Ogier analyse sa dernière saison en WRC



Après 12 années passées au plus haut niveau, Sébastien Ogier prendra sa retraite du WRC à l’issue de la saison 2020. L’occasion était belle de revenir avec lui sur cette dernière campagne dont le calendrier a été dévoilé fin septembre par la FIA et le promoteur.

Après un rapide survol des 14 dates au programme, le gapençais met évidement en avant le retour des trois pays (Kenya, Nouvelle-Zélande et Japon) et souligne malheureusement l’éviction du Tour de Corse et plus largement de la manche française du WRC.

« Effectivement, il y a quelques changements, certains sont agréables comme les retours au Japon et en Nouvelle Zélande et la découverte du Kenya où je ne sais clairement pas à quoi m’attendre, il faudra voir, » commente-t-il avant d’aborder le sujet de l’épreuve française. « Après en tant que pilote français, le point négatif, c’est le départ du Tour de Corse qui, je l’espère, reviendra à l’avenir. Sans parler de mon opinion personnelle, c’est un rallye mythique qui procure de belles sensations de pilotage donc j’espère qu’il retrouvera vite sa place dans le calendrier. »

Le sextuple champion du monde aborde également les aspects purement sportifs soulevés par ces changements en critiquant vivement les mauvais points du calendrier actuel établi depuis quatre ans autour des trois dernières manches programmées.

« Dans les choses à retenir au niveau du championnat, le vrai bon point réside dans le fait que 2020 va se terminer par trois rallyes où les leaders ne seront pas désavantagés. Quand on regarde le calendrier actuel, jouer le titre en Australie, je trouve ça dommage de voir les meilleurs pilotes de la saison se battre au fond du classement pour jouer le titre. Ca ne ressemble à rien franchement. Avec deux rallyes sur asphalte et le RAC, c’est une bonne chose. »

Largement pointée du doigt par les observateurs, l’équité terre – asphalte fait une nouvelle fois partie des débats engendrés par ce calendrier. Mais du côté des pilotes, cette répartition n’est clairement pas si terrible qu’elle en a l’air, et pour le français, elle fait même partie du contexte habituel.

« Sur l’ensemble de la saison, c’est sur qu’on perd un rallye sur asphalte, il n’y a jamais d’équité entre les deux surfaces, peut être qu’il faudrait un ratio différent, mais j’avoue que je ne me pose pas trop de questions, il faudra faire avec. Après avec mon feeling, c’est certain que ces voitures sont plus faites pour rouler sur la terre que sur l’asphalte. »

Evoquée lors de la publication du calendrier 2020, la rotation entre les manches fera son apparition pour les saisons prochaines. Avec les confirmations pour 2021 des retours de l’Espagne et de la France, où encore l’absence de l’Allemagne, le puzzle se met progressivement en place et proposera sans aucun doute de réels changements entre chaque année à venir. 

« Le système de rotation, ce n’est pas une mauvaise idée. On voit bien que de nos jours, les organisateurs ont de plus en plus de mal à boucler les budgets. Donc si ils ont un peu d’air en accueillant le rallye une année sur deux, ça ne peut que leur permettre d’être mieux préparés. Il n’y a pas que du négatif dans cette décision. »

Dans un an tout juste (19 au 22 novembre 2020), le français se présentera au départ du rallye du Japon, le point final d’une carrière marquée par 164 départs en mondial (dont 1 titre mondial en JWRC, 6 titres mondiaux et 47 victoires à l’heure actuelle), et 12 années passées au plus haut niveau.

« Le Japon, j’en garde un bon souvenir. La seule fois que j’y suis allé, j’ai gagné et on avait fêté ça dans un karaoké japonais, c’était complètement fou comme ambiance mais c’est quelque chose qui marche bien là bas. C’est sûr que c’est loin de l’Europe mais si je suis champion du monde là bas, ça m’ira bien. »





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  1. Sylvain dit :

    Comme d’habitude PAS DU TOUT D’ACCORD avec qui prétendent que cela soit fun pour le « sport » qu’éventuellement un TITRE soit attribué sur un coup de balayage… et, bien évidemment, d’accord avec Ogier.

    L’an dernier Latvala a gagné l’Australie, et alors? cela a-t-il lancé une carrière? un jeune, le sport, etc. QUE NENNI la vraie course était bien évidemment ailleurs.

    Sinon on sent un Ogier toujours aussi motivé, mais aussi plus « vieux », moins polémique.

    Une fois encore qui voudra être champion sait QUI il devra battre 🙂

    • roland59 dit :

      je reste très dubitatif… mais on sait que l’on ne partage pas sur le sujet…
      est ce que ce fut le cas ces dernières années..?? non.
      inutile de revenir sur les saisons d’avant 2017, mais…
      en 17, ce fut la victoire d’Evans au Wales.. en 18 ce fut la mauvaise série des fins de saison des Tänak Neuville… surtout les soucis d’Ott aux Wales/Catalogne… le balayage n’ayant rien produit sur les effets…
      que Latvala gagne n’a pas grand chose à voir avec le fait et les propos d’Ogier sur la bagarre des 3 tops dans les circonstances qu’il mentionne et le « besoin » qu’il y aurait à diminuer le potentiel impact des 3 derniers rallye… si les 3 derniers doivent impacter le moins possible en terme d’imprévu et d’inattendu.. etc.. vaut autant finir le championnat avant ceux ci… au moins le coût en sera réellement réduit pour tous…

      • Sylvain dit :

        Enfin bon, en 2019, Ogier arrive en Australie avec combien de points d’avance?

        3 points…

        Quand Neuville fait sa boulette, il est 10ème, Neuville est 7ème… QUI est virtuellement champion à ce moment là? où est le leader du championnat du monde?!? dixième… c’est SA place dixième?!?

        C’est ça que e ne comprends absolument pas chez toi, QUEL EST LE SENS SPORTIF de voir le meilleur de la saison dernier wrc-1 en course après 5 ES ?!? dernier… surtout quand après on verra dans la Power Stage qu’avec des conditions « normales » il aurait été en lutte (bien évidemment!) pour la victoire… mais quel sens cela a-t-il?

        • Fab dit :

          Sinon, faut avoir une Toy et s’appeler Tanak pour ne pas (trop…) subir le balayage. 😉

        • roland59 dit :

          bien sûr, mais la raison d’être de la règle est de mettre le leader provisoire du championnat en ouvreur N°1 sur la manche suivante… et ainsi de suite….
          dès lors la règle vaut sur toutes les manches et pour tous les pilotes… surtout les tops.
          là, les décideurs font (à tord de mon point de vue) comme si la règle était acceptable pour les début et milieu de championnat mais qu’il fallait l’atténuer en fin de saison… quand cela ne peut pas être pleinement sportif… pourquoi..??… équité.
          sur cette fin de saison 2019, Tänak va très probablement ouvrir comme Ogier l’a fait maintes fois… Les pilotes se battant aux points, qu’ils le fassent en étant dans le top 5 ou en dehors ne change ni l’intérêt ni le suspense du résultat à venir…
          enfin , c’est mon point de vue.
          après le pilote peut toujours choisir de ne pas ouvrir… Ott le fit en 18.. pour rien.

  2. roland59 dit :

    pourquoi pas… mais curieux de mon point de vue…
    déjà les 3 tops confisquent les victoires, les équipiers ne pouvant la jouer tant que leur leader est en situation, et maintenant voilà que les impacts potentiels des 3 derniers de la saison 2020 sont diminués… déjà que dans ce sport mécanique, les « soucis » mécaniques ont de moins en moins de prise sur les résultats, fallait il « réduire/diminuer » les possibilités du final… ??
    je disais standard, marchandise… voici venue la planification du podium avant l’arrivée…
    avec un tel programme, il n’est gagné d’étoffer le peloton WRC1.