PL.Loubet : « J’avais peur d’être à la rue complet »



Largement repoussés à cause du COVID-19, les débuts de Pierre-Louis Loubet dans la catégorie reine ont pu avoir lieu ce week-end en Estonie.

Auteur d’un samedi prometteur pour ses premiers kilomètres avec une WRC sur terre et sa découverte de l’Estonie, le corse a été moins en réussite le lendemain, cassant une biellette de direction après un contact léger à l’intérieur d’un virage. Au final, on retiendra surtout les performances du français sur la grosse journée du samedi. Lors de cette étape, il a été capable d’évoluer à moins d’une seconde au kilomètre des meilleurs et même s’intercaler parfois entre les Ford Fiesta WRC officielles.

Comme après chaque manche WRC, on revient sur ce week-end avec Pierre-Louis.

Tu viens de terminer ta première manche du championnat du monde au volant d’une WRC. Quel est ton bilan ?

« C’est positif, je suis quand même content. C’était un rallye particulier où tous les pilotes avaient déjà roulé sauf Ogier.

J’estime que je n’ai pas été parfait ni nul. Il faut bien se rendre compte que le niveau est exceptionnel et n’est pas comparable à celui du WRC-2. Le samedi matin, les conditions n’étaient pas simples pour moi car on avait tout à découvrir, on ne savait pas encore comment la voiture allait réagir. Les conditions étaient tellement extrêmes pour moi, j’avais trop de choses à analyser, j’étais un peu en apnée. L’après-midi, je me suis vraiment régalé, j’étais plus libéré et les chronos étaient meilleurs. Le terrain avait séché et on a pu faire des temps à 7/8 dixièmes au kilomètre du scratch avec moins de balayage en fin de journée. Sans la boulette de l’ES6 (tout-droit), j’aurais été très proche des Fiesta. Au final, avec une voiture de l’an passé et en voyant les performances des Hyundai avec les évolutions 2020, on se dit qu’on peut être satisfait de nos performances malgré cette erreur qui écourte un peu le week-end.

Dans l’ensemble tout le monde était content car on savait que cette épreuve ne serait pas à notre avantage. Sur un terrain aussi rapide, rouler pour une première fois en WRC, ce n’était pas le mieux. »

Quel est ton sentiment quand tu comprends que ton rallye s’arrête dimanche matin ?

« Sur le moment, je suis dégouté, je me suis dit quel con ! Quand tu fais une grosse connerie, tu t’en veux énormément, mais après réflexion, je me suis dit que je n’ai pas eu les astres de mon côté. D’autres ont eu des chaleurs à 150 comme Suninen et Tänak mais sont à l’arrivée, c’est comme ça.

Sur mes notes, j’ai un simple droite 110, ça s’est joué à rien. J’ai la roue avant-droite qui a dépassé de quelques centimètres le pare-chocs et j’ai appuyé la roue au mauvais endroit. Je suis retourné à l’endroit de l’impact, et au final, on a pris le côté d’une souche et on m’a expliqué que cela a touché le triangle puis la biellette de direction, et cette dernière a cassé au freinage suivant.

Avant ça, j’avais fait une mauvaise spéciale dans la première après s’être complètement trompé de setup. On voulait assouplir l’auto mais finalement, cela a fait l’inverse. On avait corrigé ça sur la liaison avant l’abandon dans la suivante. »

Maintenant, direction la Turquie dans moins d’une semaine sur un terrain encore nouveau pour toi.

« Pour la Turquie, je n’ai aucun essai programmé et je n’ai aucune expérience là-bas. Le terrain sera très différent et il y aura beaucoup de choses à apprendre forcément. J’aurais deux spéciales le vendredi soir avec une bonne position sur la route pour essayer de bien me placer. On va essayer de ne pas trop repartir devant le lendemain, on verra bien. Ce rallye peut me rappeler des conditions que j’ai rencontré au Portugal quand je roulais avec les DS3 R3.

Pour me préparer, je regarde les caméras embarquées sur WRC+, comme tout le monde. Pour chaque spéciale, je prends la caméra du pilote le plus rapide et je regarde 2 à 3 fois. Je ne fais pas plus car cela enlève le côté instinctif ensuite et c’est quelque chose de primordial à garder en rallye. »

Ce week-end, avais-tu des objectifs de performance avant le départ ?

« Je suis content de n’avoir jamais été largué, je suis soulagé. J’avais peur d’être à la rue complet et de me retrouver « seulement » devant les WRC-2 comme d’autres avant moi qui ont démarré avec la WRC. J’ai toujours tendance à me remettre en question donc quand j’ai vu les premiers chronos, c’était vraiment bien de sentir dans le coup. Le niveau est vraiment très élevé.

Enfin, je n’oublie mon équipe 2C qui a encore montré qu’ils sont super professionnels. Ils sont déjà au boulot ce matin pour préparer la voiture pour la Turquie. »




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MARSEILLE
MARSEILLE
2 mois il y a

Bravo rentrée dans le monde du WRC réussie

Seb73
Seb73
2 mois il y a

Il est bon loubet
Ca fait plaisir
Quell age a t il?