L’heure du changement pour l’ERC



En cette fin d’année, il est intéressant d’établir certains bilans et celui du championnat ERC en fait partie.

Qui de mieux que Jean-Baptiste Ley, co-ordinateur du championnat, pour faire le point sur cette saison 2016 tout en présentant les nouveautés apportées à l’ERC l’année prochaine.

Le championnat ERC 2016 est terminé, avec un second titre pour le Polonais Kajetanowicz, quel est le bilan de cette saison ERC et ses 10 rallyes ?

Le bilan de la saison 2016 est extrêmement positif :

  • 142 pilotes issus de 27 nationalités se sont inscrits en ERC au cours de la saison 2016, une moyenne de 30 pilotes étrangers et 21 R5 sur chacune des manches, soit respectivement et toujours en moyenne, 45% et 31% des listes d’engagés sur chaque rallye.
  • La présence de plusieurs pilotes WRC parmi les stars Européennes (Mads Ostberg, Craig Breen, Stéphane Lefebvre…)
  • Un attrait sportif passionnant : nous avions quelques inquiétudes avant le début de saison sur une éventuelle victoire « trop rapide » de Kajetan, il n’en a rien été !
  • La saison 2016 a compté pas moins de 7 vainqueurs différents sur 10 courses, il a fallu attendre l’avant dernier rallye pour connaître le nom du champion d’Europe 2016, et le titre ERC Junior s’est joué entre Griebel et Ingram dans la dernière manche, un scénario sportif idéal.
  • Un succès désormais connu et reconnu du championnat ERC Junior dont sont issus les deux révélations 2016 : Ralf Sirmacis, vice-champion ERC Junior 2015, 3 fois vainqueur et recordman de victoires 2016 pour sa première saison au volant d’une voiture de la catégorie R5 et Marijan Griebel, vainqueur ERC Junior 2016, qui a réalisé une fantastique 2nd place lors de son premier rallye au volant d’une R5, à Chypre, dans le cadre de la dotation finale offerte au vainqueur de l’ERC Junior.
  • Et je terminerais par un spectacle époustouflant d’Alexey Lukyanuk tout au long de la saison pour le plus grand plaisir des fans et de nos caméramen et photographes.

L’année 2016 avait mal commencé avec l’annulation du rallye Liepaja reporté en septembre, était-ce la meilleure solution ?

Les conditions climatiques de ce début d’année n’ont pas été clémentes avec le rallye :

Le Rallye WRC Suède a été organisé dans des conditions extrêmement difficiles, le parcours amputé, bien loin des conditions hivernales tant attendues par les pilotes et fans.

En ce qui concerne l’ERC, pour les mêmes raisons, nous avons préféré décaler le rallye Liepaja en le convertissant en rallye terre au mois de septembre. Cette décision a été très difficile à prendre mais le bilan reste positif : ce retardement de début de saison a permis à plusieurs pilotes de pouvoir finaliser leur programmes à temps pour le début aux Canaries.

Par ailleurs, dans le contexte économique difficile que nous connaissons, il a été judicieux de se concentrer uniquement sur les rallyes terre et asphalte. Les rallyes « neige », bien que fantastiques aussi bien sur le plan du spectacle que du pilotage, restent très onéreux pour les teams et pilotes de l’ERC, majoritairement constitué d’équipes privés. Ces rallyes nécessitent des séances d’essais supplémentaires, des pneumatiques cloutés plus coûteux qui ne sont utilisés que pour une seule manche … Toutes ces dépenses supplémentaires ne sont pas en adéquation avec notre volonté de réduire les coûts pour les teams. Enfin, le rallye Liepaja en mode « terre » nous a offert des spéciales rapides et techniques qui ont énormément plus aux concurrents.

Quelles sont les épreuves qui ont eu le plus de succès en 2016 ?

Je n’ai pas de réponse simple à la question, le succès est présent à plusieurs niveaux.

En terme de fréquentation de pilotes, la couronne est à remettre au Circuit of Ireland : 43 pilotes étrangers sur les 77 partants et pas moins de 36 R5 au départ.

Pour le dépaysement et la beauté des images, le rallye des Açores et sa mythique épreuve spéciale autour du Volcan Sete Cidades ou encore le rallye des Canaries restent les images les plus belles et plus spectaculaires.

Le championnat s’appuie également sur deux anciennes épreuves du WRC, le rallye de Chypre et le rallye de l’Acropole, deux références du paysage rallye en Europe.

La République Tchèque suscite toujours autant d’attrait pour le rallye pour le public et les pilotes, le rallye du Barum est désormais un pilier solide du championnat.

Le rallye Liepaja reste un modèle en terme de qualité d’organisation, l’équipe jeune et dynamique amène un vent de fraîcheur dans les épreuves de rallye.

Enfin, l’ERC a découvert un très beau rallye asphalte en Pologne, un pays déjà très fortement représenté par les nombreux pilotes qui prennent part au championnat et qui ont même mené les trois catégories ERC, ERC2 & ERC3 en même temps.

Quels sont les moyens techniques mis en place par Eurosport sur chaque épreuve ?

Les moyens de productions TV sont considérables sur chacune des épreuves.

La captation des images est issue de 3 sources : les caméramen qui prennent positions au bord des spéciales pour les vues extérieures, les caméras on board installées dans les voitures pour les vues intérieures et un hélicoptère équipé d’une caméra cineflex pour les vues aériennes. Toutes ces images sont rapatriée dans une salle d’édition éphémère, installée sur place pour les besoins du rallye, où travaille la quinzaine de membres de l’équipe de post production composée de monteurs, producteurs, journalistes…

Les programmes sont montés sur place et envoyés à l’antenne grâce à un envoi par satellite, pour une diffusion sur Eurosport le soir même.

Eurosport Events produits 3 programmes de 23 minutes par évènement, deux résumés quotidiens et un magazine diffusé le mardi soir après le rallye.

Des pilotes de renoms sont venues sur certaines manches ERC comme Mads Ostberg,Craig Breen ou encore Stéphane Lefebvre, est-ce une satisfaction pour les organisateurs du championnat et des épreuves ?

La venue de stars du WRC sur des manches ERC est une satisfaction pour les organisateurs, mais également une énorme satisfaction pour les fans et le public.

C’est une opportunité unique de pouvoir approcher ces pilotes dans un contexte plus accessible et détendu que lors d’une manche WRC. J’en profite pour remercier ces pilotes et toutes les personnes qui ont pu rendre ça possible. Pas moins de trois pilotes ont participé à une manche ERC cette année, et ce malgré leur planning extrêmement chargé, un privilège inestimable.

Pour 2017, le championnat passe de 10 à 8 épreuves, est-ce que c’est le bon format pour l’ERC ? Le championnat restera t-il à 8 rallyes dans le futur ?

Il faut être conscients des réalités du marché, depuis quelques année déjà, les plus grosses équipes ne planifiaient pas de programmes avec plus de huit courses.

Notre but est de maximiser l’attrait sportif et s’assurer que les listes d’engagés restent fournies. En réduisant le calendrier de 10 à 8 épreuves, le format reste plus accessible et permet de concentrer les pilotes sur les mêmes épreuves et ainsi garantir l’intérêt sportif dans les spéciales. C’est une direction que nous pensons garder à l’avenir.

De belles épreuves comme le Circuit of Ireland ou Ypres sont absents du calendrier 2017, pourquoi ces changements alors que ces rallyes étaient les locomotives du championnat ?

Le contrat qui nous liait avec le rallye de Ypres est arrivé à terme à la fin de la saison 2016, et malgré une collaboration de plus de 10 ans, nous n’avons pas su trouver un terrain d’entente avec le promoteur local. Ypres était une épreuve importante du championnat ERC c’est certain, en revanche il est surtout dommage que cette épreuve perde son statut de championnat d’Europe FIA ainsi que la couverture médiatique que Eurosport assure sur chacune des épreuves. Une saison ERC représente plus de 1081 heures de diffusion TV et a été visionnée par 318 Millions de téléspectateurs.

Les raisons du Circuit of Ireland sont complètement différentes.

A la décision de son directeur, le circuit of Ireland 2017 n’aura pas lieu, raison pour laquelle son intégration au calendrier ERC 2017 est impossible. En revanche, la volonté d’intégrer le Circuit of Ireland 2018 au calendrier ERC est très forte aussi bien du côté d’Eurosport que du côté des organisateurs. Nous travaillons d’ores et déjà main dans la main dans le but de rendre possible ce projet.

Depuis le départ du Tour de Corse en WRC, la France n’a plus de rallye en ERC, est-ce dommageable pour l’image de l’ERC ? Des rallyes Français pourraient-ils intégrer l’ERC dans un futur proche?

Depuis que Eurosport Events a repris la promotion du championnat d’Europe en 2013, nous avons toujours pensé primordiale d’avoir une épreuve dans les pays phares de l’ouest de l’Europe : en 2016, nous avons réintégré l’Espagne, à travers le rallye des Canaries. Après deux ans de travail, nous sommes extrêmement heureux d’annoncer le retour de l’Italie, avec le rallye de Rome Capitale.

Depuis 2015, le Tour de Corse a repris sa place méritée au sein du WRC, en revanche la porte reste toujours ouverte pour intégrer un rallye français au sein de l’ERC.

Quel sont les différents changements et nouveautés pour l’ERC en 2017 ?

Les changements et nouveautés pour 2017 sont nombreux :

– Réduction du nombre d’épreuves à 8 pour limiter les coûts et renforcer la liste d’engagés

– Conservation de 6 meilleurs résultats au lieu de 7

– Réintégration de l’Italie au sein du calendrier 2017

– Refonte du championnat ERC team : Fusion des championnats team ERC1 ERC2 et ERC3 en 1 seul championnat Team ERC.

Deux distributions de points selon les classements 4WD et 2WD, mais un seul classement global, 3 voitures maximum par team (4WD et/ou 2WD) et conservation des deux meilleurs résultats par épreuve. Un moyen d’ouvrir une compétition entre tous les acteurs de l’ERC, toutes catégories confondues.

– Enfin et surtout, refonte et développement du championnat ERC Junior :

– L’ERC junior dans sa version actuelle devient ERC Junior U27 (voitures de la catégorie R2/ pilote de moins de 27 ans/ 6 courses / 4 meilleurs résultats conservés / Mono manufacturier Pirelli). En 2017 Le prix final est doublé et se compose d’un support de 100€ pour la participation en ERC Junior U28 au volant d’une voiture de la catégorie R5.

– Création d’un étage R5 pour le championnat ERC Junior : L’ERC Junior U28. Calendrier commun à l’ERC Junior U27, 4 meilleurs résultats conservés, pilotes de moins de 28 ans, voiture de la catégorie R5, ouvert à tous les manufacturiers de pneumatique. Le prix final est la prise en charge d’une course sur une manche européenne du WRC, au volant d’une voiture WRC en configuration 2016. Ce qui place L’ERC en véritable acteur de la pyramide pour la carrière des jeunes pilotes, du R2 au WRC.




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