« La victoire de la ténacité »




Tout juste victorieux de la Finale de la coupe de France à la Rochelle, c’est un Bruno Longépé forcément heureux qui s’est prêté volontiers à un entretien pour Rallye-Sport.fr.

s amis très proches, en passant par ses « fabuleuses » copilotes, le pilote originaire de Nantes est revenu sur toute cette préparation qui l’a conduit à « la plus belle victoire de sa carrière ». L’occasion pour nous, lecteurs et passionnés d’en apprendre un peu plus sur ce pilote de 44 ans dont le parcours n’a pas toujours été épargné par les soucis.

Avant de parler un peu de rallye, tu peux essayer de te présenter pour qu’on en sache un peu plus sur toi ?

« C’est vrai que je ne donne pas trop d’infos sur moi, et c’est bien dommage d’ailleurs, parce que la communication, c’est devenu un paramètre important maintenant. Les partenaires, les amis et les supporters aiment pouvoir suivre les infos me concernant. Alors, j’ai 44 ans, je suis né à Nantes. Pendant une longue période, j’avais un garage, et là depuis deux ans et demi, j’ai repris une affaire de déconstruction automobile. »

Changement d’entreprise, la coupe de France, comment tu as géré?

« C’est vrai que pendant une saison et demi, j’ai du mettre un peu en retrait le rallye pour me consacrer de plus prêt à ma nouvelle entreprise. Mais fin 2013, une fois que tout s’était plus ou moins tassé, je me suis fixé un objectif à savoir la qualification pour la Rochelle. Et donc avec le soutien de mes amis, il y a fallu trouver le temps mais après quelques soucis rencontrés sur quelques rallyes, on a réussi à en gagner cinq cette année, pour se qualifier. Je n’oublie pas ma petite femme qui fait véritablement vivre la maison et qui gère pendant mes absences. »

Donc fin 2013, tu avais déjà la Finale de la Rochelle en tête ?

« Nantes – La Rochelle, il faut déjà dire que ce n’est pas bien loin. Ensuite, j’avais vraiment à cœur de me qualifier. Pour te donner une idée, on avait réservé le gîte pour la Rochelle depuis janvier dernier ! Maintenant que c’est fait, c’est sur que c’est plus facile d’en parler, mais l’objectif après la qualification, c’était au moins le podium. »

Tu arrives à te qualifier, mais lors de ton dernier rallye avant la Finale, tu sors de la route ?

« Pour mieux situer, au rallye du Pays Basque, on a eu une crevaison et il y a fallu changer la roue en pleine spéciale. On arrive ensuite au rallye des Côtes des Lumières, et d’entrée de jeu, j’ai trouvé que la voiture prenait pas mal de place sur la route en latéral. Après une assistance où on ne s’était pas plus poser de questions, on est reparti avec mon fort tempérament en guise de fil conducteur, et on est sorti. Un poteau électrique coupé, le moteur bien touché, à un mois de la Finale, on s’est ajouté un peu de travail. »

La voiture finalement reconstruite, comment tout ça c’est passé ?

« Un mois pour reconstruire l’auto, et au final, on découvre qu’un amortisseur était cassé sur l’auto d’où notre grosse sortie. Finalement on serait peut-être passé à côté de ce problème sans cette sortie. Donc la voiture était prête une semaine avant le départ pour la Rochelle. Pour voir si tout allait, je fais quelques kilomètres et là, une pièce de la boite de vitesses qui casse. Après un petit séjour chez Sadev, on a finit de remonter la boite mercredi soir avec les amis à deux jours du départ. »

Tu te retrouves donc au départ de la Finale avec une voiture à redécouvrir ?

« C’est un peu ça, le prologue a bien été utile, c’était un vrai test grandeur nature. Après dans la première vraie spéciale, on a eu un soucis avec l’agrafe du câble d’accélérateur. La voiture coupait en 6, et clairement on perdait du temps. Sur le routier, ensuite, j’ai pu réparé ce petit soucis, et dans la spéciale suivante, tout allait forcément mieux. Avec les erreurs de Michel Morin et de Jean-Charles Beaubelique, on a tout de suite creuser un écart de plus de dix secondes sur Samuel Bezinaud et Sébastien Allemany. »

Et donc le samedi comment tu as géré ta course ?

« Toujours un peu de la même manière que d’habitude, j’ai fait confiance à mon tempérament. Je ne suis pas un pilote qui aime la gestion. J’attaque jamais une spéciale pour être derrière. La preuve, dans la dernière spéciale (de la Finale) je signe le meilleur temps. Après la matinée s’était plutôt bien passée et malgré les deux meilleurs temps de Jean-Charles dans l’après-midi, j’étais confiant, vu que l’écart ne réduisait pas plus que ça. »

Finalement le dernier point stop ?

« Génial, pour Marie (sa copilote) et moi, mais surtout pour mes amis. Les femmes, les enfants de tous ceux qui m’ont aidé sur l’auto étaient là. On a pu montrer aux gens qui étaient plutôt contre qu’il fallait croire en nous. Et pour ceux qui y croyaient déjà, c’était juste un énorme remerciement pour tout le temps passé et l’énergie offerte. C’était vraiment un weekend fabuleux. Le rallye, c’est un sport ingrat, on parle trop souvent des équipages, mais là, c’est vraiment une histoire de potes ! « 

Et pour ta copilote aussi, je suppose qu’elle est heureuse ?

« Pareil, elle était aux anges. Elle avait à cœur de relever le challenge avec moi cette année. Je connais Marie depuis qu’elle a trois ans, ça pourrait être ma fille. Malgré son inexpérience, c’est vraiment une personne fabuleuse avec qui j’ai une très grande complicité dans l’habitacle. Je n’oublie ma petite femme qui a roulé avec moi cette année sur les rallyes régionaux. » 

Si on remonte un peu les statistiques, il faut remonter sept ans en arrière pour te voir au départ d’une Finale, pourquoi ?

« C’est vrai que ça fait sept ans que je n’ai pas roulé à la finale. Ma dernière remontait à Mende en 2007 (abandon mécanique). En 2008, pour celle de Châteauroux, j’étais qualifié, la voiture était prête, chargée sur le plateau, et la veille de partir, je vais jouer au squash avec un ami. Bilan de l’après-midi, séjour aux urgences, avec une rupture du tendon d’Achille, je vais finir par croire que les déboires me suivent… »

Huit participations à la Finale avant la Rochelle, un podium en 2003 avec la 306 Maxi, tu t’en souviens bien ?

« C’est sur. C’était vraiment un bon résultat malgré encore quelques soucis, au volant d’une voiture formidable. Tu peux demander à tous les pilotes qui ont roulé avec, c’est vraiment une auto affolante. C’était le top. Une voiture finalement qui s’adaptait assez bien à mon fort tempérament d’attaquant. » 

Maintenant que l’objectif est atteint, tu comptes faire quoi maintenant ?

« La saison est terminée pour nous, j’ai besoin de repos. C’est nécessaire. Après la 207 est vente et j’espère qu’elle trouvera un acquéreur pendant l’intersaison. Même si cela ne tient pas qu’à ça, la vente de la 207 pourrait favoriser un peu les choses pour l’avenir. L’année prochaine, j’avoue ne pas avoir encore commencé à y penser mais j’ai envie de rouler avec la 406. Ça me fait mal au cœur de la voir sur les chandelles dans le garage. »

Tu peux nous parler un plus de la 406 justement ? 

« Si la 207 était vendue avant la Finale, je m’alignais à la Rochelle avec la 406. Je suis même persuadé qu’un podium aurait été envisageable à son volant. Quand on voit les performances de Samuel Bezinaud, c’était possible. En plus depuis ses dernières apparitions, la voiture a beaucoup évolué. J’avais pu comparer les performances face à la BMW d’Anthony Mora et on était vraiment dans le coup. »

Et du coup le championnat de France, tu y penses encore ?

« C’est sur, j’aimerais vraiment revenir au moins sur une manche avec la 406. En 2010, on avait plutôt bien roulé au Lyon-Charbonnières, et depuis la voiture a vraiment évolué. »

En résumé, c’est un pilote au tempérament marqué qui s’est livré à nous. Vainqueur de la Coupe de France des rallyes, Bruno n’ oublie pas malgré tout ses amis, sa femme, ses jumeaux et Marie sans qui cette aventure ne se serait pas écrite.





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  1. Kevin dit :

    Bonjour,
    pourriez vous faire une interview sur Fabien Cassagne pilote isérois qui roule en Saxo F2/13 sur les routes de la région Rhône-Alpes et qui fait une très bonne troisième place de classe à la finale de La Rochelle sur un terrain qu’il ne connaissait pas du tout et derrière 2 pointures locales s’il vous plait????

  2. Bruno dit :

    406 coupé modèle unique en rallye avec Ce degrés de preparation .. gros trains.. moteur Xara Kit car . Roues 18 pouces. Une voiture pour le scratch.. et qui marche fort..

  3. DRAPEAU Anthony dit :

    Une très belle auto et qui marche fort cette 406.

  4. Thomas dit :

    bah sa 406 coupé. Il a déjà couru avec, à peu près à la même époque que la mégane maxi

  5. quoique... dit :

    c’est quoi cette 406 ???