N.Renchet : « Le Monte-Carlo, une histoire de famille »



Né dans les Hautes-Alpes, Nicolas Renchet a rapidement goûté à la folie du Monte-Carlo sur le bord des spéciales. Quand Gap est revenu au programme de cette épreuve mythique en 2014, Nicolas n’a pas manqué l’occasion d’y participer au volant d’une Twingo R1.

Cette année et pour sa troisième participation au Monte-Carlo, ce pilote haut-alpin de 25 ans sera aux commandes d’une Peugeot 208 R2. A une semaine du lancement des reconnaissances, il est revenu avec nous sur sa carrière et cette participation exceptionnelle à cette épreuve.

Peux-tu nous présenter ton parcours en rallye ?

« J’ai attaqué les rallyes en 2009, bien aidé par mon père passionné de sport automobile, tout comme ma famille. C’était un peu incontournable de rouler sur le rallye à domicile au Gap Racing dès que j’ai eu mon permis, et depuis ce jour là, on a toujours essayé de rouler avec des partenaires fidèles pour gravir les échelons.

On a donc commencé avec une AX GTi, avant d’avoir la chance de disputer le Twingo R1 Trophy France pour sa première année d’existence avec l’équipe Daumas Sport. J’avais un petit budget et je n’ai finalement fait que trois manches mais j’ai pris beaucoup d’expérience et j’ai décidé de rouler en Clio Ragnotti par la suite.

En 2012 à la finale, le budget était insuffisant pour rouler avec la Clio donc on a repris l’AX pour l’occasion, remportant du même coup la classe N1. En 2014, on a racheté une Twingo R1 avec l’envie de participer au Monte-Carlo qui revenait sur Gap. On a remporté notre classe RC5 sur cette épreuve et après l’objectif était d’essayer d’y revenir les années suivantes.

En 2015, le budget était trop juste mais on a pu prendre de l’expérience en étant ouvreur de Matthieu Margaillan qui a remporté le trophée Promotion. En 2016, on a participé sur une Clio R3 et on a pris un pied exceptionnel avec une auto vraiment faite pour du rallye mondial, même si nous avons eu quelques difficultés de motricité sur la glace et la neige. Pour notre deuxième participation, nous avons rejoint l’arrivée, finissant en plus premier haut-alpin.

Cette année, on a changé de monture pour des raisons d’homologation car la Clio n’était plus adaptée à la base pour le Monte-Carlo. On a préféré partir sur une 208 qui était mon premier choix mais le budget n’était pas complété. Finalement, on a finalisé tout ça avec nos partenaires et notre loueur, FBRallye. On a pu tester la voiture hier et la différence est énorme en chassis avec la Clio. Sur un Monte-Carlo, je pense que la 208 R2 est vraiment la voiture à avoir en 2 roues motrices. J’avais eu beaucoup de mal à me mettre en main la Clio qui était beaucoup plus large, avec beaucoup d’angles morts. La 208 est une plus petite voiture et je me suis senti à l’aise tout de suite. »

Le Monte-Carlo ça représente quoi pour toi ?

« Le Monte-Carlo, c’est une histoire de famille. A l’époque, mon grand-père faisait l’assistance avec des amis. C’était encore la belle époque on va dire. Mon père n’a jamais pu y participer pour des raisons financières.

C’est vite devenu un rêve d’y rouler en ayant vu et connu des pilotes dans le team Hautes-Alpes. On ratait l’école et on regardait chaque année le rallye à la maison. Depuis que le Monte-Carlo est revenu sur Gap, on essaye avec nos partenaires de trouver un budget chaque année pour essayer d’y retourner. 

A côté de ça, cette année m’a un peu désolé avec cette nouvelle réglementation. On va essayer de bien faire cette année encore mais je pense que les années futures risquent d’être très difficiles pour des amateurs comme nous. Vu les contraintes en terme de réglementation et de coût, je pense que ce sera très compliqué de participer à un événement mondial par la suite. »

Quel est ton objectif sur cette épreuve ?

« Le principal objectif est vraiment de terminer, comme chaque année. D’avoir cette sensation de l’avoir fait en entier et montrer aux partenaires que nous sommes sérieusement investis dans cette aventure. Cette année, nous aimerions bien faire quelque chose en 2 roues motrices. Il y a tellement de grosses voitures désormais qu’on ne peut pas viser une place au général, comme un top 30 par exemple, c’est trop compliqué à estimer.

On vise donc une bonne place dans notre catégorie et en 2 roues motrices. Côté adversaires, je pense notamment à Romain Haut-Labourdette qui a fait de jolis temps l’an passé avant de sortir. Devant, je pense que Raphaël Astier avec son recul et son expérience de nombreuses autos et notamment au volant d’une WRC, sera intouchable. Avec une équipe aussi performante autour de lui, je pense qu’il sera difficile d’être à une seconde au kilomètre de lui déjà. Mais nous n’avons pas vraiment la prétention de se battre avec lui, on pense plus à Haut-Labourdette, Julien Villard ou encore Renaud Dolce, je pense qu’on sera tous sur un même pied d’égalité en tant qu’amateurs. »

Que représente la préparation d’une telle épreuve pour toi ?

« C’est vraiment de l’investissement personnel pour une telle épreuve. Cédric Amoros, mon copilote, bosse également beaucoup à côté pour trouver des partenaires. On a la chance de ne pas être dans le même département donc cela facilite les choses pour démarcher plus largement. A côté de ça, nous sommes 3-4 personnes à oeuvrer dans cette participation et à la recherche de partenaires, avec mes parents, ma copine et donc Cédric.

Après, nous avons aussi une dizaine de copains qui sont là pour nous aider dans nos démarches sur les essais notamment mais aussi pour nous soutenir moralement. Cette année, nos ouvreurs seront Florian Bernardi et Tom Fitzgerald. Je me suis toujours bien entendu avec Florian depuis l’époque du trophée Twingo, c’est quelqu’un qui a beaucoup de recul sur tout ça et beaucoup d’expérience comme ouvreur au Monte-Carlo. A côté de lui, Tom a longtemps été mon copilote et a déjà participé avec moi au Monte-Carlo.

En plus de ça, Olivier Bosch, le préparateur, me semble vraiment très sérieux dans ce qu’il fait et se démène pour nous mettre dans les meilleures conditions possibles.

Tout se présente donc bien, j’espère qu’il y aura de la neige désormais car j’ai peur d’avoir seulement de la glace et du givre. Dans ces conditions, ce n’est jamais évident d’avoir les pneus adaptés contrairement à la neige.

Je tiens à profiter de cette interview pour remercier grandement nos partenaires, et plus particulièrement Stéphane Tempier, champion de France de VTT et sportif de haut niveau qui nous aide un peu cette année. Il est fan de rallye, ça fait un peu penser à Julien Absalon dans les Vosges, un ami à lui. Les deux sont passionnés par les sports mécaniques et notamment le rallye. »




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  1. Thieu dit :

    Pour avoir roulé dans la même classe en N1 il y a quelques années, c’est un très bon pilote, et j’espère qu’il ira au bout de ce Monte Carl’!!
    Ça fait plaisir de voir qu’il y a encore des amateurs qui arrivent à y participer, malgré les conditions financières et techniques extrêmement contraignantes!
    Merci à RS de mettre en lumière les amateurs, et très bon rallye à Nicolas Renchet!

  2. PEPS dit :

    Perso je trouve très bien que Rallyesport s’intéresse aux vrais amateurs, il en faut pour tout le monde, ce n’est pas parce-que l’on est pas des cadors que l’on ne mérite pas un petit clin d’oeil de temps en temps… ne serait-ce que pour montrer à nos trop rares partenaires que l’on parle un peu de nous.

    De là à dire qu’il n’y a que les « friqués » qui passent dans les médias, c’est y aller un peu fort, même si l’on parle trop peu souvent des purs vrais amateurs… tant mieux pour ceux qui arrivent à trouver du budget pour assouvir leur passion, mais en aucun cas il faut être jaloux de ces personnes là. Ils ont plus de chance que d’autre, point barre.
    Alors vive le sport, vive le rallye et bonne année à tous !!!

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