Pellier : « Je n’avais pas fait ce scénario »



Arrivé en position de force au Cardabelles pour l’avant-dernière manche de la 208 Rally Cup, Laurent Pellier ne s’est pas loupé, remportant le titre en signant au passage un nouveau podium.

Déjà titré en championnat de France des rallyes Junior (2015), le pilote haut-savoyard compte déjà un CV impressionnant à seulement 22 ans. Dans cette nouvelle chronique, Laurent revient sur cette semaine dorée, entre pluie lettonne et poussière aveyronnaise. En fin de semaine, le pilote Peugeot évoquera « l’après » dans une nouvelle chronique.

En Lettonie, tu as pu participer une nouvelle fois au Junior Expérience. Comment s’est passée cette nouvelle semaine ?

« Pour le coup, la Lettonie était la plus intense des trois. Avec les Cardabelles à enchainer, notre semaine s’est résumée à faire les reconnaissances, faire une heure de sport, et surtout une journée de coaching avec Urmo Aava, ancien pilote Suzuki. Alors pour commencer… là-haut il n’y a rien sauf la pluie. Tellement rien que c’était régime forcé pendant les reconnaissances. Heureusement qu’on a des réserves! La particularité des spéciales en terre est que se sont leurs routes de tous les jours. Du coup, les spéciales sont souvent larges et très très rapides ! L’exercice était sympa, cela nous a montré de nouvelles pistes de progrès pour ma prise de note, par exemple. Pour le coaching, on a roulé avec une Fiesta R1. Au premier freinage je me suis emmêlé les pieds, je ne savais plus freiner du pied droit ! Le roulage m’a permis de me familiariser avec le grip qui change souvent. Les sensations étaient sympas. J’ai même emmené Urmo et je crois bien que j’ai réussi à lui faire peur sur un droite à fond ! Le dernier jour nous aura réservé une belle surprise : « CANCELLED » noté sur le tableau d’affichage à l’aéroport concernant notre vol retour… Un bon coup de flip avec Benoit mais heureusement la compagnie a pu nous rapatrier ! Globalement, si jamais une idée (folle) vous prend de partir en Lettonie, surtout n’oubliez pas deux choses : votre parapluie et un K-way ! »

A ton arrivée au Terre des Cardabelles en position de leader du championnat, quel était ton état d’esprit ?

« Mon approche était similaire aux autres rallyes. Honnêtement, je n’avais pas spécialement de pression, j’étais bien moins stressé qu’au départ du Tour de Corse 2016 sous les couleurs de l’équipe de France par exemple. On avait fait une bonne séance d’essais avec Easy Rally avant que je parte pour la Lettonie. On voulait essayer quelque chose de nouveau par rapport au set-up, ça me plaisait bien, je sentais mieux la voiture que sur les autres épreuves, donc tout était réuni pour bien faire ! Ma plus grande crainte était la crevaison. Dans la première spéciale j’ai trop assuré par rapport à ça justement. Je pensais que le premier passage dans le Camp serait bien plus détruit mais au final nous réalisons un temps totalement identique avec Efren ! C’était fun, la bataille était lancée. Au terme de la première boucle nous étions troisièmes, dans le match pour la victoire. Ce n’était pas à nous de prendre des risques alors on faisait une course d’attente, on sortait régulièrement des rails pour ne pas crever, mais j’essayais quand même de mettre du rythme pour ne pas me déconcentrer. »

Une 4e spéciale difficile pour toi, mais à l’arrivée, c’est le titre en 208 Rally Cup. Quel était le plus difficile à ce moment ? Rester dans ta course ou réaliser que tu étais champion ?

« Effectivement, à la sortie d’un droite on s’est retrouvé dans un nuage de fumée, on était en train de rattraper Masclaux qui avait tordu un demi-train. Heureusement, 1km plus loin environ il s’est garé, mais lorsqu’on l’a doublé il y avait toujours de la poussière ! J’avais l’impression d’être dans un cauchemar. La voiture qui s’élançait devant nous (3 minutes plus tôt), s’était arrêtée et venait juste de repartir. On « se l’est collé » jusqu’à l’arrivée. Entre temps on s’est retrouvé à côté de la piste et avons failli nous mettre dehors pour un truc tout bête. La poussière c’est vraiment pire que le brouillard, l’expression « ne pas voir le bout de son capot » prend tout son sens. Forcément à l’arrivée j’étais dingue, on avait passé tout les pièges de spéciales et on lâchait un temps énorme sur un fait de course que l’on ne maitrisait pas. Au point stop, on nous informe que Llarena semble être arrêté dans la spéciale. Cette première info me détend car je me dis que nous perdrons probablement moins de temps que lui qui doit avoir crevé. Puis quelques secondes après, l’ingénieur du Team Saintéloc nous informe que le moteur de Llarena est cassé. Je n’avais pas fait ce scénario, pour moi la bataille se jouerait jusqu’au point stop de la dernière ES. Du coup, je ne savais pas encore que nous venions de gagner le titre ! On a encore fait la deuxième spéciale de la boucle sur la retenue, car pour moi nous devions encore marquer de précieux points. Avant la dernière j’ai pris le temps de bien calculer avec mon entourage et puis non c’était bien bon ! Alors, à ce moment là, j’ai dis à Benoit, qu’il fallait qu’on se la joue grand seigneur, en remontant sur les leaders pour gagner ! A cet instant, nous avions 37,9 secondes de retard sur le premier. »

Avec ce titre en poche, comment s’est poursuivi ton rallye ?

« Du coup, dans la dernière du samedi, on fait le scratch ! Le lendemain, il nous restait encore 30s, alors pour la première boucle on a tenté de retailler nos pneus. On avait pas grand chose à perdre de toute façon ! Je ne sais pas si c’était mieux, mais en tout cas on avait réduit notre retard de moitié sur Lario. Mais Pinheiro qui roulait fort, était bien remonté sur lui également ! D’ailleurs on a failli se mettre une cacahouète juste avant l’arrivée… Cela faisait bien longtemps qu’il n’y avait pas eu ce « vide » de son dans l’auto entre Benoit et moi ! L’après midi a été plus délicate. Lors du regroupement nous avons appris les tragiques accidents de la matinée. Cela nous a mis un gros coup sur le moral, c’est vraiment horrible quand le sort s’acharne ainsi. Nous avons essayé de poursuivre sur notre lancée malgré tout, mais avons été interrompu par la sortie de route de Cecchi qui s’élançait juste avant nous. Avec un temps forfaitaire dont nous ne connaissions pas l’issue nous avons décidé de finir tranquilou ! »





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