A.Fourmaux : “Me poser moins de questions”



Dans cette première partie du mois de juin, Adrien Fourmaux a exceptionnellement enchaîné deux épreuves, d’abord dans le cadre du WRC avec le rallye de Sardaigne, puis en championnat de France Asphalte avec le rallye Vosges Grand Est.

Dans les deux cas, le jeune français a malheureusement connu des courses difficiles, abandonnant en Italie sur une sortie de route avant d’être limité par différents problèmes mécaniques sur sa Ford Fiesta Rally2 dans les Vosges.

Bonjour Adrien. Comment vas-tu après cet enchaînement Sardaigne/Vosges Grand Est ?

“C’est clairement un gros mois de juin pour moi avec trois courses, ce n’est pas habituel. Donc là, je ressens un peu de fatigue et on part pour le Kenya dès samedi prochain donc il faut que je me repose avant, tout en préparant le rallye bien sûr.”

Commençons logiquement par la Sardaigne. Comment tu trouvais ta course avant cette erreur du samedi après-midi ?

“Pour la Sardaigne, j’étais super content de mon travail avec Alex avant la sortie. On ne faisait pas d’erreur, on était bien calé avec nos choix de pneus et la voiture marchait très bien. Au fur et à mesure du rallye, j’ai senti que je perdais un peu de concentration et que j’accumulais de la fatigue. Il faut savoir que sur ce rallye le timing était vraiment serré avec des petits regroupements à la mi-journée en pleine chaleur. Les liaisons sont très longues et les journées aussi donc.

Dans l’habitacle, les températures étaient assez proches de celles du Portugal. On avait un toit argenté sur la voiture et des habits réfrigérants après les spéciales. Côté copilote, Alex a senti une petite différence avec plus d’isolant sous ses pieds.

En terme de performance, on avait un bon rythme de croisière sans prendre de risques, sans être vraiment à l’attaque, toujours avec l’objectif de reprendre confiance petit à petit.”

Et parlons maintenant forcément de cette faute et de ton abandon après avoir touché de la végétation.

“Dans cette spéciale, je me suis déconcentré en pensant à un truc qui n’avait pas sa place à ce moment là. Je rentre un poil trop tard dans un gauche et ça m’embarque dans la gravette. Je sens l’arrière partir avant le virage suivant et j’essaie plutôt de raser au maximum proche des arbres avec l’avant mais ça ne passe pas et ça m’embarque sur la droite. La voiture était posée et on ne pouvait pas repartir car il n’y avait pas assez de spectateurs. Comme nous avons été remorqués, nous étions hors course. Nous ne sommes pas repartis le dimanche car l’équipe a préféré remettre en état la voiture en vue du Kenya.

Il faut vraiment que je fasse un gros reset sur ma concentration dans les spéciales et d’être moins soucieux de tout ce que je peux faire. Je dois retrouver mon pilotage plus naturel et me poser moins de questions.

Hormis cette erreur lourde de conséquences, on a “seulement” eu une crevaison en cassant une jante à la réception d’un saut sans vraiment comprendre pourquoi. L’équipe est encore en train de regarder.”

Est-ce que tu as senti que ta participation au Kenya était remise en cause suite à cette nouvelle erreur ?

“C’est un début de saison difficile pour moi et je m’attends à tout. Depuis mes débuts, je suis toujours dans une position où je ne suis pas assuré de rouler l’année d’après. Donc, je suis un peu tout le temps dans cette incertitude maintenant. Quand un élément ne va pas bien, et ce dans n’importe quel domaine, il faut songer à le remplacer.”

Quelques jours après tu étais donc au rallye Vosges Grand Est pour ton retour en championnat de France Asphalte avec une Ford Fiesta Rally2. Est-ce que la préparation était bonne ?

“Cela n’a pas été simple d’enchaîner deux rallyes comme ça avec une préparation très légère pour le Vosges et peu de visionnage vidéos finalement. On a fait des bons tests avec une petite centaine de kilomètres, mais une bonne partie sur l’humide malheureusement. Cela m’a permis de retrouver mes marques avec la Fiesta sur l’asphalte. Cette réadaptation s’est plutôt bien passée et on a pu d’entrée se comparer aux chronos de Quentin et William sur la séance d’essais et c’était positif et rassurant.”

Malheureusement, tu as enchaîné les problèmes pendant ce rallye et c’était impossible pour toi de viser un bon résultat.

“Déjà, je dois dire que les spéciales sont vraiment très belles et je ne me rappelais pas que c’était aussi vallonné, surtout le vendredi, c’était vraiment la montagne ! Les reconnaissances sous la pluie n’étaient parfois pas évidentes et j’avais l’impression de découvrir des parties en course.

Pour les soucis, cela a commencé au shakedown avec un problème de mapping au 3e passage lorsque j’avais le journaliste de Canal+ avec moi. Au final, on perd seulement 3s mais sur un shakedown, c’est beaucoup ! 

Le vendredi matin, tout démarre bien mais à la fin de la première spéciale, on s’aperçoit qu’il y a un petit problème au niveau de l’accélérateur. À la fin de la deuxième spéciale, l’équipe m’a dit que je ne pouvais accélérer qu’à 40%. Une vis de la pédale d’accélérateur s’était desserrée au fil de la boucle (37s perdues dans l’ES2 en 14 km). Au début, je me suis dit que c’était le passage de la Rally1 à la Rally2 qui était plus choquant que prévu et puis quand j’ai vu que je pouvais freiner bien plus tard que les autres, ça m’a confirmé le problème.

Dans la deuxième boucle, j’ai eu des problèmes d’ouverture de pop-off. Au maximum, elle est restée ouverte pendant 1min30s dans une spéciale et c’était forcément difficile d’être performant dans ces conditions. Comme je n’ai pas pu exploiter le moteur à 100% le matin, peut-être que ce problème est lié.

Le samedi matin, tout se passe très bien et on signe deux fois le 3e temps. Je suis content de la voiture, d’Alex et de mon feeling global. On crève en toute fin de boucle sur un piège où Pierre Roche et peut-être aussi Thomas Anacleto se sont fait avoir.

Dans l’après-midi, on a pu faire neuf kilomètres sans problème. Après ça, on a eu un souci de connectique au niveau de l’échappement. Le mapping était en mode dégradé et on perd au minimum 15/20cv pour le reste de la boucle. Dans la dernière spéciale, on a retrouvé notre rythme avec notre 3e temps.”

Avais-tu un objectif en tête avant le départ ?

“J’avais pensé au podium, peut-être mieux. C’était sans doute jouable sans nos différents soucis.”

Malgré toutes les difficultés de ce week-end, tu as semblé relativement calme. 

“J’avais le rire nerveux…j’étais clairement frustré de passer à côté. Mais il fallait relativiser et penser à la suite. Dès que Richard Millener a compris que l’on avait des problèmes avec la voiture, il a continué de prendre de mes nouvelles après chaque spéciale. J’ai apprécié qu’il suive à ce point notre épreuve. Je reste globalement frustré de ce rallye car nous n’avons pas pu montrer le potentiel de cette auto.”

Qu’as tu pensé de cette apparition en championnat de France ?

“C’est toujours bien de rouler et on sait que le niveau du championnat de France Asphalte est vraiment très élevé. Mais je suis vraiment focus sur le WRC et je ne suis pas trop partant pour enchaîner comme ça entre les championnats.”

Est-ce que tu te vois justement faire le Rouergue puis l’Estonie en seulement deux semaines ?

“Ça me paraît très compliqué. Si Malcolm et Richard me demandent de faire les deux, je peux essayer d’en discuter avec eux car ça reste délicat d’enchaîner comme ça. C’est plus simple pour moi de faire un rallye du championnat de France après un WRC. Pour une manche du mondial, la préparation est vraiment importante et ce n’est pas idéal de rouler ailleurs juste avant.”

Sur ce rallye des Vosges, tu as pu recroiser des têtes bien connues.

“Oui en effet. Même si je ne suis pas resté très longtemps dans ce championnat, j’ai notamment pu revoir Kévin Parent, mon ancien copilote qui est désormais celui de Quentin Giordano. J’ai également de bonnes relations avec Eric Mauffrey car on a pu échanger dans le passé. Lors de ma participation en 2018, je voulais avoir des infos sur ce rallye et je l’avais appelé avant le départ. Il avait été surpris que je l’appelle et m’avais donné plein d’informations. Cette année, on a pu faire les reconnaissances ensemble et c’était très sympa.”

En fin de semaine, tu vas t’envoler vers le Kenya. Quel est ton avis sur cette épreuve ?

“C’est ça, j’ai quatre jours devant moi pour me préparer et me reposer à la fois. C’est vraiment un rallye de coeur, le plus dépaysant de tous et humainement génial. Ce rallye demande encore une autre approche. C’est un rallye où j’ai été performant l’an passé et que j’avais vraiment aimé. C’est un rallye encore très cassant et la fiabilité des voitures, et notamment celle liée à l’hybride, sera forcément capitale. 

Dans ma situation actuelle, il est sans doute plus simple pour moi d’aborder une épreuve de ce type. Il n’y a pas besoin d’être engagé à 100% comme en Estonie ou en Finlande qui seront les prochaines manches. En gardant un rythme régulier et sûr, on peut faire de belles choses au Kenya. Nous n’aurons pas d’essais pour cette épreuve mais pour les rallyes suivants, on reviendra à une journée de tests classique.”





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Cousto
Cousto
3 mois il y a

C’est vraie que c’est facile de taper sur un pilote quand ça va mal et d’en feliciter un autre quand y’a un résultat
Concernant la hunday de Loubet elle avait pas l’air au top y’a qu’à voir Olé Christian Veyby la utiliser sans succès lui aussi
Maintenant y’a pas de stat officielle mais si on compare aux nombres de caisses pliée entre les 2 Fourneaux me semble largement devant
Mais bon réjouissons nous d’avoir 2 pilotes français en catégorie reine tant que ça dure

FlatOut
FlatOut
3 mois il y a

C’est bizarre la vie ………Comme les mouches peuvent changer d’ane si vite !!??!!! ….Honnétement j’espére pas que AF subisse le méme traitement immonde qu’a subit l’an passé sur ce site un autre jeune espoir français sur lequel sont tombés à bras raccourcis bon nombre de ceux qui couinent sur ce post ……..