Le défi ambitieux de Victor Cartier et sa Yaris Rally2-kit



Lancé dans un défi tout aussi compliqué que passionnant, Victor Cartier s’apprête à toucher au but : rouler au volant d’une Toyota Yaris Rally2-kit qu’il aura imaginé et conçu pendant plus d’un an et demi.

Titré en championnat de France Junior la saison dernière, Victor, âgé de 24 ans et diplômé d’une école d’ingénieur en juillet 2019, avait lancé ce projet dans la foulée avec la conception et la construction de sa monture.

Alors que sa première course arrive à grand pas, Victor a répondu à notre invitation pour mieux comprendre ses attentes et l’évolution de ce projet peu commun.

Raconte-nous un peu l’évolution de ton aventure entamée il y a plus d’un an maintenant.

“Ce projet a commencé en juillet 2019 et j’ai travaillé pendant une année à temps complet sur ce projet, tout en créant ma société. Au 31 décembre, tout devrait être quasiment terminé. Il faudra alors fiabiliser la voiture avec de premiers essais à effectuer.

On va faire un gros déverminage en fin d’année sur un circuit asphalte pour vérifier que tout fonctionne et faire des acquisitions de données.

En début d’année, on fera une véritable séance d’essais avec la présence de notre partenaire suspensions, Donerre. Après avoir vu une publicité de cette marque sur un magazine, j’ai rapidement pris contact avec eux. Ils sont une référence en rallye-raid et veulent se développer en rallye.”

Quel est ton objectif à court terme ?

“A la base, on avait prévu de rouler au Terre de Vaucluse puis au Dévoluy pour préparer le Monte-Carlo. Entre les annulations et un peu de retard sur la voiture, tout a forcément été remis en cause.

Le but est de faire un maximum d’épreuves de championnat du monde avec le rêve de devenir pilote professionnel un jour. On voit bien qu’il faut malheureusement rouler directement en championnat du monde pour avoir un chance. L’investissement global a forcément un coût élevé. S’il est trop important, on roulera plutôt sur le championnat d’Europe.

Pour le début de saison 2021, j’ai également prévu de rouler au Touquet. Ce sera l’occasion de remercier Toyota avec une présentation de la voiture à Toyota Valenciennes avant l’épreuve.”

En terme de performance, quelles sont tes attentes ?

“On fera tout pour être au milieu du plateau R5, c’est à dire top 6/8 sur une épreuve de championnat de France asphalte. Contrairement à la catégorie R5, nous avons un règlement assez libre en Rally2-Kit, et on peut gagner une petite dizaine de chevaux grâce à différents éléments.

Sur la terre, je pense qu’il est possible de jouer le podium en France. Côté calendrier, tout est de toute façon très ouvert, tout est flou avec le COVID.”

As-tu pu tester une voiture comparable à la tienne ?

“Oui mais seulement en septembre dernier. J’ai fait une quinzaine de kilomètres d’essais sur terre avec la Fiat 500 du team Milano Racing qui m’avait gentiment invité. C’est une voiture très facile à prendre en main et il y a vraiment moyen de s’amuser. L’écart de performance avec une R5 est de deux secondes à kilomètre et on a travaillé pour réduire cet écart. On espère que ce sera paynt.”

Quels partenaires te suivent ?

“D’abord, Toyota Motor Manufacturing France d’Onnaing qui m’a fourni de l’aide dès le départ, avec une Yaris complète et une caisse qui m’ont servi de base pour la construction de la voiture. Donerre Suspension pour les suspensions qui a accepté de développer des amortisseurs spécifiques pour la Yaris sur terre et asphalte avec des outils très pointus. Michelin également même s’ils ne pourront pas m’aider en WRC. Pour une manche comme le Monte-Carlo, le coût pneumatiques est de 10 000 € avec Pirelli, donc c’est forcément regrettable de ne pas voir Michelin en WRC !”

Au jour où l’on se parle, quelle est la situation avec cette Yaris ?

“L’homologation est en cours à la FFSA, il y a quelques rectifications à faire mais rien d’important. Cela devrait être réglé sous peu. Il y a deux semaines, le moteur a démarré pour la première fois, cela fait forcément plaisir ! Les premiers essais vont vite arriver maintenant.”

Pourquoi avoir fait ce choix finalement ?

“Je voulais pouvoir avoir un programme indépendant en roulant avec une quatre motrices. Je n’ai pas les moyens de louer une voiture donc ma seule opportunité était de monter ma propre voiture, et cette catégorie me le permet.”

=> Si ce projet vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus sur l’évolution de cette voiture, Victor publie régulièrement des informations sur sa page Facebook.




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Tony 38
Tony 38
2 mois il y a

Donc cette catégorie (enciennement Kit FIA R4) n’a finalement rien à voir avec le rally3 et est même supérieur à une rally2 (ex r5)…
Autant je trouvé logique et plus simple technologiquement et en compréhension la rally1 à la rally5 autant là…^^

Ça aurai été plus judicieux de faire ce kit au niveau du rally3 ou l’égale du rally2 sans encore rajouter une catégorie non ?

En tout cas j’adore le principe de pouvoir monter sa propre voiture avec des autos différentes, Bravo à Victor !!!!

Truite
Truite
2 mois il y a

Bravo ! J’espère que ça payera.
Mais il peut déjà être très fier