Bernardi : « J’apprends énormément »



Son titre en trophée Clio R3T en poche fin 2018, Florian Bernardi s’est envolé vers l’ERC, toujours au volant d’une Renault Clio R3T. A la mi-saison, le pilote vauclusien occupe la quatrième place au championnat et peut encore rêver du titre.

A deux semaines de sa prochaine épreuve au Barum Rally en République Tchèque, il était opportun de prendre des nouvelles du pilote vauclusien, un peu disparu des radars avec cet engagement dans le championnat ERC3, trop méconnu.

Pour faire simple Florian, quel est ton bilan à la mi-saison ?

« Je suis très heureux d’avoir commencé ce championnat. Cela permet de voir autre chose, de continuer à apprendre, et notamment la terre où j’avais tout à découvrir.

On est bien sûr contents d’avoir gagné aux Canaries, sans roulage depuis le rallye du Var, soit six mois de pause quasiment. Il y avait une belle concurrence là haut avec des jeunes affutés et notamment la nouvelle Fiesta R2. Il est d’ailleurs clair que la nouvelle réglementation permet un gros rapprochement de performances entre les nouvelles R2 et les R3.

Sur cette épreuve, tout s’est déroulé comme on voulait et on avait de bons repères de l’an passé pour l’emporter une deuxième fois. Ensuite, on a loupé la Lettonie pour des soucis de timing. Notre kit terre n’était pas prêt et il fallait tout enchaîner en trois semaines, c’était trop court pour être dans de bonnes conditions.

Du coup, on a poursuivi notre saison en Pologne pour un premier gros défi sur la terre. Des pilotes comme Llarena m’ont prévenu que ce serait très compliqué de débuter sur celui-là, et ça l’a été. On a bien progressé et on a pris beaucoup d’expérience. On aurait aimé être à moins d’1s/km, finalement on a terminé à 1,2s/km. Avec ce niveau là, on aurait pu signer un top 5 dans une formule de promotion en France. Sur terre, il y a un très gros niveau en ERC3 et la majorité des pilotes ont une culture terre.

A Rome enfin, on signe notre deuxième podium de l’année et on se relance au championnat. On crève d’entrée et après on remonte jusqu’à la 3e place après avoir signé 11 scratchs (dont 9 consécutifs).

Dans dix jours maintenant, on sera au Barum pour ce gros morceau sur asphalte. Je me suis bien renseigné à ce sujet en parlant à d’anciens pilotes qui ont roulé là-bas comme Jean-Michel Raoux et Raphaël Astier. »

Quelles sont encore tes chances de titre ?

« Pour le titre, ça va être délicat. Il faut vraiment voir ce que vont faire les pilotes Juniors qui normalement arrêtent leur saison après le Barum. S’ils ne vont pas à Chypre et en Hongrie, contrairement à moi, il y a peut-être une carte à jouer. »

As-tu l’impression d’évoluer dans l’anonymat en ERC ?

« Je m’attendais à cette question et c’est à double tranchant en fait. Les personnes qui me suivent (famille, supporters), sont emballés par ce projet et trouvent ça super. Et j’ai pu constater que j’avais gagné de la crédibilité par rapport aux personnes qui ne sont pas fans de rallye. C’est vraiment un step au dessus par rapport au championnat de France, un peu comme quand je suis passé de la Coupe de France au championnat.

Au niveau des passionnés du rallye français par contre, il y a moins de suivi qu’auparavant. Il est vrai que nous ne sommes pas beaucoup de français et qu’il n’y a pas non plus une épreuve en France, ça doit expliquer en grande partie cela.

C’est dommage, car en ERC, l’ambiance est superbe et le championnat me plaît vraiment avec des épreuves très diversifiées. La concurrence est très diverse avec des voitures officielles comme les Opel Adam et différentes marques de pneumatiques. J’apprends beaucoup plus en ERC que sur une saison en France, comme en Pologne, où j’ai appris énormément en seulement un week-end. »

Est-ce que tu as des contacts avec Renault cette saison ?

« Renault suit vraiment ce que l’on fait. Cela leur plaît de savoir que le vainqueur du trophée Clio évolue dans le championnat d’Europe. On a d’ailleurs pu revoir Josep, le responsable du trophée en France, lors du rallye des Canaries. »

Que penses-tu du trophée Clio de cette année, toi qui a roulé dans cette formule de promotion en 2017 et 2018 ?

« Le trophée Clio est toujours aussi intéressant. Je reste persuadé que c’est un super trophée avec des coûts raisonnés, ce qui permet d’équilibrer la saison si les résultats sont au rendez-vous. L’auto marche très bien et est plaisante à piloter. Et peu importe le classement, il y a des bagarres. »

Si tu devenais revenir en France, ce serait pour quels projets ?

« Hormis avec une R5 sur le championnat, je ne vois pas d’intérêt. Mais aujourd’hui, le budget pour faire neuf épreuves est énorme. Cela représenterait au moins le double de mon programme actuel avec six rallyes. Et au bout, je peux espérer avoir un titre FIA.

Donc en 2020, même s’il est tôt pour en parler, c’est soit une voiture plus grosse mais sur un championnat complet, ou peut-être repartir en ERC. »





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