Y.Bonato : « Pas si loin de la Hyundai »



Deux mois après son podium au Tour de Corse, Yoann Bonato a retrouvé avec réussite les routes du championnat de France des rallyes.

Longtemps en bagarre face à la Hyundai i20 officielle de Kevin Abbring, le pilote isérois a dû rendre les armes le dimanche, recueillant tout de même une superbe deuxième place sur le podium. Dans cette dernière chronique de la saison, Yoann revient logiquement sur sa performance varoise, laissant également la plume à son copilote Benjamin Boulloud, de retour à ses côtés depuis le Mont-Blanc.

Reconnaissances

« Nous avons eu pas mal de pluie pendant les reconnaissances mais étonnamment depuis le milieu d’année (à partir du Rouergue), nous n’avons plus le droit que de faire 2 passages et ici, c’était 3. Trois passages, c’est mieux pour le pilote qui découvre les routes du championnat de France et arrive au milieu de tout le monde mais c’est étrange de changer de nouveau le règlement en cours d’année.

On savait que la spéciale de Pignans allait être très sélective surtout de nuit. Donc je me suis vraiment appliqué à indiquer les ciels et les légers virages que tu ne notes pas forcément de jour mais qui te gênent la nuit. Cette spéciale était clairement le juge de paix du rallye.

L’objectif de départ était de ramener des points pour le championnat Team, en espérant bien sûr jouer avec les autres R5 et terminer au moins premier pilote PSA. Nous avions la dernière cartographie développée par Citroën mais je n’avais pas les évolutions, c’était encore notre choix. Les deux sont indépendants. Cette cartographie apporte vraiment un gain et offre une meilleure plage d’utilisation du moteur. J’ai par exemple moins de creux dans les épingles, j’ai tout de suite une réponse et du patinage. La nouvelle équipe qui a repris le développement est vraiment motivée et amène de nouvelles idées. »

Première journée

« Ce n’était pas une étape fantastique mais mine de rien il fallait reprendre le rythme. Nous n’avions pas roulé depuis la Corse début octobre. Les conditions étaient piégeuses et on se disait déjà que ça allait être un rallye assez chaud où il fallait absolument éviter de faire une bêtise pour bien réussir.

Dans la dernière spéciale de Collobrières, on termine bien notre journée en étant content de notre rythme et de notre position (4e). »

Deuxième journée

« Au départ de cette étape, on démarre avec les mêmes pneus que la veille car le « plan pneus » du week-end était difficile à gérer. Avec une fin de rallye très longue et exigeante, on devait absolument garder des gommes neuves. Comme attendu, on a pris cher dans les deux premières et finalement dans la troisième spéciale de la boucle, on a attaqué très fort pour essayer de perdre le moins de temps possible. Dans Collobrières, nous étions encore très à l’aise et comme cette spéciale est plus rapide, nos pneus étaient moins sollicités.

Dans la deuxième boucle, on repart avec 3 pneus tendres, 1 dur à l’arrière et 1 autre dur en roue de secours. Selon nos ouvreurs, la spéciale n°9 était plus sèche donc on voulait rouler avec 2 pneus durs. Du coup, on a perdu un peu de temps en début de boucle avec le seul pneu dur mais notre choix s’est avéré payant dans le chrono de Puget (scratch). Sur la boucle au final, on a repris du temps à Abbring, confirmant que notre choix était le bon. »

Pour la dernière du jour, on a gardé les deux pneus durs avec deux pneus tendres neufs. On a vraiment roulé vite dans Pignans et on a créé un gros écart face à Abbring, tout en voyant David Salanon être arrêté sur le côté. Mes notes étaient bonnes dans cette spéciale de nuit, j’avais bien réfléchi pendant les reconnaissances et ça a payé. Ce deuxième scratch de suite nous a permis de revenir à 16s de Kevin en fin de journée, la victoire était clairement l’objectif pour le lendemain. »

Troisième journée et arrivée

« Nous sommes partis très vite le dimanche matin après une petite nuit de quelques heures. On pensait avoir fait une belle spéciale, on a vu que nous étions proches du temps de Stéphane Lefebvre donc nous étions confiants. Au moins une demi-heure après, on connait enfin le temps d’Abbring qui nous en colle quatre. Repoussé à 20s de Kévin, ça paraissait compliqué de revenir à la régulière. On a essayé de rouler quand même dans Vidauban et dans la dernière spéciale, on a déroulé et forcément l’écart a vraiment grandi.

On retiendra que nous n’étions pas si loins de la Hyundai, la voiture a vraiment progressé avec cette cartographie. On a cru à la victoire mais nous n’avons pas fait le poids le dimanche. Kevin a super bien roulé, il évoluait sur une voiture d’usine mais on a vraiment pris du plaisir à se battre contre lui.

C’était assez marrant de retrouver Kevin au Var car on a déjà roulé tous les deux en JWRC lors de l’année 2009, lui en Clio R3, moi en Swift S1600. C’est un gars simple, ouvert, et avec qui il est toujours agréable de se battre. »

« Remerciements »

« Je tiens à remercier toute l’équipe pour m’avoir toujours fourni une voiture parfaite. Ils nous ont permis de réaliser une année de rêve, tant en WRC-2 qu’en championnat de France. Ca fait toujours chaud au coeur de voir toutes ces personnes qui nous soutiennent.

Je n’oublie pas également de remercier Rallye Sport qui a bien suivi toute notre saison. C’est un site d’actualité qui est dans le coup. »

Un petit mot de Benjamin mon copilote

« C’est curieux ce retour à la compétition qui n’était pas du tout anticipé. Curieux dans un sens où au fond de moi, je pensais peut-être que ça allait se dérouler comme ça, mais tout s’est passé très naturellement depuis le Mont-Blanc. Il y a une telle fusion entre nous deux que cela a du jouer.

Avec un peu de recul, je pense que je suis arrivé au moment idéal. Déjà en Allemagne, Yoann avait signé de gros chronos et j’ai pu « profiter » de cet élan pour bien terminer la saison avec lui. Son début d’année n’a pas été évident mais là quand je suis arrivé au Mont-Blanc, il était en pleine confiance.

J’espère qu’on va tenir ce cap pour l’année prochaine avec une confiance intacte. L’aventure entre nous reprend avec de beaux résultats et c’est simplement génial.

Depuis mon retrait, je pense que j’ai un peu muri, j’ai pris du recul dans certains domaines. Je me mettais de la pression sur un tas de choses et je pense que maintenant j’ai réussi à établir des priorités dans mes tâches pour être finalement plus précis au bon moment. J’ai 32 ans, j’ai un gamin, je pense que ce recul m’a vraiment aidé, et tout cet ensemble fait que je ne suis pas le même qu’avant. J’ai toujours mes forces et mes faiblesses, mais je suis un peu plus mûr que lorsque j’avais 25 ans. »




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  1. Losse Jean-François dit :

    4s dans la 11, 10s dans la 12, 28s dans la 13 .
    La différence est là

  2. Philou dit :

    Bravo à tous les deux pour les perfs mais aussi pour la reconstitution du duo, un bonheur de te retrouver Benji.
    A+
    Philou

  3. makkarinen dit :

    Je ne peux qu’ajouter mon admiration à tous vos super commentaires , bravo Yoann et bravo à l’équipe d’ être venue jouer dans la cour des grands et d’avoir imposé le respect de part les supers résultats toute l’année . A bientôt , au Monté-Carlo je souhaite

  4. Corseterrederallye dit :

    CHAPEAU POUR VOTRE COURSE YOAN ,EN ESPÉRANT VOUS REVOIR AU TOUR DE CORSE 2017

  5. jekyll73 dit :

    Encore une super course de Yoann qui domine la plupart des R5 « privées », et qui nous montre encore une fois que son coup de volant est égal à sa sympathie et sa disponibilité!
    J’aimerai vraiment le voir avec une top R5 ou un volant d’usine!

  6. Saddier Daniel dit :

    Bravo à Yoann Bonato pour sa performance au var;c’est vraiment un bon pilote et il est devant toutes les skoda. chapeau ça prouve que la DS n’est pas si mauvaise, ce que beaucoup voudrai nous faire croire.J’espére le revoir en 2017

  7. Thierry 72 dit :

    Se battre avec Abbring et lui en coller 12 dans Pignan avec une DS3 en fin de vie face une I20 d’usine autant efficace et coupleuse qu’une Skoda… Chapeau l’artiste! Esperons que 2017 continue sur la meme lancee que cette fin d’annee. Bonne chance Yoann!