La perf’ du week-end : Bruno Idiart



Dans ce nouveau week-end de Coupe de France, riche de six épreuves, la performance de Bruno Idiart, engagé au rallye national du Pays Basque, a particulièrement attiré notre attention.

Photo :  Charlotte Radet

Au volant de sa Citroën Saxo N2, le pilote du Sud-Ouest a terminé à une superbe sixième place au scratch, remportant au passage le groupe N et signant ainsi son meilleur résultat en Coupe de France.

Encore peu expérimenté en rallye avec une douzaine de départs, Bruno dispute actuellement sa saison la plus importante avec déjà cinq épreuves et des résultats probants : 3 victoires de classe et 2 de groupe.

Comme pour chaque « perf’ du week-end », Bruno a pu revenir en longueur sur sa performance, évoquant aussi ses débuts en rallye et son avenir.

Avant de parler de ton week-end, peux-tu te présenter rapidement et notamment évoquer tes débuts en rallye ?

J’ai 34 ans et je vis à Orègue, mon village natal au Pays Basque. Avec ma famille, nous avons une ferme où nous élevons des brebis laitières et où nous accueillons des voyageurs dans notre gîte. A côté, j’ai également une entreprise dans les travaux publics. Ainsi, depuis mon plus jeune âge, je développe ma passion pour tout ce qui roule: quad, moto, tracteur, engins de chantier...

J’ai débuté le rallye en 2008 à la place du copilote, c’était en championnat de France des rallyes tout terrain sur un buggy du Team Afflelou avec Bastien Morisse et en asphalte avec mon ami d’enfance Jérôme Dantiacq. J’ai également eu la chance grâce à Jean-Marie Bracq de faire la mythique épreuve du tour de Corse historique sur Alpine A310. En 2015 au Pays Basque, je fais mon premier rallye derrière le volant avec une location du Team Dart Racing. Ensuite, mon ami Gaby Raynaud me prête sa 106 pour le Rallye du Béarn.

En 2017, l’expérience au volant m’ayant beaucoup plu, je me lance et je pars acheter la Saxo à Lyon. En ayant essayé la voiture 100 m dans une impasse en pleine ville, je fais sans le savoir une super affaire avec une voiture saine et fiable. Depuis, elle nous a fait faire 10 rallyes avec que du bonheur!

Le week-end dernier, tu a pris le départ de ton cinquième rallye de la saison. Quel était ton objectif au départ ?

Pour cette épreuve mon copilote était mon ami Bixente Challa qui m’aide sur la voiture toute la saison. Le but était donc de se faire plaisir ensemble et de l’amener au bout. Surtout sur un rallye à la maison, il ne faut pas s’emballer ! J’étais heureux de me mesurer à Cédric Orillac qui connait bien le tracé et qui a été une figure du groupe N avec ses 106. Malheureusement, une panne mécanique l’a contraint a abandonné.

D’entrée, tu joues la gagne dans le groupe N et un top 10 au scratch. Quelle était alors ton ambition (samedi après-midi) ? Gérer pour la gagne en groupe N ou se battre pour la meilleure place possible dans le top 10 ?

Dans un premier temps j’essaie de garder la tête froide et d’assurer ma place au groupe. Mais je suis un compétiteur et je n’ai pas lâché grand chose ! Etre dans le top 10 au milieu des R3 et F2013 me fait rêver.

Au final, tu signes ton meilleur résultat au scratch (6e) et gagne le groupe N. Pense-tu que c’est ta meilleure performance au volant ?

C’est une belle course mais j’ai fais des erreurs de débutant en en voulant trop en faire. De nuit à Helette, j’ai allégé l’arrière et le dimanche à Cambo je suis arrivé trop fort sur une bosse, faisant la même bêtise que l’année précédente. Je pense qu’à toutes les courses je me suis battu comme à La Fougère cette année. Dès la première spéciale, je perds 1 minute avec l’accélérateur qui se bloque mais en restant propre et à l’attaque tout le long du rallye je rattrape quasiment mon retard.

Que pense-tu du parcours de ce rallye du Pays Basque ? Chaque année, les spéciales semblent régalées chacun des pilotes.

Bien sûr, je connais très bien la spéciale d’Orègue vu que j’habite dedans et que j’ai fais les 400 coups dans la montée des Acacias ! Pour le reste, je dirais que le rallye du Pays Basque a à mes yeux le parcours idéal surtout pour les petites autos avec du large et de l’étroit, du rapide et du technique et surtout les fameux ciels !

Au début des années 2000, la classe N2 était très populaire sur chaque rallye de Coupe de France, mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Pourtant, son rapport performance/prix reste imbattable. Que penses-tu de cette baisse d’engagés ? Pour toi, est-ce que cela reste la classe idéale pour débuter et/ou tout simplement évoluer à moindre coût ?

Je suis déçu de ne pas avoir plus de concurrents dans cette classe car c’est dans la bagarre qu’on évolue. Je pense en effet que c’est une excellente catégorie pour débuter, apprendre et cela à moindre coût. On prend vraiment beaucoup de plaisir et j’ai envie d’aller au bout de cette voiture avant de me lancer dans autre chose. Après bien sûr il faudrait consacrer plus de budget car les prix montent vite.

Est-ce d’ailleurs une motivation supplémentaire pour toi d’évoluer sur une « petite Saxo » et jouer une belle place au scratch face à des voitures modernes ?

Non je ne suis pas dans un combat petite voiture contre grosse voiture. Chacun fait comme il peut et trouve son plaisir là où il veut. Ce qui compte pour moi ce n’est pas la puissance de la voiture mais le plaisir de la conduite et la compétition.

Après cette belle performance, sur quelles épreuves as-tu prévu de t’engager ?

Nous faisons du rallye avec le cœur et nous voulons allier la course et le plaisir. Pour les prochains rallyes nous allons donc voir les copains. Avec Julie Arnaudeau ma copilote et compagne nous serons accueillis par William Julien au Camisards les 21 et 22 septembre. C’est une épreuve nouvelle pour nous et nous sommes heureux de découvrir ce magnifique tracé et de nouveaux concurrents. Ensuite, en octobre, nous irons chez notre ami pilote Philippe Cadiot à Sarlat. Enfin, le Team Zambon a qui nous devons notre nouveau moteur nous recevra pour le Cœur de Bastide en novembre.

Quel a été ton meilleur moment en rallye et au contraire le pire ?

Mon meilleur moment reste ma victoire du groupe A lors de mon premier rallye derrière le volant au Pays Basque en 2015.

Et les pires moments, mes deux abandons en tête de la classe dans la dernière spéciale sur casse de cardan au rallye du Béarn en 2016 et Médoc en 2017. Une même panne, au même moment mais avec deux voitures différentes, c’est ce qu’on appelle avoir le chat noir ! D’où le nom de notre association pour exorciser: Los Gatos Negros.




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