Burtin toujours bien placé



De la Clio Williams à la Clio F214 en passant par une Ragnotti N3, Sébastien Burtin truste les podiums de groupe depuis plus de dix ans en région Lorraine-Alsace.

Cette saison, le pilote Renault vient d’empocher trois victoires de groupe consécutives, avec notamment une troisième place au scratch au dernier rallye régional de Mouzon-Frézelle. L’occasion de rencontrer Sébastien pour retracer son parcours en rallye.

Carte d’identité

  • Nom : Sébastien Burtin
  • Age : 41 ans
  • Région : Lorraine-Alsace
  • Copilote : Maurane Garcia
  • Voiture : Renault Clio F214
  • Métier : Informaticien

Avant de parler de ton récent podium au Mouzon et de tes trois victoires de groupe consécutives, revenons sur tes débuts en 2004. Tout d’abord comment es-tu arrivé dans une auto de rallye ?

Cela vient de ma famille ! Mon père pratiquait le rallye sur une Fiat Rythmo dans les années 80 et ensuite sur 205 rallye N1. J’ai donc fait mon premier rallye à 16 ans en tant que copilote de mon père qui fut champion Lorraine Alsace en 91. A l’époque j’’étais parti sur une carrière moto sur piste de 15 à  20 ans en Championnat de France et d’Europe , mais faute de budget pour poursuivre, j’ai stoppé 10 ans et à 30 ans j’ai repris le rallye pour revivre l’une de mes premières passions avec une Clio Wiliams que j’ai cassée lors de mon 1er Lorraine !  J’ai voulu aller trop vite trop tôt car j’étais en tête de la N3 et lors de l’avant dernière spéciale, je me suis fait surprendre par un virage en aveugle très sale…

Dans le groupe N, tu auras connu la Clio Williams puis la Clio Ragnotti avec de nombreux victoires de classe mais aussi une victoire scratch ! La Clio et toi, c’est vraiment une histoire d’amour non ? Pensais-tu avoir une telle réussite ?

Honnêtement je l’espérais, mais il faut relativiser. Je fais ça pour m’amuser au contraire de la Moto ou j’ai caressé l’espoir d’une carrière pro. Je suis fier de mon parcours, mais ce ne sont que des rallyes amateurs très loin du niveau d’une coupe de marque !!!!  J’aurai aimé évoluer dans une Clio cup ou 206, si j’avais eu le temps et le budget.

Renault sport a toujours fait des autos performantes et j’apprécie leurs produits, mais amoureux non ! De la R5 GT Turbo à la Clio IV R3T en passant par la Clio williams il faut reconnaitre qu’ils ont toujours été au top .

Après un long break de 3 saisons, tu reviens en 2013 sur une Clio F214 mais tu sors violemment au rallye de la Meuse. De quoi te faire réfléchir sur la suite de ton parcours en rallye ?

Oui, et c’est peu de le dire. Avant cette sortie, j’avais peur du coût de la casse et malgré plusieurs sorties celle-ci m’a fait réaliser pour la première fois. que nous mettions notre vie en jeu ! Je pensais en avoir conscience mais comme je ne m’étais jamais fait mal je ne le réalisais pas réellement. Depuis, je ne me suis jamais relâché dans une auto comme je pouvais le faire dans la Ragnotti ou encore la Williams car le jeu n’en vaut pas la chandelle. Aujourd’hui, je roule avec la tête et avec la petite expérience que j’ai acquis.

En 2014, tu retrouves tes sensations avec quelques podiums de classe mais en 2015 et surtout cette année, les résultats semblent encore meilleurs. Comment expliques-tu cette progression ?

Comme dis précédemment, j’ai mis du temps à reprendre confiance en moi et entre le développement d’une auto f2000 (réglages, moteur) et quelques évolutions, j’ai progressé à mon rythme et retrouvé du plaisir ainsi que de bonnes sensations. Les résultats sont venus au fur et à mesure.

Parle-nous un peu de ton auto et de ses caractéristiques. As-t-elle évoluée pendant l’intersaison notamment ?

En 2013, j’ai réfléchi à la suite que l’on pouvait donner à notre parcours. Naturellement, la Clio R3 s’imposait comme suite logique, mais n’ayant pas un budget suffisant, nous avons pensé ; avec l’équipe que nous pourrions construire une Clio III en F2000 étant moins onéreuse pour nous . Nous sommes donc partis sur une caisse arceautée avec des trains et freins de série avec moteur/boite de Clio R3. L’électronique a été faite chez HTR ; beaucoup moins coûteuse que Renault Sport . Le gros souci de cette auto concerne le poids. Nous pensions, grâce au règlement F2000, compenser les gros freins et trains de la R3 maxi par une auto plus légère .

Mais les Clio III sont des autos trop lourdes à la base. Malgré tout, grâce à R-TEC France qui m’a fait de supers amortisseurs et qui me conseille tout au long de l’année pour les réglages, nous sommes arrivés à un très bon compromis. Evidemment, le rapport poids/puissance d’une Ragnotti fait de la Clio II l’auto à battre en F2000, tout comme les Saxos bien motorisées. Cependant mon auto est fiable, performante avec un niveau de sensations inégalable. Je peux remercier mon père pour les heures et journées passées à peaufiner notre jouet.

Maintenant, j’imagine que ton objectif cette saison est la finale des rallyes. Quelle est la suite de ton programme ?

Non, la finale n’était pas du tout un objectif cette année. Je pensais que pour se qualifier je n’aurai pas le budget suffisant pour faire tout ces rallyes. Il m’en reste deux à faire cette saison avant la finale ; et nous verrons à la suite des désistements si celle-ci est envisageable. Malgré tout, il faudra encore trouver le budget pour réviser l’auto et acheter des pneus afin de la faire dans les meilleures conditions. Nous laissons venir et verrons bien …

Enfin, tu as la particularité d’avoir roulé pendant 10 ans avec le même copilote (Nicolas Pacault), mais cette année tu évolues avec ta compagne, Maurane Garcia. Ce changement ne t’as pas trop perturbé ?

Effectivement, avec Nicolas nous avons partagé bon nombre de souvenirs, de victoires et de finales. Notre collaboration s’est bien déroulée durant ces dix années. L’an passé déjà, il a dû prendre du recul pour diverses raisons personnelles et a mit sa carrière de copilote entre parenthèses.

Cette année, j’ai débuté au Meuse ma collaboration avec Maurane qui découvrait le rallye et qui a su s’adapter de suite à mon système de notes et évolue au fur et à mesure. Elle me surprend de rallye en rallye par sa capacité d’adaptation et sa motivation, ce qui me facilite grandement ce changement.

Je voudrais remercier tout d’abord ma famille qui me suit et me soutiens depuis mes débuts, mon équipe (JOPA Sport : Joël, Pascal, Hervé, Jean- Luc, José). Ma maman qui s’occupe de nos pique- niques, ainsi que la famille de Maurane.
Mes partenaires : TP Lessinger, Vit’Clim’Energie, HTR, R-TEC France, AFC Enseignes, Carrosserie Rossion, Garage Renault Vincipontain, First- Top Ludres.





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