Que sont-ils devenus ? #19- Rémi Jouines



Avec une saison actuelle à l’arrêt, le moment est idéal pour s’intéresser à ceux qui vous ont émerveillé dans les années 2000, avec de jeunes pilotes aux dents longues mais aussi des pilotes aguerris, prêts à se dépouiller sur les routes des championnats de France asphalte et terre.

Encore plus qu’aujourd’hui, les formules de promotion étaient d’une densité folle avec des plateaux dépassant parfois la trentaine de concurrents au départ, tous prêts à se battre pour le moindre dixième. Parmi eux, certains ont atteint la gloire, avant de disparaître peu à peu des radars des rallyes et du public.

Faits marquants en carrière

2015Champion Opel Cup (Opel Adam Cup)
2013Vice-champion Opel Cup (Opel Adam Cup)
2011Vice-champion Volant Peugeot (Peugeot 207 R3T)
2002Début en rallye (Peugeot 106 XSI N1)

Vainqueur de la formule Opel Adam Cup et passé tout proche du titre en Volant 207 , Rémi Jouines est le dix-neuvième pilote à répondre à notre invitation pour cette rubrique : « Que sont-ils devenus » ?

Quelle est ton activité aujourd’hui ?

« J’habite du côté de Béziers dans l’Hérault. Je suis commercial dans un garage de pièces détachées auto géré par ma famille : « Beziers Pièces Auto ». A côté de ça, je fais du sport, on va dire que je m’entretiens avec du footing et de la natation.

Je suis d’assez loin les rallyes d’aujourd’hui, vraiment de temps en temps. »

A quel moment as-tu ralenti tes programmes en rallye ?

« Jusqu’en 2016, j’ai été très régulier chaque saison. J’avais toujours un programme complet en formule de promotion afin de viser le titre. Cela me prenait pas mal de temps car je montais toujours ma voiture, en étant à 3/4 du temps seul.

Toute cette activité avant et après les rallyes demande beaucoup d’énergie et génère aussi beaucoup de stress. Après 2015 et ma victoire en Opel, je n’ai pas trouvé de formule de promotion vraiment accessible, sans moyen de quasiment m’auto-financer comme avant.

J’ai réussi à m’engager quand même dans le trophée Clio. Si je terminais dans les trois premiers sur chaque rallye, je pouvais faire 5 manches sur 6, même si ça aurait été tendu.

En début d’année 2016, je faisais partie d’une liste de 8 pilotes pour l’Equipe de France FFSA. Je savais que la sélection allait se baser sur les résultats du début d’année en vue d’une participation au Tour de Corse. Donc je démarre en Clio en terminant 2e au Charbo, c’était plutôt bien parti. Et à Antibes, je fais une quinzaine de tonneaux. Caution encaissée et plus de budget. C’était forcément la fin du championnat.

Pour moi, à ce moment là, les formules de promotion étaient terminées. J’étais arrivé au bout. Cela représentait trop de stress et j’étais à saturation. »

As-tu eu des opportunités de revenir ensuite ?

« De 2017 à 2019, j’ai roulé à bas coût sur des rallyes du coin mais aussi sur deux manches du championnat de France des rallyes Terre. La 207 R3T est une voiture très économique.

Pour cette année, j’ai commandé la nouvelle Clio pour repiquer au truc. C’est une voiture proche de la série avec un coût d’entretien pas trop important. Je la reçois normalement début juillet et j’ai le budget pour les 3 premières manches. On verra ensuite pour les primes.

J’aurais un objectif différent d’avant où j’avais l’espoir de viser le titre chaque saison. »

Quel a été le meilleur moment de ta carrière ?

« Le Cévennes 2015 où je gagne le titre avec l’Opel même si c’est un peu cliché. Beaucoup de bagarres en formule de promotion et le titre attendu au bout.

Le Cévennes 2011 encore lui. En Volant 207, on démarre la dernière spéciale avec 10s de retard sur Audirac et on lui reprend 27s sur 37,41 km. C’était une sacrée bagarre. On gagne finalement la manche mais on perd le championnat pour un petit point face à Bonnefis qui devient pilote Peugeot en S2000.

Enfin, je repense au Limousin 2013 en Opel avec une bagarre face à Bonato qui était un sacré client. C’était un truc de fou, on gagne finalement pour 2s3. Avec les pneus « slicks » de l’Opel sur la pluie, ce n’était pas évident ! »

Quelle a été la voiture préférée dans ta carrière ?

« L’Opel Adam Perfo que j’ai remporté après avoir gagné la coupe Opel en 2015. J’ai fait un rallye régional (l’Hérault) avec et j’ai pris vraiment beaucoup de plaisir. C’est une super auto. Une vraie auto de course, tout est au top dessus même si c’est « seulement » un 1600.

J’ai également pu rouler à une reprise avec une Renault Clio R3 Acess grâce à une opération menée par Chazel. C’est également une très bonne auto. »

Quel copilote t’as le plus apporté ?

« Je pense principalement à Arnaud Mahéo, qui est en plus un de mes meilleurs amis. Nous nous sommes connus quand on avait une vingtaine d’années. Il a été formé avec son père sur la terre dès l’âge de 16 ans. Les copilotes démarrant sur terre sont souvent très bons tout de suite.

Cela s’est super bien passé entre nous d’entrée. On s’entend super bien et on va repartir ensemble avec la Renault Clio. »

Si tu devais refaire un rallye aujourd’hui ? Ce serait lequel et avec quelle voiture ? (Budget illimité)

« J’aimerais bien une Porsche GT3/GT+, comme celle de Cosson ou Rouillard avant. Pour un Cévennes peut-être même si ce n’est sans doute pas l’idéal avec cette voiture. Donc plutôt le Rouergue on va dire ! »

Que penses-tu globalement du rallye français aujourd’hui, du championnat asphalte avec les R5 mais aussi des formules de promotion ?

« Je pense que le niveau est bon parmi les pilotes du R5. En formule de promotion, ça va toujours très vite. Le problème se situe au niveau du budget. Pendant que certains peuvent rouler avec un bon budget, d’autres sont à l’arrêt alors qu’ils seraient plus performants.

A titre de comparaison, la Peugeot 207 R3T que j’utilisais coûtait moitié moins qu’une Peugeot 208 R2.

Aujourd’hui, je pense qu’il est un peu plus dur de s’engager en formule de promotion. J’ai pu me débrouiller en montant des autos de mon côté pour réduire les coûts, mais je ne sais pas si c’est encore vraiment possible. Ce serait encore faisable de débuter en formule de promotion à l’époque actuelle, mais plus difficilement clairement. »

As-tu des regrets ?

« Oui je pense à la saison 2011. J’étais un peu trop seul pour cette saison là. Je perds pour 1 point en volant 206 face à Bonnefis. J’aurais du faire les choses différemment et faire confiance à une équipe pour m’aider, comme lui avec PH Sport. Moi, j’étais entouré d’un copain mécano, et c’était peut-être insuffisant.

J’ai manqué de temps pour bien faire les choses comme regarder des embarquées par exemple. J’aurais été moins fatiguée et plus serein. C’est un souci de gestion général au final. »




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Bazire
Bazire
1 mois il y a

Encore un JM !….trop forts ces héraultais ..