T.Chalal : “Bien armé pour le titre en 2017”



Engagé en formule de promotion depuis ses débuts en 2014, Théo Chalal vient de terminer à la deuxième place du championnat N2 Série derrière Karl-Alexandre Pinheiro.

En cette fin d’année, le pilote haut-saônois revient longuement sur son parcours en rallye et plus particulièrement cette année 2016, tout en évoquant sa marge de progression et ses projets pour la saison prochaine. 

Théo, peux-tu te présenter et nous parler de tes débuts en rallye ?

Bonjour, je suis actuellement ingénieur mécanique et conception dans la région de Nancy. Passionné de sport en tous genres, que je pratique quotidiennement (squash, escalade, Vélo…), mes premiers amours étaient pour les 2 roues. Plus jeune, je faisais du motocross, de la moto trial (vice champion de France AFATA), puis de l’enduro.
Je suis arrivé tardivement dans l’univers des 4 roues en commençant à faire mes armes en karting (ROTAX puis 125 KZ).

En 2012, j’ai tenté ma chance à l’opération Rallye Jeunes, et à ma plus grande surprise, je me suis retrouvé en finale, sans aucune expérience.
Malheureusement (ou heureusement), j’ai échoué aux portes de la finale nationale, en raison d’une méconnaissance des pneus slick (j’étais loin d’être à la limite du pneumatique).
Cette formidable aventure m’a donné envie de travailler, apprendre encore et encore : la passion du sport automobile était là !

En 2013, année de mon diplôme, nous avons réussi à jongler entre études et apprentissages du sport auto. J’ai pu parcourir la plupart des circuits de France au volant d’une 207 RPS, avec pour objectif de progresser sur les techniques de pilotages et me rapprocher, voire battre les chronos de références des pilotes faisant le championnat.
La même année, je me suis inscrit à une autre détection nationale : la JCup, organisée par Feu Vert sur des Logan (600 candidats).
Etant un peu plus expérimenté, j’ai pu remporter cette sélection, quelle joie.

En 2014, j’ai participé à mon premier rallye (Pays de Gier), dans le cadre du trophée Renault Sport au volant d’une Twingo R1, où je finis 4ème/13 engagés.
Durant cette saison, du bon et moins bon, avec plusieurs podiums face à des pilotes beaucoup plus expérimentés, des ennuis mécaniques, mais aussi des erreurs d’apprentissage.

En 2015 je participe à l’Opel Adam Cup en championnat de France.
Une saison encore une fois très compliquée, avec beaucoup d’abandons mécaniques, où je n’ai pas pu me “lâcher” comme je l’aurais aimé, en raison d’un budget serré et d’un manque de roulage. Avec du recul, cette année m’a fait grandir.

J’ai également pu participer à mon premier rallye terre en 206 volant, où l’on signait de très bons chronos avant d’abandonner pour raison mécanique, encore !

En 2016, changement d’optique. L’objectif était de privilégier la quantité de roulage.
Nous avons opté pour le challenge N2S en 206 pour garder le côté ” bagarre au dixième”, et le championnat de France terre en 207 R3T pour progresser sur cette surface.
Nous avions les armes pour gagner le challenge (toujours aux avant-postes dès le premier rallye), mais 2 abandons nous privent d’un beau final.
Du côté CDF terre, objectifs remplis avec la prise de connaissance des manches, et une progression constante.

Et pour 2017…

Tu as participé à l’Opel Adam Cup en 2015, quel bilan fais-tu de cette saison ?

Une saison très difficile mentalement mais tellement positive pour la progression dans ce sport.
En effet, pour participer à une formule de promotion aussi relevée en CDF, il faut être armé jusqu’aux dents et ne rien laisser au hasard. Chose que je n’avais pas encore acquise.

Lors de la première manche au Touquet, ma voiture était très mal réglée (il y a peu de réglages, mais ils sont très importants). Une mauvaise hauteur de caisse, un train arrière mal réglé, me donnaient une voiture très difficile dans le rapide…Nous avions décidé de faire tout l’entretien nous-mêmes pour limiter les coûts. Encore un apprentissage…
Encore une fois, la saison se résume par des hauts et des bas. Quand j’arrivais à retrouver confiance, une panne mécanique venait me couper dans mon envie de bien faire (casse moteur, cardan…).
Malgré cela, quand tout était réuni, le rythme était présent, et c’est ce que j’ai décidé de retenir.

A la fin de cette saison, je savais comment aborder un championnat !

Cette année on te retrouve dans le Challenge N2 Série au volant de la Peugeot 206 XS, quels ont été tes résultats ?

Notre premier rallye dans ce challenge se déroulait à Dijon.
Après une première spéciale pour apprendre la voiture en conditions course, nous avons signé tous les meilleurs temps. Une double crevaison dans l’avant-dernière spéciale vient nous priver de ce qui aurait pu être notre première victoire dans le challenge.

Au rallye du Gard, notre voiture a pris feu (durite de DA rompue). Avec un 2ème abandon/ 5 courses, nos chances pour le challenge étaient déjà fortement diminuées…

Au rallye Montagne Noire, nous finissons 2ème après une course sans erreur.

Au rallye du Mont Blanc (ahh! le rallye du Mont Blanc), nous remportons la manche pour 4″, après une bataille dantesque avec Karl. Cette course est à ce jour, un de mes plus beaux souvenirs en sport automobile.

Lors de la dernière manche au rallye Charlemagne, nous finissons 2ème. Un rythme en dessous de nos capacités lors du premier tour, avant d’aligner les scratchs. Un petit tête à queue et un manque d’objectif au début peut-être, nous empêchent de remonter à la première place.

Nous avons encore montré cette année notre capacité à nous adapter rapidement et à être performant.

Tu as aussi roulé sur terre aux Causses, Lozère et Cardabelles avec notamment Justine Obrecht, que penses-tu de cette surface ?

Cette surface est tout simplement magique.
J’adore les conditions de faible adhérence, je prends donc un plaisir énorme sur terre.
Au-delà du plaisir, j’ai beaucoup plus de ressentis sur ce type de course. Les sensations sont accentuées en raison d’un grip limité, et je suis à l’aise.
Je pense également être plus performant sur terre que sur asphalte, en raison de mon pilotage fluide et fin.

Sur quels points précis dois-tu encore t’améliorer en tant que pilote ?

Ces 3 années en compétition et principalement 2016, m’ont donné le recul nécessaire pour savoir ce qu’est la préparation d’une course pour la victoire, la gestion d’une course, le travail permanent…

Je vois deux grands axes majeurs à améliorer:
Mon côté mathématicien perfectionniste : je suis en permanence en train de réfléchir, à vouloir paramétrer beaucoup de choses pour ne rien laisser au hasard et faire du mieux que je peux. Un aspect qui peut être bien pour tout ce qui est préparation d’une course, mais qui, pendant l’échéance, peut être bloquant lorsqu’il s’agit de lâcher prise. J’ai beaucoup travaillé mentalement sur ce point depuis un an.

L’autre aspect est mon côté hyperactif, plein d’énergie.
Avoir de l’énergie c’est bien pour optimiser au mieux une journée de travail, mais derrière le volant, elle est parfois mal dirigée due à une trop grande dose d’envie et de motivation. J’en ai pris conscience et ce point est en nette progression.

Quels sont tes souhaits et projets pour la nouvelle saison qui approche ?

J’ai désormais de l’expérience en asphalte, au volant de petites voitures où il faut être très propre pour être performant ; de l’expérience sur terre avec pas mal de roulage en entraînement ; ma volonté se penchait donc vers une formule mixte.
J’ai pu essayer la nouvelle Fiesta R2 (très ressemblants à ce que j’ai connu), et la formule 3 rallyes terre/ 3 rallyes asphaltes semblait idéal.

Cependant, le budget pour participer entièrement à ce championnat est trop conséquent pour moi.

J’avais donc le choix entre, participer à quelques manches en Fiesta, sans gain à la clé ou participer à un championnat avec un budget plus raisonnable mais entièrement avec un aboutissement possible.

J’ai donc opté pour le challenge N2S 2017.
Je connais la voiture, je sais comment la piloter, je connais l’utilisation des pneus semi-slick, je me prépare déjà pour la première manche.
Je pense donc être armé pour prétendre à la victoire dans cette formule.
L’accent cette année sera mise sur des courses régulières, un championnat régulier, pour performer et concrétiser tout le travail réaliser.
Avec à la clé une belle récompense en cas de victoire : une manche en championnat de France au volant d’une 208 R2 !

Quelles sont les personnes et partenaires qui t’accompagnent sur tes rallyes aux quatre coins de la France ?

Beaucoup de personnes m’aident au quotidien. Que ce soit du point de vue logistique, communication, meilleurs choix à réaliser.
Ma copilote en fin d’année, Justine, m’a vraiment permis de passer un cap en termes de confiance et performance. Je la remercie encore pour son travail.
Eric Fabre a été aussi tenace que moi cette année.
Même dans les moments les plus difficiles, il m’a soutenu, aidé à rebondir et à ne jamais abandonner. Il m’a inculqué ses valeurs : toujours se surpasser, faire les choses du mieux possibles avec nos moyens, sans tenir compte des moyens dont on ne dispose pas, le rallye c’est un mode de vie !

Ma famille me soutient énormément. J’essaie cependant de ne pas tout mélanger.
En course, je préfère être seul et faire ce qui me semble bon.
Je garde le côté familial pour me ressourcer et changer d’air entre les différentes manches.

J’essaie également de m’entourer d’une belle équipe pour cette nouvelle saison.
Des personnes vraiment motivées, fiable.
A commencer par un nouvel équipier qui me sera d’une grande aide.




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