La lotterie limousine par Victor




Aprés un mois d’avril hyper chargé, cette petite pause entre le Charbo et le Limousin était accueillie avec un sentiment mitigé : entre repos et impatience d’y retourner.

trêve pourtant bénéfique pour faire le point, analyser ces trois premières courses et effacer les stigmates de notre cabriole du Charbo.

Le Hans, impossible de s’en passer mais difficile de l’oublier quand il est tatoué sur vos épaules ! En revanche moins de repos pour Vincent qui aura effectué une grosse journée d’essai sur le circuit d’Alés en compagnie des sorciers de Montpellier, impressionnés par les capacités du jeune pilote. Des temps quasi identiques à des S1600 d’usine, pas de doute la 208 à du potentiel et mon chauffeur aussi.

Nous arrivons en terre Limousine avec l’expérience de 2012, le parcours n’ayant que peu changé. C’est aussi un luxe de connaitre à l’avance les endroits pièges, les subtilités du parcours, le droite après la forêt qui se salie au fur et à mesure des passages, la petite bosse qui déleste, le freinage piège en descente. L’impression d’être un vieux briscard et un habitué du championnat de France. Une aide précieuse aussi lorsqu’on a qu’une unique journée de reconnaissance, c’est court ! La journée est pourtant loin d’être terminée pour moi : mise au propre des notes, préparation du roadbook, vérification des tâches à faire, mon autre job commence à peine.

945236_286374368165191_272980641_nJeudi, la journée off du rallye, est plus occupée que prévu. Nous partons tôt pour effectuer une séance d’essai au nord de Saint Moreil avec toute l’équipe Enjolras. Là bas, nous y retrouvons les futurs vainqueurs en Junior Alex Garcia et Fabien Pomares ainsi que Patrice Amate. Déverminage des autos, reprise du rythme, peaufinage des réglages pour s’adapter au terrain. Il faut arriver à ressentir l’auto sans prendre le moindre risque et ne pas hypothéquer son rallye. Petite photo de famille et direction les vérifications à Bourganeuf avant le passage sur le podium le soir. Un cadre magnifique mais encore bien anonyme…

Prédire le temps au Limousin est un véritable casse-tête : une alternance continue d’éclaircie et de pluie fine. Nos prévisions annoncent un temps couvert mais peu de risque de pluie pour la matinée et cela change quasiment toutes les heures. On a fait l’erreur la veille de marquer exclusivement des pneus durs. Certaines spéciales étant par endroit très abrasives, si le temps était resté de notre côté, nous faisions un gros coup mais en ce vendredi matin c’est nous qui allons souffrir. Le premier passage dans Peyrat nous donne le ton et la difficulté de faire monter nos pneus en température. Plaques noires, cordes boueuses, sous-bois, le cocktail est détonnant et l’erreur jamais bien loin. Alors on prend notre mal en patience, on limite la casse. Le rythme est saccadé, les freinages et les appuis hésitants, on est bougon et on sait que le verdict du chrono fera mal. Stéphane Consani, lui aussi en pneus durs est à une seconde devant nous ce qui nous rassure quelque peu mais nous sommes déjà à 19 secondes du hollandais volant, lui en pneus tendres

942853_286374458165182_844142424_nLe « tarif » ne change pas dans les deux spéciales suivantes, notre écart avec le leader naviguant toujours entre 1s et 1,5s/km. L’équilibre de la voiture est bon, nos notes suffisamment précises mais notre choix de pneus est un réel handicap. Vous partez souvent sur un asphalte sec, où des pneus durs restent efficaces mais dés lors que vous atteignez une bonne température, la spéciale devient plus sale, plus humide, vos pneus redescendent en température et ne travaillent pas correctement. Vous manquez de confiance dans les appuis, les freinages et ce manque d’agressivité ne pardonnent jamais au chrono. Nous rentrons à l’assistance quelque peu déçus mais aussi lucides sur notre performance. Il faut maintenant retravailler un peu les notes, partager avec l’équipe sur nos impressions et surtout choisir nos pneus pour la seconde boucle, ce qui devrait être un nouveau casse tête ! Après bien des interrogations et des hésitations, on choisi de garder nos slicks en espérant que le soleil se fasse moins timide.

Il ne serait pas intéressant de détailler chacune des trois spéciales, je vais donc plutôt faire un résumé global de ce vendredi après midi. Nous améliorons à chaque fois nos temps de façon significative (+ 1s/km) mais les autres aussi bien sûr ! Trop de marge de sécurité ? Manque de confiance ? Difficile de connaitre la vraie raison surtout qu’au général les temps sont très corrects, régulièrement devant Guigou par exemple. Le niveau de la 208 Rally Cup est juste incroyable et il faut exploiter son auto sans ménagement. Libéré, la courte spéciale d’Auriat est un bonheur surtout une fois sorti du bois avant d’attaquer les longues allonges, un rythme de dingue. Nous réalisons le sixième temps, certes encore un peu loin du scratch mais cette fois en sachant pourquoi.

316249_286374308165197_1684441762_nPetit détour par l’assistance et direction Limoges pour la spéciale Mickey et la fin de la première journée. Autant l’année dernière avec Florian, ces spéciales étaient une énigme et nous perdions du temps dans ces parkings, autant en 2013 on les collectionne avec Vincent. Deux sur deux au Charbo et une ici, le surnom de Ken Block nous pend au nez ! C’est toujours bien de terminer une journée comme ça mais la soirée elle ne fait que commencer.

Alors que nous nous apprêtions à diner, nous recevons un appel du directeur de course qui nous convoque dans la soirée à Ester sans nous donner plus d’explications. Arrivés sur place, on s’étonne de voir également Stéphane et Maxime, convoqués pour la même raison inconnue. Sans suit une très longue attente avant de passer devant le collège qui nous expose la situation. Un concurrent peu scrupuleux et bien mal renseigné a porté réclamation en voyant nos pneus. En effet, l’équipe de Pascal et Michel Enjolras a effectuée un retaillage pneumatique intelligent et bien supérieur au minimum demandé (+42% contre 30% minimum). Jusque là rien d’alarmant. Sauf qu’ils nous reprochent de ne pas avoir suivit scrupuleusement le plan de retaillage, qui est d’une ambigüité sans nom ! En suivant les « recommandations » de Peugeot et Michelin, nos adversaires ont quasiment détruits leurs gommes alors que les nôtres sont encore correctes, jalousie quand tu nous tiens… Bref, incapables de prouver une quelconque faute de notre part puisqu’il n’y en a pas mais voulant faire un exemple, ils nous infligent une pénalité financière et demande à Peugeot d’éditer un règlement clair pour la prochaine manche. Une mauvaise blague qui se termine à minuit passé, sans avoir mangé, sans avoir pu regarder nos caméras et dans un état de nerf avancé.

603720_286374584831836_843444798_nLe lendemain, le responsable de cette histoire fut bien surpris de nous voir débarquer au parc mais nous, c’est sur la piste qu’on va régler nos comptes. La sortie du parc se fait avec beaucoup de retard suite à un accident en liaison. Il a plu durant la nuit et le sol est bien trempé. Après notre chasse aux infos et à quelques minutes de pointer à la sortie de l’assistance, on décide de tenter un coup de poker et de partir en pluie pour le premier tour. De toute façon, c’est le moment de jouer tactique car à la régulière, difficile de jouer le podium. A l’inverse de l’année dernière, la liaison nous donne cette fois raison. D’abord quelques gouttes puis à l’approche de Tarnac un vrai déluge, je n’ai jamais autant aimé la pluie ! Surtout qu’on sait que tous les autres sont partis en slicks, excepté Consani. Le remake de 2012 et notre remontée fantastique ?

Nous y avons cru pendant 2km puis la réalité nous a frappés à la gueule lorsque nous sommes sortis du sous-bois : un asphalte bien sec et un ciel presque dégagé. On va déguster ! L’asphalte est très abrasif par endroit mais beaucoup plus gras à d’autre, une alternance qui nous aide finalement. Excepté Abbring qui nous sort encore un temps de l’espace, nous sommes regroupés en moins de 8s entre le second et le huitième. Une spéciale à la Monte Carlo, tout en compromis. Le gros morceau du rallye nous attend, Mont-Gargan et ses 25km. Huit kilomètres de moins qu’en 2012 et qui ne seront pas de trop dans notre situation !

944108_286374474831847_1392000416_nLe départ est très piégeux avec toutes ces plaques noires et ce goudron bien trempé, finalement on est bien avec nos pneus pluie ! Puis la route s’assèche mais reste sale voir boueuse. Nos pneus souffrent beaucoup jusqu’à une très grosse averse qui nous suit sur 5km, visibilité mini, aquaplaning, l’auto se cherche et on peine à trouver le grip. On termine sans problème majeur mais loin de notre meilleur niveau. Le temps n’est pas foncièrement mauvais mais quand on voit la place de Bonato on se dit qu’il y a encore un peu de marge ! Cette averse à forcément joué un rôle mais l’important pour nous est d’avoir récupéré la 5ème place au détriment de Martin qui lui nous refait un peu le même coup que l’année dernière même si cette fois il n’est pas question de podium.

Pour le second tour, nous rechaussons nos pneus slicks et tentons d’aller chercher la quatrième place qui nous semblait inaccessible la veille. Cette fois, le choix est correct ou moins pire mais il faut se forcer sur les premiers kilomètres pour faire chauffer les boudins et c’est parfois limite. En avance sur nos splits, nos ambitions s’envolent très vite à la sortie de Rempnat lorsque nous effectuons un tête-à-queue à haute vitesse. Quelques manœuvres et 20s plus tard nous reprenons la route mais c’est désormais Martin qu’il va falloir surveiller. Il revient dans nos rétros à 11s et il va falloir s’employer dans Mont Gargan pour ne pas chuter. Plus d’averse, un bien meilleur rythme et un décollage en règle sur la bosse de l’Estivalerie compense un peu notre déception et on espère surtout que ce sera suffisant pour contenir le francilien. En lui « collant » 17s, nous reprenons un peu d’air avant les deux dernières ES du rallye.

954629_286374278165200_1616820688_nTrés joueurs et faisant confiance aux plus expérimentés, nous montons de nouveau les pneus pluie sur la 208 en rêvant toujours d’un déluge à la lyonnaise ou à la cévenole. En place au départ de Saint Moreil avec un tarmac archi sec en face de nous, pas besoin de se parler pour savoir que la spéciale va être longue, très longue ! Les conditions sont pourtant plus mauvaises que la veille et le scratch bien inférieur mais nous « ramassons » toujours sur Abbring qui frappe un gros coup sur cette avant dernière spéciale, histoire d’anéantir définitivement les espoirs de ses dauphins. La pluie arrivera mais trop tard et pour l’instant seules quelques gouttelettes tombent à Auriat.

C’est un réel bonheur de terminer ce rallye par cette spéciale. La dernière partie était démente malgré nos pneus en fusion et on a presque envie d’y retourner ! On conserve notre bonne cinquième place qui nous replace au championnat et conclue une manche Limousine compliquée mais positive. Le niveau dans cette coupe est vraiment incroyable et la présence d’un ancien pensionnaire du WRC ne fait que décupler les motivations de chacun.

Il me tarde de retrouver la terre pour les 2 voir 3 prochaines manches mais ça c’est une autre histoire. Pour le moment, rendez vous dés jeudi pour le shakedown du rallye des Vins Mâcon et mon one shot aux côtés de Thibault Durbec dans la Fabia R2, un rêve de gosse et une nouvelle expérience qui promet d’être enrichissante.





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