A.Fourmaux : « Je pense que nous avions les moyens de gagner »



Restant sur une série de deux podiums consécutifs en Estonie et en Turquie, Adrien Fourmaux avait le vitesse pour confirmer cette bonne dynamique, mais le français s’est fait piéger à mi-parcours en Sardaigne.

Avant une erreur dans l’ES9 de Monte Lerno, le pilote nordiste occupait la deuxième place provisoire en WRC-2, visant très clairement la tête alors occupée par Pontus Tidemand.

Comme après chaque épreuve WRC, Adrien Fourmaux est revenu avec nous sur son week-end.

Bonjour Adrien, j’imagine que tu as un sentiment mitigé à propos de ce rallye de Sardaigne ?

« Je suis forcément un peu déçu car je pense que nous avions les moyens de gagner. Mais il faut retenir le positif avec un bon rythme sur un terrain encore différent, mais c’est dommage de finir sur cet abandon le samedi. »

Que s’est-il passé lors de ton abandon dans l’ES9 ?

« Dans le deuxième passage de la spéciale de Monte Lerno, je me suis fait avoir dans une corde qui jette. J’étais trop près du bord avec la roue braquée. On a cassé le bras de suspension et la biellette de direction. On a réussi à réparer le bras mais pas la biellette. Dans ce contact, la roue s’est légèrement décalée et l’arceau a été très légèrement endommagé. La FIA a logiquement refusé de nous faire repartir. »

Comment aurais-tu pu éviter cet abandon ?

« Il fallait mieux anticiper l’évolution entre le 1er et le 2e passage. Au premier passage, j’avais un « jette » qui ne me semblait pas forcément évident, mais au deuxième passage, c’était clairement le cas, la route avait beaucoup creusé. J’ai trop négligé la note. Je dois évidemment prendre en considération mes erreurs pour éviter de les reproduire. Je n’ai pas assez pris en compte la dégradation de route entre les deux passages. »

Avant ça, tu as eu ton lot de problèmes sur cette épreuve.

« En effet, comme dans la spéciale de Tula. Dans une épingle, on se retrouve sur deux roues et on peine à repartir avec marche arrière (15s perdues). Pendant cet instant, de la terre s’est probablement coincée entre la jante et le pneu. Je me retrouve avec une voiture molle sur les 5/6 derniers kilomètres et j’avais finalement déjanté.

Dans l’ES5, je crève une deuxième fois dans une corde mais on a décidé de continuer jusqu’à l’arrivée, sans changer la roue. On a cru avoir fait le mauvais choix après avoir eu beaucoup de mal à passer des épingles mais finalement on ne perd pas trop de temps (une minute). »

Après tes crevaisons, quel était l’objectif ?

« On a avait vraiment en point de mire le leader Pontus Tidemand. Au départ samedi matin, nous étions à 31s de lui et on lui reprend 13s en deux spéciales. Même s’il avait adopté un rythme sûr, on ne savait pas s’il pouvait réagir en étant sous la menace. Avec notre rythme, on avait en tout cas les moyens de remonter. »

Quelle sera ta préparation pour Ypres ?

« Il faut savoir que je n’ai pas roulé sur asphalte depuis le Monte-Carlo, si on peut parler d’asphalte, puisque ma participation à Rome était très courte…Il y a eu le San Marino, mais c’était tout autre chose avec la WRC. Il faut remonter au Catalogne de l’an passé pour retrouver un vrai rallye sur asphalte.

Donc par rapport à ça, on va peut-être faire un rallye en Belgique avec M-Sport. Cela devrait se décider rapidement. Pour Monza, c »est normalement OK. »

Est-ce que tu regardes également les chronos des WRC-3 ?

« Toujours, bien sûr. C’est toujours intéressant de se comparer aux autres R5, même si nos objectifs sont parfois différents. Si les WRC souffrent de balayage, c’est également dans certains cas aussi vrai pour les R5. J’ai pour exemple le chrono de Tergu Osilo qui est le plus connu pour ça. Dans cette spéciale, on retrouve quatre R5 dans le top 10 dont nous, ce qui prouve bien que les premiers sur la route étaient très désavantagées. Ce week-end, on m’a d’ailleurs raconté que Sébastien Ogier avait réalisé un scratch au volant de sa Fabia S2000 devant les WRC dans cette spéciale. Bien sûr, ce balayage ne justifie pas un écart de 1s/km. 

J’en profite pour féliciter les français en R5 et notamment Yohan Rossel qui a signé des super temps et que je côtoie en Equipe de France. »




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