La Twingo R1 triomphe au Monte-Carlo



Présente aux côtés de Stéphane Brunier dans la seule Twingo R1 engagée au Monte-Carlo, la copilote haut-alpine Marine Delon revient sur cette épreuve.

Passé le dernier obstacle du samedi soir (être dans les 60 premiers), l’équipage n°118 a pu franchir la ligne d’arrivée à Monaco, avec la 55e place finale et la victoire en RC5 face à une Suzuki Swift N2.

Marine, tu étais aux cotés de Stéphane Brunier au rallye Monte-Carlo 2016, comment se sont déroulées les deux journées de reconnaissances ?

Très bien, nous avons attaqué les reconnaissances par les deux spéciales courues le dimanche en course, dont le mythique col du Turini. Puis nous sommes redescendus sur Gap via Entrevaux-Rouaine et Barles-Seyne, nouvelle pour cette dernière et super sympa! Le mardi a été une journée de recos bien remplie, nous avions la chance d’être à domicile donc ça nous a un peu facilité la tâche ! Le mercredi matin s’est bien déroulé, avec la spéciale de Corps puis les 2 du Champsaur, elles se bouclaient bien et ce sont des spéciales que j’apprécie beaucoup, surtout si elles sont bien enneigées ! Il en manquait un peu mais c’était déjà super!

Première journée avec un nouveau shakedown le mercredi ?

J’aime beaucoup cette route de la Garde où nous avons fait le shakedown. On y trouve de tout, du sérré, du rapide, bref c’est bien varié. La route s’est dégradée très vite, mais c’est un shakedown, les passages y sont multipliés, donc c’est un peu normal ! De notre côté, les réglages sur une Twingo R1 sont un peu limités ! Donc on a fait 3 passages surtout pour prendre nos repères ensembles vu que nous n’avions jamais été dans la même auto avant ça, et que Stéphane reprenne un peu la voiture en main, nous n’avions pas fait d’essais, on a voulu éviter de la casser avant !

Jeudi, les deux premières spéciales de nuit de 21 et 20 km ?

Comme beaucoup de concurrents je pense, on a voulu rouler sans prendre trop de risques. C’est trop d’investissement pour que tout s’arrête si vite. De plus, on souhaitait vraiment rouler chez nous, devant nos sponsors, familles, amis, grâce à qui on a pu prendre le départ.

Malgré cette prudence, on s’est bien régalés dans ces spéciales, pour ma part surtout celle de Barles, elle me plaît bien !

Vendredi, trois spéciales à parcourir deux fois ?

Là, on était à la maison. Ces routes, on les connait, de part des rallyes régionaux qu’on fait par là, notamment l’hivernal Hautes-Alpes et la Matheysine. J’en gardais un excellent souvenir, et je ne m’étais pas trompée ! Des spéciales plutôt « courtes », mais qui ont leur charme. Et puis on a eu droit à nos tourtons (spécialité locale) à l’arrivée des spéciales du Champsaur, c’est ça l’hospitalité haut alpine !!!

Comme je le disais plus haut, ca manquait un peu de neige à mon goût. Avec notre petite auto, c’était un peu notre « seule chance », malgré qu’on n’ai pas d’autobloquant. Après, on s’est bien éclatés et les temps étaient pas trop mauvais, donc c’est pas si grave !

Samedi, grosse journée avec une spéciale de 51 km à faire deux fois et la réputée  » Sisteron-Thoard  » ?

La spéciale de 51km Lardier-Faye est ma préférée. Déjà parce que pour moi elle est synonyme de pleins de choses, ma grand-mère étant originaire de Lardier, par exemple, ou encore de bons souvenirs en course avec des amis sur ces mêmes routes. J’adore cette spéciale, même si la montée soit un peu longue, et du coup pas top pour les « petites autos ». On a perdu pas mal de temps dans celle-là au premier tour, et alors que nous étions au matin 63e, nous nous sommes retrouvés à la 67e place, avec Monaco et le dimanche qui s’éloignait encore un peu plus (puisqu’il fallait rentrer dans les 60 premiers) alors que c’était pourtant si proche. Par contre, la redescente et le bosselé rapide à l’approche de l’arrivée, c’est vraiment génial !

Sisteron Thoard s’est bien déroulée pour nous, c’était compliqué à gérer, car il fallait être à Monaco, mais ne pas trop traîner non plus car sur notre tête planait toujours cette histoire des 60 premiers. Finalement, on rentre 57e samedi soir, premier pari réussi!

Dimanche, col du Turini et col de l’Orme-St-Laurent à faire dans les Alpes-Martimes ?

Dimanche matin, nous avions plus de 4 minutes d’avance sur notre concurrent direct à la classe, nos amis Julien Villard et David Rouhaud. Aussi, on est restés en thermo alors qu’il fallait des slicks. On n’avait pas forcément les moyens de racheter 4 pneus, qui ne serviront pas le reste de l’année puisque Stéphane ne se sert de la Twingo quasiment qu’au Monte-Carlo. On pouvait se le permettre, donc, c’est ce qu’on a fait.

On a perdu du temps, mais au final on remporte quand même notre classe, et on a eu la chance et l’honneur de pouvoir monter au Palais Princier, qui reste à chaque fois un moment magique !

Quel bilan fais-tu de ce 84eme rallye Monte-Carlo ?

Un bon rallye dans l’ensemble, on a connu quelques péripéties mais au final, on s’en est sorti, en atteignant tous nos objectifs. Ce que je retiendrai, c’est qu’avec un minimum de moyens et un maximum d’envie, de motivation et de passion, on peut faire de belles choses.

Ca m’a fait énormément plaisir aussi de partager ce rallye avec les copains et copines de chez moi, puisque nous étions une dizaine de hauts et bas alpins au départ de ce rallye mythique, ainsi que de retrouver les ami(e)s du Championnat de France, que je n’avais pas beaucoup vu ces temps ci. Il y avait une vraie bonne ambiance, de celle dont on parle quand on parle Monte Carlo!

Avant le départ, l’ACM a annoncé la 85 édition toujours au départ de Gap,une bonne nouvelle pour toi, déjà envie de repartir sur ces routes myhiques en 2017 ?

Oui, d’ailleurs si demain on me le propose, je signe tout de suite !

Quels sont tes projets ou envies pour 2016 en rallye ?

Pour l’instant j’ai quelques propositions, mais rien de réellement définitif. On verra bien, j’espère surtout pouvoir encore profiter et rêver encore et encore, mon casque sur la tête et mon cahier dans les mains !

As-tu des personnes ou partenaires à remercier ?

Oui bien-sûr, tout d’abord Stéphane pour sa confiance et sa super descente de Moissière où je me suis totalement éclatée !

Toute notre équipe d’assistance Didier Giraud, son fils, Guillaume, Lucas et Elisa.

Manue, qui a fait tellement….

Nos mascottes officielles, Sohane et Naomie.

Nos ouvreurs Romuald Richaud et Jean-Michel Oliveira qui ont fait un travail formidable, il ne manquait pas une plaque de glace, ils ont su nous aider sans nous freiner pour autant.

Les copains, qui nous ont encouragés avec ferveur au bord des routes

Et évidemment nos partenaires sans qui nous n’aurions pas passé une semaine complète la tête dans les étoiles :

Denim Store à Gap,Virg’in Coiff à Tallard,Arilys fleuriste à Tallard,Darty à Gap,l’hôtel Première classe à Gap,Intermarché La Fare en Champsaur,Dici TV pour tout le suivi,Les Autanes à Ancelle,et tous les autres, un grand merci à tous!





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  1. rallyeplaisir dit :

    C’est un régal un tel entretien de quelqu’un qui se fait plaisir en rallye. Bonnes courses sur d’autres rallyes.

  2. enriche dit :

    Moi je dis bravo à l’équipage de la plus petite cylindrée du MC, ça rappelle les amateurs d’anciens MC en Dyane, Coccinelle, 504, 4l, etc… non non les petits « minets »… ils étaient bien engagés dans le rallye du Championnat du monde…, et puis tout fou le camp dù au « flouse » des « bobos »…
    Mais ce n’est pas grave… nous sommes à la fin de la F1 moteur à explosion, à la fin du WRC, et à la fin des divers championnats… oh allez on en reparlera dans 5 ans…

    • Kaizer Sauzée dit :

      Tu préfères ouvrir le gaz la tête dans le four ou une corde pour te pendre ?
      Parce qu’à t’écouter on a pas trop envie de rire…
      Pendant que tu te lamentes sur ce qui n’est plus et qui était soi-disant beaucoup mieux, d’autres s’adaptent et participent aux épreuves.
      Chacun sa philosophie.

    • Kivala dit :

      « …la fin du wrc… on en reparlera dans 5 ans » : chiche ? A partir de l’année prochaine (2017), la deuxième de ces 5 années, 4 des 5 plus grands constructeurs mondiaux seront présents en WRC (en incluant Ford), accompagnés du 8ème (PSA via Citroën). En prime, General Motors, le 2ème, semble tâter le terrain avec Opel : s’ils concrétisent, ça fera les 5 premiers constructeurs mondiaux. Et n’oublions pas Renault, présent via son Trophée. Pas l’impression que ce soit le début de la débandade, aucune autre discipline ne peut se vanter d’un tel succès…

      Bon, ça c’est pour le qualitatif. Pour le quantitatif, et donc l’accès facilité aux amateurs à petit budget et petites voitures, on est tout simplement au 3ème millénaire : l’organisateur d’une épreuve de Championnat du Monde (avec toutes les contraintes que ça impose) qui obtient aujourd’hui des Préfectures et autres corps constitués l’autorisation de faire courir plus de 300 voitures comme c’était parfois le cas au 20ème siècle, et donc de fermer les routes entre 8 et 10 heures (6 heures minimum rien que pour le passage des voitures, et ça c’est sans le moindre incident), de mobiliser les forces de l’ordre, les pompiers, les ambulances etc… pendant la même durée (ce qui a un coût), tout ça sans compter les nuisances pour les riverains (300 équipages en reconnaissance…), eh bien l’organisateur qui obtient cela, je lui tire mon chapeau !!!

      Par contre, pour ce qui est d’applaudir les équipages en Twingo R1 ou autres voitures similaires, là je suis 100% d’accord. Et d’ailleurs certains amateurs fortunés qui ont eu tant de mal à maîtriser leur WRC de 300 CV seraient peut-être gagnants à choisir, au moins pour le Monte-Carlo, un modèle disposant d’une cavalerie plus facile à dompter (néanmoins ils sont toujours les bienvenus, même sur les bas-côtés…).