Comme beaucoup sont au courant nous avons dû faire face à une polémique puisqu’un concurrent passé après nous, a glissé sur de l’huile et est violemment sorti de la route. Nous avons essuyé critiques et insultes par la suite, venant de personnes qui n’avaient pas connaissance des faits ou qui se sont fiés à des informations quelques peu transformées par la colère de certains. Les joies des réseaux sociaux. Nous aurions préféré être à l’arrivée ou que personne ne glisse sur l’huile. Il s’agit d’un fait de course aussi regrettable soit-il. Nous avons fait ce que nous avons pu sur le moment. Tout se passe très vite et mon père a été le premier à porter secours à l’équipage heureusement sain et sauf. Pour moi ce chapitre est clos, mais m’a permis de m’endurcir et d’ouvrir les yeux sur ce monde rempli de pseudos justiciers.

Nous avons quand même terminé la saison au rallye du Mistral sur une bonne note avec la gt turbo en nous hissant sur la seconde marche du podium de classe.

Début 2016, tu étais au côté de Guillaume Garel sur une Peugeot 106 S16 à la ronde du Jura, malgré le manque de neige, comment s’est déroulé cette épreuve atypique ?

A côté de l’inconscient. ne première pour moi dans la classe N2 et à bord d’une 106. Nous avons fini 25 au scratch, 4 de classe. L’ambiance était géniale. Un peu compliqué au niveau du choix de pneus mais on s’en est plutôt bien sorti. Encore une belle polémique à propos de ce rallye sur les réseaux sociaux. Il y avait des portions du parcours avec de la neige et d’autres sans. Des spectateurs en ont rajouté. C’est la ronde du Jura, ils viennent pour voir de la glisse, du spectacle. Il fallait s’y attendre, rester vigilant. Certains ont eu à mon goût des réactions assez excessives par la suite. Je cite: « Une horde de sauvages avides de de sang et de tôle froissée s’est jetée sur la route, pour y mettre la neige qui se trouvait sur le bord de la route. »

Il n’y a pas eu mort d’homme. Juste de la neige.

Aujourd’hui, après avoir copiloté et piloté en rallye,quelle est ta préférence ?

Les deux sont à la fois différents et complémentaires. Pilotes et copilotes sont d’une grande importance. Quand je conduis ça me sert pour mon travail de copilote et inversement.

Je ne pourrais pas choisir j’ai de très bons souvenirs aussi bien dans le baquet de droite que de gauche.

Etant une femme pilote et copilote,ce qui est assez rare dans le milieu du rallye, quel est ton regard sur cette discipline ?

En 2005 il y avait très peu de filles. Maintenant il y en a plus, en copilote. Mais toujours très peu qui passent derrière le volant. Ce qui est dommage car on est autant capable que les hommes. Je manque beaucoup d’expérience, donc sur le peu de rallyes que j’ai disputé, j’ai fait pas mal de boulettes. Mais quand je vois, comme en 2013 où j’arrive à faire un 24 eme temps scratch ,merci la pluie ! je ne suis pas pire. Il y a aussi Laura Savarin-Pion, Elodie Gines, Sandrine Suchon qui font de très beaux classements en Rhône Alpes. Alors les filles si vous avez l’occasion et le budget, foncez!!

Quels sont tes partenaires et as-tu des personnes à remercier pour leur aide ?

Un énorme merci à mon Papa, qui me prête sa voiture malgré le travail que je lui donne, à mes copilotes: Laura Thomasset, Lydie Mollaret, Mélodie Bellavarde, Laura Savarin-Pion et Guillaume Garel.


Par Cedric L.

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  1. makkarinen dit :

    Vous vivez votre passion ! bravo pas toujours facile au milieu des matchos et surtout de quelque cons au bord des spéciales . Faîtes vous plaisir et à l’apéro , n’oublier pas !..  » Aller mort aux cons «