Ogier/Citroën : Un divorce en 13 actes (1/2)



Si l’histoire était évidemment belle, revenir chez Citroën représentait un défi énorme pour Sébastien Ogier, tant la C3 WRC n’avait pas convaincu lors de ses deux premières saisons.

Au cours de cette année composée de 13 épreuves, le français est passé par toutes les émotions avec le constructeur français, par la joie avec tout de même 3 victoires à la clé, jusqu’à l’agacement avec des moments plus décevants à cause d’une C3 WRC en manque de progrès et terriblement inconstante en fonction des terrains rencontrés.

A la mi-saison toutefois, le français était encore parfaitement au contact du futur champion monde (4 points de moins que Tänak après la Sardaigne). Retour sur cette première partie de saison, composée de huit épreuves avec six podiums à la clé pour le français dont deux victoires.

Monte-Carlo : Des débuts rêvés (Victoire)

Sébastien Ogier de retour chez Citroën, l’association gagne dès cette première épreuve avec une victoire de prestige pour la marque française qui fête alors son 100e succès en WRC. Mais tout n’a pas été simple pour le gapençais, victime d’un problème d’accélérateur le dimanche et talonné tout le week-end par Thierry Neuville.

« Vous savez que c’est le rallye que je veux gagner le plus dans la saison, c’est pourquoi je suis si heureux maintenant. Nous avons eu ce problème avec l’accélérateur et c’était difficile. Je suis très heureux. Six années consécutives avec trois voitures différentes! « 

Suède : Premier raté (29e – 2e du championnat)

Sortant d’un Monte-Carlo réussi, Sébastien Ogier s’attendait à souffrir en Suède et cela a été clairement le cas. En position d’ouvreur le vendredi, le français tape un mur de neige et reste bloqué dedans, renonçant sur le coup. Pour la suite du week-end, il signe tout de même trois scratchs avant de marquer deux petits points en Power Stage.

Mexique : Un sursaut rapide (Victoire – 1er du champ.)

Sur un terrain où la C3 WRC a déjà montré de grandes qualités (victoire en 2017), Sébastien Ogier a été impérial, s’emparant de la tête à partir de la cinquième spéciale. Seule une crevaison le freina dans sa progression. Sur cette épreuve, le français a répété a plusieurs reprises que son feeling avec la C3 était très satisfaisant.

Tour de Corse : La mauvaise surprise (2e – 1er du champ.)

Le savoir-faire des Rouges sur l’asphalte n’est plus à prouver, mais pourtant,  la surprise est de taille au Tour de Corse avec une voiture hors de forme, bien loin de ses rivales. Malgré des changements de réglages multiples, rien n’y fait et le français se bat avec une voiture « qui ne tourne pas » pendant trois jours. Grâce à différents faits de course et une détermination sans faille, il finit à une miraculeuse deuxième place. Désabusé par les performances de sa monture, le français ne donne pas tout dans la Power Stage, conscient qu’il n’avait aucune chance. Lors de cette épreuve, sa C3 connaît en plus des problèmes moteur.

Argentine : Retour sur terre difficile (3e – 1er du champ.)

Si le premier jour est positif (2e) malgré un commentaire qui l’est moins « Quelque chose dans la performance de la voiture n’est pas OK », la suite est bien plus contrastée. Le samedi, et alors qu’il est en bagarre avec ses rivaux pour le titre, la direction assistée de sa C3 le lâche et l’écarte de la bataille pour la victoire. Le dimanche, le français n’est toujours pas à l’aise avec sa monture, n’arrivant pas à obtenir assez d’adhérence : « Je n’ai aucun grip avec la voiture et ce n’est pas bon. Je me bats avec ça. J’aurais besoin de plus de vitesse de ma voiture. »

Chili : Intouchable Tänak (2e – 1er du champ.)

Thierry Neuville très vite éliminé, Sébastien Ogier se retrouve rapidement esseulé à la deuxième place derrière un Ott Tänak supérieur. Au terme de la première étape, le français reconnaît cette domination : « Je ne peux suivre le rythme de Tänak ». Le lendemain, le pilote C3 a rappelé à plusieurs reprises que sa voiture n’était pas parfaite avec du sous-virage.

A l’arrivée, il se bat finalement face à Sébastien Loeb pour la deuxième place et devance son compatriote pour seulement sept secondes. A noter qu’un extincteur de sa C3 WRC lui aura fait une mauvaise surprise en se déclenchant dans la Power Stage !

« C’est une bonne deuxième place au Chili après une bataille intéressante avec Loeb . »

Portugal : Seb fait de la résistance (3e – 1er du champ.)

Leader du championnat en arrivant au Portugal, Sébastien Ogier ouvre la route et se montre incapable de suivre le rythme d’Ott Tänak et des Toyota. Le samedi, le français fait jeu égal face à ses rivaux mais sans parvenir à faire la différence. Le dimanche, il déroule pour préserver ses pneumatiques avant de signer le scratch dans la Power Stage.

« A cause » d’un Tänak tacticien dans la Power Stage, le français conserve la première place du championnat et s’attend déjà à un rallye de Sardaigne délicat.

Sardaigne : Une faute qui fait mal

Ouvrant la route sur l’un des terrains des plus pénalisants de la saison, Sébastien termine la première boucle au 9e rang avant de taper un rocher dans l’après-midi, touchette le contraignant à l’abandon. La suite n’est pas plus positive avec un nouveau problème de suspension le samedi et des chronos quelconques. Le dimanche enfin, il préserve largement ses pneus le matin avant de s’offrir le 2e temps dans la Power Stage.

« Ce n’est pas un week-end positif pour nous, mais c’est le sport automobile, nous devons l’accepter. Nous reviendrons en Finlande et essayerons de nous défendre. »

=> A mi-championnat, le français est totalement dans le coup pour le titre mais les performances de sa voiture, notamment sur asphalte, inquiètent. Du côté de son équipe, des évolutions sur le train avant tardent à arriver, mais sont attendues pour la reprise en Finlande.





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  1. RALLYE WRC dit :

    jamais 203 ?????

  2. jeanfrancois dit :

    Très intéressant cette lecture
    Je vais attendre l acte 2 pour m exprimer sur ce sujet .
    Ce championnat à tiré Citroën vers le bas .
    Après je vais pas casser trois pattes a un canard .

  3. Trab dit :

    Pendant que ça cause Mr Tavares sourit: moins il dépense en sport auto et plus il vend ses autos et plus PSA sort du résultat ! Sauf en Chine certes, pays qui se fout du rallye.
    Personne ne peut contredire. Le sport auto est devenu pour lui quelque chose de très mineur – même si aucun grand constructeur ne s’en passe Sauf Fiat – l’intégration au top d’Opel et maintenant l’accord avec Fiat Chrysler vont accaparer toute l’énergie. Et la passion du personnel ? Terminé aussi cela, 99% préfère prendre 3000 e d’intéressement plutôt que voir Citroën champion du monde. Même si les 2 auraient peut-être pu être possible à 10 millions d’euros près..

  4. cachcam dit :

    On atteint le grand n’importe quoi, malheureusement bien dans l’air du temps : on vénère le dieu fric celui qui tue le spectacle mais fait gagner les coulisses qui n’ont rien à faire du sport concerné ! et ceci tout sport confondu !
    Vive le hornus (= un sport traditionnel pratiqué en Suisse. Le principe consiste à frapper à l’aide d’une longue tige flexible un palet,… j’imagine la tête de certain directeur d’équipe prendre la place du palet et en prendre plein la gueule). Ah le plaisir de voir ces futures Huyndai plantées dans le talus, en panne en bord de spéciales ou en manque de motricité ailleurs. Quel bordel cette équipe aura réussi à mettre dans le sport qui nous réuni. Cela me fait penser au Grand Real Madrid, il y a déjà bien des années, qui avait engagé les plus grands joueurs européens pour tout bouffer et qui ses sont retrouvés sans aucun titre en fin de saison. Savoureux !-)
    Et pour finir mon coup de gueule, les jeunes pilotes formés principalement par la seule équipe qui n’est pas d’usine – salut Malcom – devraient lors de leur transfert dans d’autre équipe payer une somme importante, histoire que le dindon ne se retrouve pas toujours dans la même basse cours.
    Merde ! mon sport favori part en couille et ça me gonfle au plus haut point.
    A bon entendeurs salut

  5. Dr no dit :

    Bravo rs, merci pour ce récapitulatif bien détaillé, d’une première moitié de saison…

  6. jluc13600 dit :

    J’entends les inconditionnels de Monsieur Ogier dire que Citroen lui a donné une mauvaise voiture.
    pourtant victoire au MC. Ah oui c est grace au talent . Certainement! Donc après il y a moins de talent.
    Jusqu a la victoite suivante ou c est encore le talent. Citroen a choisi Ogier pour son talent et Ogier a choisi Citroen en tout connaissance de cause.
    Il n a pas voulu allez chezToy (soi disant Toy lui aurait donné un veauà conduire C est dire qu il ne voulait pas d Ogier?? Soyons raisonnable et objectif.
    Pour une fois et malgré le respect que j ai pour ce pilote (entre autre)., je pense qu il n a pas digéré de ne pas avoir réussi son pari. Et si citroên a une part de responsabilité le pilote en a une aussi .
    Mais les deux egos ne veulent pas assumer. Dommage pour le Sport
    Maintenant il y a balle au centre

    Allons soyons raisonnables et objectifs.

    • Mehdi dit :

      Je suis entièrement d’avis en tout point, je dirais même que le premier responsable et le pilote,y me semble que c’est le pilote qui remonte les infos sur les points à corriger !!!!! Même si l’erreur et humaine, mais j’ai de plus en plus de mal avec ça communication

  7. Josselin PARANT dit :

    Bravo pour l’article RS !!

  8. rh74 dit :

    Très intéressant le retour sur la saison 2019. Ça va nous remettre les idées en place.
    On remarque 2 fautes à mettre à l’actif d’Ogier sur cette première moitié de saison. Sans doute déjà beaucoup.
    On remarque dans le même temps qu’à 4 reprises la C3 a montré des signes de faiblesse avec des issues différentes. L’extincteur dans la PS n’ayant pas le même impact que la direction assistée en Argentine.
    Le but n’est pas vraiment de faire de la comptabilité en soi mais plus de montrer qu’il y a une forme de torts partagés.
    Mais maintenant si l’on s’intéresse à la manière dont Ogier a engrangé les points, dites moi à quel moment il a été impérial? Le mexique peut être mais la C3 y est réputée pour être performante tant le moteur s’acclimate à l’altitude.
    Tout le reste, ce sont des résultats à l’arrache. Et l’argumentaire qui consisterait à dire « mais de quoi ce plaint ce mec alors qu’il fait 6 podiums sur 8 » ne tient pas. Sans offenser les autres pilotes l’écart entre Ogier/Tanak/Neuville et les autres est abyssal. Donc finir 3ème sur un rallye c’est presque être le dernier des meilleurs. Cette saison, Ogier n’a presque jamais été en mesure de dicter un rythme. Ça n’est pas le cas pour Neuville et Tanak. Et traîtez moi de fanboy si ça vous fait plaisir mais je pense que la voiture a sa part de responsabilité. Et ne dites pas « oui mais avec M-sport il était toujours très juste dans la gestion de ses courses »(cf l’épicier). S’il est arrivé chez Citroën c’était précisemment pour asseoir une nouvelle domination, en dictant le rythme, avec le soutien fort d’une équipe usine. Tout cela n’a jamais existé parce que Citroën est resté petit et petit il restera.

    • roland59 dit :

      c’est surtout Tänak/Toy qui imprimait le rythme… dans des circonstances aéro que l’on sait… Ogier et Neuville tentait de limiter.
      il n’est absolument pas question de fanboy, mais les 3 dernières saisons nous montrent qu’aucun pilote ne peut dominer comme ce fut le cas auparavant. alors je ne vois pas bien comment Ogier aurait pu (penser) asseoir une nouvelle domination en rejoignant Citroën sur une C3 toujours délicate et perfectible après le vécu Fiesta avec Ott, la compétitivité progressive de la Hyundai et une Toy qui avait déjà montré de grosses dispositions en 18 déjà aux mains d’Ott.
      je pense qu’il savait très bien que çà ne serait pas facile… et çà ne le fut pas. comme Neuville, il a commis 2 fautes qui lui coûtent. quand Ott n’en fit quasi pas. après chacun eut des soucis divers et à l’arrivée le plus constant et régulier l’emporta… comme en 17et18. mais avec plus de panache en 19.
      que l’usine ne fut pas suffisamment réactive, c’est possible, qu’Ogier ne fut pas suffisamment impliqué dans les essais et déterminant dans les choix et réglages est possible aussi.
      je crois même me souvenir qu’il y avait eu une erreur de réglages sur une manche (je ne sais plus laquelle) ou la C3 s’avéra inefficace.
      donc je pense que les 2 parties ont à assumer leurs responsabilités sur toute la saison et avancements et sur ce divorce. çà me paraît presque évident.

      • rh74 dit :

        S’il ne va pas chez Citroën dans le but d’avoir une plus grande marge de manoeuvre et de façonner la C3 à sa manière alors je ne comprends pas son choix

        • roland59 dit :

          retour aux sources… et sans doute le souhait partagé d’aller chercher un titre que Citroën attend tout autant que Hyundai.

    • Mehdi dit :

      L’estincteur et là D.A ça fait partie du sport mécanique, on peut dire que la Citroën n’a jamais été à la hauteur, mais la question est pourquoi l’auto n’a jamais progressé avec les différentes évolutions ? Ça serait trop simple de dire que toutes les Evo apporté serai loupé !!!! Pour moi le premier responsable est le pilote qui donne la direction, et on c’est très bien que si la première direction donné est mauvaise, toutes celles qui suit le seront aussi.
      Alors oui les tors sont partagés, mais à aucun moment Ogier reconnaît qu’il aurait peut être pû ce trompé, et ça j’ai de plus en plus de mal avec ça comme

  9. Michel CLAUDE dit :

    Bonjour,
    je considère qu’un pilote avec un contrat et un salaire probablement très correct doit faire le  » job » et tout ce qui va avec pour convaincre son patron d’avancer et pour que la gagne soit possible et …surtout , de faire abstraction des états d’âme ou commentaires quelconques évidemment nuisibles
    à la marque ,de plus, c’est de l’énergie gaspillée !!!…il était au service de
    citroen sport >>>point. (c’est pas lui le patron ,encore eu-t-il fallu le lui dire) ,Michel CLAUDE

    • Dudule13780 dit :

      Oui, mais Citroen n’était pas à son service.
      Tout est dit. Je pense que lorsqu’on a 6 titres, on est capable de dire si la voiture est performante ou pas.
      Ce n’est que mon petit avis.
      Citroen ne se gênait pas pour virer ses pilotes auparavant…

    • pekadi dit :

      Bien d’accord, dans la vie courante, et pour quasi tout le monde, c’est comme cela que ça se passe.
      Mais bon, Ogier n’est pas tout le monde.
      Et aussi, de manière très générale, le respect n’est plus monnaie (si je puis dire) courante …

    • Rémi dit :

      Citroën avait qu’à faire voir a Ogier qu’ils pouvaient faire une bonne voiture mais malheureusement ils ne voulaient pas mettre plus de budget du coup la voiture était très faible

    • vince 63 dit :

      Il a fait le job c est citroen qui n à pas fait le sien désolé mr…

      • Mehdi dit :

        En gros Ogier n’a aucune responsabilité !!!!!
        Malgré le budget il y a quand eu des évolutions apporté, qui ne donné pas assez satisfaction
        Mais qui donne les infos au ingénieur ?

  10. pekadi dit :

    A ce stade (Sardaigne), si Ogier n’a pas plus de points, c’est dû davantage à des fautes de pilotage (Suède et Sardaigne) qu’au manque de performance de la voiture … Ca, c’est une réalité aussi …

  11. natlin dit :

    le premier divorce date de 2011, ejecte car il prenait des victoires a loeb,
    le deuxieme divorce date de 2019, une voiture a la rue, la c’est lui qui se barre,
    1 partout, balle au centre et fin du match
    le boomerang revient toujours!