Michel : “Je pense que nous pouvons être fiers”



Pour ses premiers pas sur terre, Sylvain Michel a été rayonnant, rivalisant face à des WRC au volant de sa Skoda Fabia R5. Au Terre de Vaucluse, le pilote savoyard a remporté son deuxième titre national après celui acquis sur asphalte deux ans plus tôt.

Au lendemain de cette victoire, nous avons interviewé le pilote français pour revenir sur cette superbe saison et évoquer différents sujets : son titre bien sûr, sa progression sur terre au fil de l’année, son équipe 2C Compétition ou encore ses projets pour 2019.

Après l’asphalte en 2016, maintenant le terre en 2018. Quel est ton sentiment après ce nouveau titre ?

“Nous nous sommes donnés les moyens de gagner. Remporter le titre face à deux WRC ce n’était pas simple, mais cela souligne notre performance. Quand je suis arrivé au point stop de la dernière, j’ai pensé à toute cette saison avec la découverte de toutes ces épreuves. La première victoire à Castine reste spéciale et inattendue, on a tout donné sur chaque épreuve avec une grosse attaque en permanence. Je pense que nous pouvons être fiers.”

Comment juges-tu ce titre sur terre par rapport à celui sur asphalte ?

“Les deux saisons sont assez différentes. Sur asphalte, je suis titré deux rallyes avant la fin au Mont-Blanc, donc la pression était très différente et le championnat aussi avec WRC qui avaient un barème différent du nôtre, ce qui nous offrait un avantage.

Sur la terre, nous étions à égalité sur les points et il a fallu attaquer jusqu’au dernier mètre de la dernière spéciale. Psychologiquement, c’était bien plus dur, la bataille était très rude toute la saison.

Dans ce championnat terre, les WRC et les R5 peuvent jouer le titre à égalité, c’est une bonne chose pour le suspense et la bagarre. Après, c’est difficile pour nous en R5, il faut vraiment tout donner pour pouvoir rivaliser. Ce qui me gêne un peu, c’est qu’après Langres, on parlait du trio Michel/Durbec/Baud, plutôt que de parler des voitures. Le meilleur des trois allait gagner et on oubliait notre catégorie R5. Mais c’est dans la difficulté et au haut niveau de comparaison où l’on progresse le plus.”

Gagner dès ton deuxième rallye terre (début mai au Castine), c’était une grosse surprise pour toi ? Quelle a été ta progression ensuite ?

“Oui, c’était une belle surprise, on savait qu’on pourrait jouer devant sur un terrain inconnu comme à Castine, c’était un facteur important avec une réelle équité entre tous. Après la quatrième place aux Causses, gagner sur le deuxième rallye était vraiment super, je ne pouvais pas être plus satisfait.

Dans ma saison, j’ai eu un gros déclic à Langres avec une énorme bagarre entre nous trois. C’est un terrain archi connu et très rapide mais j’ai réussi à hausser mon niveau de pilotage pour me bagarrer avec les WRC. On termine tous les trois en 14s. J’avais plus d’automatismes, je pouvais pleinement me lâcher et l’équipe 2C était toujours au top pour me fournir la meilleure auto possible.

Plus tard dans la saison, on fait une magnifique victoire aux Cardabelles, on a pris l’ascendant au championnat et c’était un bon pas en avant vers le titre. On ne s’est pas posé de question sur ce rallye, il fallait de toute façon limiter la casse en balayant et c’était un magnifique mano à mano avec Thibault (Durbec). Puis sous un gros orage, on a pris de gros risques pour gagner. A l’arrivée, Jean-Marie Cuoq a souligné notre performance et c’est toujours flatteur d’un gars comme ça. C’était ma plus belle performance de l’année.”

Et ce fameux Terre de Vaucluse alors ?

“Le plateau était de taille au départ mais il fallait se concentrer sur notre bagarre à trois pour le titre. Je suis fier d’avoir vu autant de monde rouler dans ce championnat terre, c’était un plaisir de voir autant de concurrents de qualité, cela relève réellement le niveau. J’espère que ce sera idem en 2019 car ce championnat le mérite.

Pour nous, c’était encore une grosse lutte et un énorme boulot avec cette bagarre à trois. On a fait notre course le premier jour, sans trop calculer et on attaqué fort l’après-midi, signant même un scratch. Le lendemain, on a plus calculé, on était plus en gestion sans prendre trop de risques, il fallait rester concentré jusqu’au bout.”

Pour tes débuts sur terre, as-tu reçu des conseils particuliers ?

“Oui et non. Quand Jean-Marie (Cuoq) était là, il me conseillait toujours sur certaines choses, en tant que multiple champion de France des rallyes terre, je l’écoute forcément. Il m’a parlé du balayage notamment et des différents types de terrain que je pouvais rencontrer sur les épreuves.

Mon équipe a également été de bons conseils bien sûr, avec beaucoup de travail en amont pour préparer chaque épreuve. C’est un ensemble de choses qui permet d’être le mieux préparés possible.”

Tu avais beaucoup de choses à découvrir cette année. Quel est le point le plus positif pour toi ?

“Je pense que ce sont les reconnaissances. Avec seulement un passage et à chaque fois, un cahier blanc au départ, il a fallu rapidement évoluer à ce niveau là. Il fallait être très vigilant et très concentré. On a retravaillé sur mon système de notes pour l’évoluer en fonction de chaque terrain, entre un Castine très étroit par exemple et un Langres beaucoup plus large.

Pour moi, c’était délicat d’aborder des spéciales mythiques du championnat car je savais que je pourrais perdre gros. Je pense par exemple à la spéciale du Camp aux Cardabelles ou d’autres au Lozère. La différence de connaissance du terrain n’était pas du tout la même, et il fallait être patient et ne pas trop en faire.”

Aucun abandon ni de sortie de route pour toi cette année. Etait-ce si tranquille que ça dans la Skoda ?

“Sur l’année, on s’est forcément fait de grosses chaleurs, il n’y a pas le choix et encore ce week-end. J’ai vraiment pris un plaisir phénoménal avec Lara et Jérôme.  Je les remercie car ils ont été très précieux dans la conquête de ce titre. J’espère que tout le monde s’est régalé au bord des routes, car de notre côté, nous avons vraiment pris beaucoup de plaisir en attaquant sans cesse.”

Depuis 2016, tu roules avec l’équipe 2C Compétition et tu viens de gagner un deuxième titre en trois ans avec eux. Qu’est-ce que cette équipe représente pour toi ?

“C’est plus qu’une équipe pour moi, c’est une famille maintenant, on a construit des choses incroyables ensembles depuis 2016. On parle de 2019 avec eux et c’une volonté de travailler encore ensemble la saison prochaine.

Je peux citer une personne clé dans cette équipe, il s’agit de François Combronde qui m’a pris sous son aile depuis 2016. Pour mon auto, Florent Peronnet, mon ingénieur, a fait un super boulot cette année, c’est une grosse relation de confiance avec lui, nous n’avons pas besoin de se parler parfois pour se comprendre.

2C, c’est une des meilleures et plus belles structures françaises. Je crois que c’est leur sixième titre national sur les neuf dernières années.”

A 27 ans et avec deux titres nationaux, on pense toujours au WRC ?

“La motivation on l’a forcément, nous ne sommes jamais trop vieux, et un certain Sébastien Loeb nous l’a rappelé à 44 ans en Catalogne (rires). La plus grosse interrogation, c’est le budget, comme toujours. J’ai pris de l’expérience en Catalogne même si le rallye s’est terminé tôt pour nous, mais je suis sûr que chaque expérience est bonne à prendre, et que cela m’a même servi au Vaucluse ce week-end.

Pour 2019, ce sera en fonction du budget, ce qui est certain c’est que nous ne ferons pas le Var, on se concentre avant tout sur l’année prochaine. On va en discuter avec toute l’équipe. Le but est de faire un programme complet et jouer un championnat, lequel on ne sait pas. On ne veut pas refaire comme en 2017, même si on a su rebondir après cette petite saison.”

Pour finir, je tiens à remercier quelques personnes clés qui m’ont permis de rouler cette saison. François Combronde, que j’ai déjà cité auparavant mais aussi mes deux partenaires principaux : Pijassou TP avec Damien qui m’a suivi sur toutes les manches et le domaine skiable des Sybelles, c’est un partenaire important et une fierté en tant que savoyard de porter leurs couleurs.




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Irka 73
Irka 73
2 années il y a

Vous pouvez être très fier de même que vos co-pilotes, Skoda et le Team 2 C compétition.

jacqouille
jacqouille
2 années il y a

Salut à tous, Sylvain MICHEL semble être un beau et bon champion 2018. Asphalte en 2016, terre cette année toujours avec l’équipe 2C. Bravo à eux.

Mais quel était son problème en 2017, avec YACCO je crois?