M.Franceschi : “J’avais l’espoir de finir dans le top 5”



Après avoir décroché son tout premier podium ERC en Hongrie le mois dernier, Mathieu Franceschi a récidivé sur l’asphalte des Canaries, jouant la victoire jusqu’au dernier mètre face à Yoann Bonato, spécialiste de cette surface et double vainqueur de cette épreuve.

Nouveau leader du championnat devant Hayden Paddon, champion ERC en titre, Mathieu est revenu avec nous sur ce début de saison rêvé.

Après ta deuxième place en Hongrie, tu termines encore deuxième aux Canaries. Comment juges-tu ce résultat ?

“Que c’est pas mal ! On s’est régalés. À haut niveau, je pense que c’est ma plus belle performance. Par rapport à mon expérience, que ce soit de l’asphalte, et de la Rally2 sur cette surface, j’avais l’espoir de finir dans le top 5. J’espérais aussi être en dessous la demi-seconde au kilomètre face à Yoann (Bonato). Finalement, c’était beaucoup mieux que ça.

On a fait une super séance d’essais avant la course et on a bossé fort pour préparer ce rallye.

Après la première spéciale, j’ai été assez surpris du chrono car on est à 2s de Yoann. J’avais en plus de la marge donc j’ai pensé qu’on pourrait se bagarrer avec lui. Je crois que Yoann était autant surpris que moi !

Tout le premier jour était à l’envers de l’an passé, donc je ne m’attendais pas à être aussi performant sur les deux journées face aux locaux.

Avec un tel classement, le plus dur c’était de ne pas pouvoir pousser à bloc car il fallait penser au championnat, contrairement à Yoann qui pouvait tout donner et attaquer. Au final, il manque un peu plus de deux secondes et c’est un peu frustrant.”

Comment expliques-tu cette progression par rapport à l’an passé ?

“J’avais une année pour apprendre, et celle-ci pour me servir de cette expérience pour jouer des podiums. On travaille depuis longtemps pour ça et on en voit que ça commence à payer. C’est un déclic mental pour moi. Je fais du rallye pour la compétition et pour gagner. Pour moi, c’est soit ça marche cette année, soit c’est terminé. J’ai tellement de choses à faire dans ma vie que je ne peux pas me permettre de faire beaucoup d’années comme ça. Le rallye me permet de me lâcher pendant quelques jours avant de retourner au boulot.

En Hongrie, on fait une petite erreur en début de rallye qui nous prive peut-être de la victoire. On a eu à la fois de la chance, en faisant seulement un tonneau, mais aussi de la malchance en crevant. C’était le premier rallye avec la voiture sur terre. Dès les reconnaissances, le parcours me parlait bien et ressemblait à certains rallyes de France. On a pu voir que la RS était bien supérieure à l’Evo en étant performants d’entrée.

Je travaille toujours avec le même ingénieur et les mécaniciens que l’an passé. On progresse ensemble. En plus, il y a trois Fabia RS au garage maintenant, donc on peut rouler avec plus de sérénité. L’an passé, tout pouvait s’arrêter d’un coup s’il y avait un souci.”

Maintenant que tu es en tête du championnat, tu dois penser au titre ?

“Avec 21 points d’avance après deux manches, on est obligés d’y penser ! Mais il ne faut pas se prendre la tête et continuer à progresser. Il y a trois gars à suivre vraiment cette année, Paddon, Ostberg et Sesks. C’est déjà un gros morceau ! Aux Canaries, c’était bien pour nous car Paddon a perdu trois places en fin de rallye face aux espagnols.”

Et la suite ?

“On arrive sur deux rallyes avec des profils très différents de ce début de saison. L’an passé, j’avais vraiment apprécié le feeling sur les parties rapides. J’ai toujours adoré rouler sur des routes comme ça. C’est vraiment à part avec beaucoup de ciels cachés en 5e notamment. Le setup sera très différent pour ces deux rallyes (Scandinavie et Estonie). J’espère aussi une belle surprise en finissant au moins dans le top 5.

Après, le rallye de Rome ce sera très compliqué avec beaucoup de locaux et un terrain très particulier. Le Barum, c’est un truc de débile aussi avec aussi des gars rapides dans le championnat national. Enfin la Pologne que tout le monde ou presque ne connaît pas.

Nos deux podiums ne nous garantissent pas que l’on va continuer comme ça. Le but sera de viser justement le podium à chaque fois.”

L’ERC a gardé le système de qualifications, contrairement au WRC. Qu’en penses-tu ?

“Que c’est vraiment top ! Personne ne râle au moins. Le format du rallye est plus condensé aussi, il y a moins de kilomètres, mais aussi moins de liaisons, c’est plus rythmé. Il faut tout de suite être très rapide lors des qualifications et c’est super intense.”

En ERC, tu affrontes des pilotes souvent soutenus par des constructeurs et sans forcément d’activité pro à côté. Ce matin, es-tu retourné au boulot comme d’habitude ?

“Oui, pas le choix ! Ce podium ne va pas changer ma vie même si j’ai reçu beaucoup d’appels depuis je suis rentré hier soir. Ce matin le réveil était à 6h45 pour aller couler une dalle en béton (*Mathieu travaille dans le bâtiment). En plus de ça, on a monté une société de reprogrammation de voitures avec mon frère. Et j’ai aussi lancé un food-truck qui sera présent à Antibes pendant trois jours au parc d’assistance. J’ai un cuisinier et je vais m’occuper du reste. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer.”




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natlin
natlin
14 jours il y a

une perf de tres haut niveau, lui le terrien, c’est enorme!

Galais
Galais
14 jours il y a

Une performance de très haut niveau !!!
A la bagarre contre des pilotes de référence comme Bonato,Paddon et les locaux espagnols !!!
Messieurs de la FFSA,parmi vos licenciés,vous avez la chance d avoir un pilote avec un talent fou,sans doute le meilleur de la nouvelle génération,il est grand temps d’apporter votre soutien.
Le retour d investissement sera plus que bénéfique
Malheureusement les mécènes comme Mr Champeau ou Heintz ne courent plus les rues en France!!!
Messieurs de la FFSA à vous de jouer!!!