#11- Une manche à nulle autre pareil (Carnets de Victor)



Pour ces nouveaux carnets, Victor nous emmène à Chypre, lieu de l’avant-dernière manche du championnat d’Europe des rallyes où il était encore une fois présent avec Florian Bernardi.

Au terme d’une semaine pleine chaude, intense et pleine de surprises, le duo Bernardi/Bellotto a décroché la quatrième place finale en ERC.

Plongez au coeur de cette semaine de course avec un Victor toujours aussi passionné et motivé !

Jour 0

Aujourd’hui c’est le grand jour. Nos fidèles « Saint-Bernard », Philippe et Daniel, viennent de quitter la Somme pour un voyage de plus de 3500km et 7 jours pour rejoindre la prochaine de l’ERC qui se déroulera du 27 au 29 Septembre. « Mais où cela peut il bien être ? On est encore en Europe ? » me direz vous. Et bien oui ! Evidemment ce n’est pas n’importe quelle destination et c’est un peu une transition entre Europe et Moyen-Orient. Bienvenue à Chypre.

Cette 7ème manche de la saison est la 3ème île où nous allons poser nos valises. Après les Açores et les Canaries, nous voici donc à Chypre. Une île entourée par la Turquie, la Syrie et le Liban avec une histoire fascinante et en perpétuelle évolution. Pour les plus avides d’histoire et de culture, voici un lien Wikipédia qui résume rapidement les dates importantes de ce territoire prisé depuis l’antiquité: Chypre.

Sportivement parlant et à titre personnel, le Cyprus Rally fait parti d’une short list de rallyes que je rêve de découvrir au même titre que l’Acropole et le Safari. Ce genre de rallyes où la vitesse n’est plus l’unique challenge mais bien la résistance des équipages et des machines à un environnement pour le moins hostile. Des paysages à couper le souffle mais des parcours qui ferait passer le Dakar pour une promenade de santé. Entre crevaisons, chaleur, poussière et cailloux, il faudrait être fou pour vouloir rouler là bas. Et pourtant j’ai des images de bagarres intenses, d’ingéniosité pour ne pas abandonner et surtout de dépassement de soi une fois la ligne d’arrivée franchie. A l’ère du hyper aseptisé et du conformisme, ce genre d’épreuve apporte une bouffée d’oxygène. Au même titre que le récent rallye de Turquie qui relance complètement un championnat ultra dominé par Tänak et Toyota.

J’avais donc cette échéance en ligne de mire depuis le mois de Mai et je suis heureux que nos résultats nous permettent d’être toujours en position de remporter le championnat à la fin d’année. Il a cependant fallu faire d’immenses efforts financiers car un tel déplacement n’est pas anodin. Jugez plutôt: Daniel et Philippe feront plus de 2000km en camion mais prendront également 2 bateaux et même l’avion pour rejoindre Nicosie. Et cela juste pour l’aller ! Au total, ils partiront plus de 20 jours. Motivés les garçons !

De notre côté, départ le 23 pour une semaine sur place qui promet d’être riche en découverte. Ce fut également pour moi mon plus gros défi en termes de logistique et de préparation. On utilisera tous les moyens de transports possibles, une amplitude sur près d’un mois entre le départ et le retour de la voiture dans les ateliers de Frédéric Anne Compétition et bien sûr une totale découverte pour tout le monde. Eviter de se retrouver du côté turque de Nicosie pour se loger, d’oublier un papier pour les douanes et j’en passe.

Jour 1

Lundi 23 Septembre

3h30. À notre tour de partir, direction Marseille, Munich puis Larnaca. Daniel et Philippe ont rendez vous à 9h00 sur le port de Limassol pour récupérer notre précieuse cargaison. On passe de la grisaille Munichoise et d’à peine 10°C, pour les 30°C de l’ile Chypriote. Retour en été.

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15h00. Après avoir récupéré nos bagages, nous allons cette fois récupérer notre voiture de location avec une petite subtilité: sur ce rallye c’est moi qui conduit ! Passé anglais oblige, la conduite se fait côté gauche avec volant à droite. Je n’ai pas fini de freiner sur mes pédales imaginaires ! En route pour Nicosia (ou Lefkosia) pour récupérer notre logement et on pourra enfin souffler. Le moins que l’on puisse dire c’est que le décor est aride, les arbres ne sont pas légions dans le coin.

16h30. Nicosia est un joyeux capharnaüm entre les petites ruelles, les sens uniques mais la maison tient ses promesses. Spacieuse, fraiche malgré la chaleur extérieure et chargée d’histoire. Les gérants ont pris le temps de nous faire une vraie visite des lieux et on ne mettra pas longtemps pour s’y sentir bien. Malgré la fatigue, on reste sur notre lancée en allant faire les courses car je ne vous ai pas dit mais nos deux chauffeurs sont toujours au port en attendant le feu vert pour partir. Le sketch des douanes n’est pas terminé …

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19h00. Nous venons enfin de récupérer nos deux boules de nerf au parc d’assistance qui ressemble d’ailleurs plus à un terrain abandonné qu’autre chose. Une foi rentré, on part explorer notre quartier à pieds à la recherche d’un restaurant mais le résultat n’est pas concluant. Finalement, et malgré les apparences, un établissement semble ouvert mais personne en terrasse ni à l’intérieur. Généralement ce n’est pas très bon signe. Persévérant et affamé, Florian tente le coup. On peut vous dire que le « Το Μαντρί » est une super adresse pour les fameux mezzés: ce flux continue de spécialités locales à partager. Un régal et enfin de la nourriture locale. Par contre prévoyait de la place ! Grâce à nous, les clients se sont peu à peu installés jusqu’à ce que la terrasse soit au 3/4 pleine.

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22h00. Extinction des feux. On a tous besoin d’une bonne nuit de sommeil pour recharger les batteries.

Mardi 24 Septembre

9h00. Un air de vacances plane ce matin avec ce petit déjeuner sur la terrasse. On prend le temps car on sait que c’est aujourd’hui qu’on pourra se le permettre. Je check un peu les mails et les dernières mises à jour, histoire de ne pas louper d’infos.

Après midi. Comme au Barum, on décide d’aller faire un tour sur les ES pour s’imprégner un peu du type de route et de paysage. Un peu moins aride mais toujours aussi cassant, le tracé sera un vrai challenge ici. Quelques passages suffisent à nous donner une tendance sur les réglages utilisés par les uns et les autres mais aussi la dégradation du terrain après beaucoup de passages.

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17h00. Vérifications au Rally HQ pour récupérer tous nos documents. On se dit qu’avec une petite quarantaine d’engagés, tout irait très vite. Perdu. le staff parait débordé, il y a des documents partout et un concurrent derrière nous conseille même de bien vérifier que tout y est car il n’est pas rare d’avoir des oublis. Intéressant …

18h30. Une fois rentré, tri et vérification de tout ce que l’on vient de nous distribuer et j’attaque à lire, ranger, découper et coller pour la grosse journée qui nous attend demain.  Une fois le soleil tombé, la fraicheur s’installe rapidement et même si le thermomètre dépasse les 30°C, la chaleur ressentie est plus supportable que dans l’hexagone.

22h00. De vrais métronomes. Fini les vacances, demain ça va secouer.

Jour 3

7h30. Nous voilà parti à la fraiche pour cette première journée de reconnaissances. On a bien fait d’anticiper la circulation difficile de cette ville de 300 000 habitants car ça bouchonne Simone ! Arrivés à Yeri pour la spéciale de Qualification, il nous tarde de tester concrètement le terrain chypriote. En espérant ne pas crever d’entrée de jeu.

9h57. Une file de voiture s’est créée en attendant l’ouverture de la première vraie ES du rallye. On y voit même un petit nouveau sur la droite de l’image (Mikko Hirvonen). A l’arrivée de Politiko on se demande quand même comment ce sera une fois en course. Celle-ci est particulièrement défoncée et ferait passer les soit-disant sections cassantes du championnat de France terre pour un billard.

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12h22. Après un passage dans la 1 et la 2, on a besoin de souffler et de déconnecter. Le tracé hyper sinueux et cassant demande beaucoup de concentration, sans parler de notre Kia transformée en essoreuse à salade sur ces routes: 23,23km de chrono = 42 pages de notes … Dans ces montagnes, la température ne dépasse pas 25°C mais les hommes et les machines vont souffrir. La partie asphalte de 5km au milieu de Lefkara me perturbe un peu car entre les pneus terre et le setup Safari, on en peut pas dire que tout soit optimisé pour rouler en 6 … Bref, on décide de faire notre pause casse-croûte à l’ombre des pins et d’une petite église orthodoxe. Nous serons bientôt rejoint par Habaj et son équipe, histoire d’ajouter encore un peu de dépaysement.

14h32. Nous sommes au départ d’Analiontas, la dernière de la journée. Radicalement différente des 2 autres, on est sur un profil que l’on retrouve en championnat du Moyen-Orient: désertique, rythmé avec de nombreux ciels et sauts et une surface très meuble et roulante mais pas de pierres. Dommage qu’il n’y est qu’un seul passage de prévu.

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16h30. De retour à l’assistance pour les vérifications administratives et pour prendre des nouvelles de l’équipe qui sera bientôt au complet. Sitôt rentré à notre maison, je me fais violence pour ressortir mes notes et les mettre au propre. Julie et Jocelyne qui nous mitonnent un succulent repas, en profitent pour nous debriefer leur excursion sur Nicosie et la curiosité de la zone tampon qu’elles n’ont pas osé traverser.

19h10. Voici enfin Fred et Sylvain qui franchissent la porte après 15h de voyage. L’occasion de se rafraîchir et laisser de côté, un instant, mes D90 et mes G80 pas corde. On est tellement bien sur la terrasse que je reste là après le repas pour reprendre mon travail. Un à un, mes acolytes quittent le navire mais je tiens le bon bout. A 22h25, mon cahier était aussi propre qu’un miroir d’astronomie. A demain !

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Jour 3,5

Retour des carnets journaliers. J’ai volontairement fait l’impasse sur la journée d’hier consacrée au 2ème jour de reconnaissances, vérifications administratives et techniques et l’éternel mise au propre des notes et visionnée des caméras. Rien de bien nouveau.

5h45. Une bonne journée (enfin une longue) et une journée qui commence tôt. Les deux passages en essais libres ont lieu entre 7h et 9h, à la fraiche. Il faut croire que tout le monde a prolongé sa nuit puisque nous arrivons les premiers au départ. Une belle lumière et un thermomètre qui commence à grimper. Spéciale propre, rapide, on aura même expérimenté le balayage, mais surtout on aura une idée de l’évolution du terrain.

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7h55. Retour à l’assistance dans les heures de pointes. Quelques légers changements et nous sommes de nouveau en direction de Yeri pour le second passage. Sur place, comme c’est souvent le cas en ERC cette année, il y a foule et le retard s’accumule. Et là commence le plus beau spectacle jamais vu: ceux qui n’ont fait qu’un passage veulent passer devant, d’autres sans manière coupent à travers champ et du coup, nous qui attendions et qui étions venus tôt, on se retrouve au fond avec peu d’espoir de passer. Parfait. Finalement après quelques tentatives de dialogues avec les locaux et nos contacts de l’ERC, on parvient finalement à prendre le départ.

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9h54. De retour à l’assistance, on commence à se creuser la tête pour adapter notre Clio à ce terrain si spécifique. Surtout penser que les vraies ES seront bien différentes et qu’un tank ne se pas forcément superflus. 10h35, en route pour la qualification. La route est cette fois nettement dégradée et on se bat bien plus avec l’auto. Arrivés fort sur les freins, on est obligé de court-circuiter la chicane pour ne rien taper. A l’arrivée, on améliore peu et on est surtout un peu loin de Llarena et Cais. Mais on a déjà des pistes de réflexion.

12h25. De retour à la maison après avoir laissé l’équipe se charger de notre titine, je fournis le dernier effort pour terminer ma mise au propre mais aussi le visionnages des cams. On prend très vite un mal de crâne, mais surtout un coup de barre sur ce tracé très sinueux. Des pauses s’imposent.

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17h20. On part direction la cérémonie de départ à Larnaca. Julie et Jocelyne prennent nos places devant pour nous permettre de profiter du trajet pour finir nos caméras. Sur place, il y a déjà du monde, curieux de voir toutes ces autos. Un moment pour discuter ave les autres concurrents dont Mathieu Baumel et Nasser Al-Attiyah, clairement les favoris.

20h03. On gare la Clio sur le parking pour retourner à Nicosie. Le temps de manger, préparer nos affaires, il est déjà 23h et le réveil sonnera dans quelques heures. Demain matin, nous devons reconnaitre la super spéciale de Nicosie entre 6h30 et 8h30 alors que nous partons à … 9h48. Cette première étape sera déjà un sacré morceau alors à demain !

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Jour 5

6h15. Nous sommes (déjà) de retour en piste. Petite particularité de l’épreuve, nous avons un créneau horaire de 2h pour reconnaitre la super-spéciale de Nicosie que nous emprunterons ce soir en fin d’étape. La circulation est fluide ce matin et à nous arrivons juste derrière Al-Attiyah et deux autres concurrents. Nous passons de la zone Chypriote, à la zone tampon avec même une brève excursion du côté turque. Une jolie façon de mutualiser les 2 « côtés » pour une épreuve internationale. Être observé par des soldats de l’ONU n’est pas courant.

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Au sud, la partie Chypriote, en gris la zone tampon et au nord la partie turque

10h08. Nous voici au départ de l’ES1 avec beaucoup de point d’interrogation sur l’état du terrain. On démarre prudemment pour éviter les crevaisons et valider nos notes. Dans les parties sinueuses, le setup demande à être affiné pour nous aider à inscrire l’auto et à trouver la motricité qui nous manque cruellement. Les 23,23km de Lefkara sont une épreuve pour le mental surtout quand on se bat avec sa voiture. On attendait celle d’Analiontas pour se lâcher et trouver une tracé que l’on appréhende mieux. On a pas été déçu: beaucoup de plaisir, du rythme mais des pneus arrière à l’agonie qui nous coûte forcément dans les parties rapides. On a fait ce choix pour maximiser la motricité en invertissant les pneus et il fallait faire un compromis.

14h32. De retour à l’assistance, on essaye de trouver un peu de « fraicheur » car aujourd’hui il fait particulièrement chaud. Notre repas frais concocté par nos deux chefs personnels est tout ce qu’il nous fallait pour repartir boosté.

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15h57. Les modifications faites à l’assistance portent immédiatement leur fruit. L’amélioration du temps est significative dans l’ES4 et on joue désormais dans le même trio que Llarena et Cais. De quoi faire du bien au moral. Et surtout, on s’amuse malgré un terrain hyper exigeant. Par contre les pneus avant sont déjà très dégradés et il faudra pourtant bien les conserver jusqu’à ce soir. Mes premiers inters dans l’ES5 sont plus qu’encourageants avec déjà 20s d’avance sur le matin au 2/4 de la spéciale. Mais une mauvaise bosse nous sort de la trajectoire alors que nous étions dans une partie rapide en 4 et on vient taper la montagne à l’arrière gauche. Par chance, nous évitons l’arbre qui nous attendait de mon côté et on est juste bon pour un tête à queue et plusieurs manoeuvres. On analyse le comportement sur le premier kilomètre et par miracle tout semble d’aplomb. Forcément à l’arrivée on perd gros pour la course au podium mais c’est encore long.

16h36. A peine arrivé à l’entrée du regroup que l’on se jète à l’arrière pour changer nos pneus et mettre les plus usés, histoire de conserver les bonnes gommes et se rapprocher d’un pneu tarmac. On pointe dans la minute et nous avons moins de 30min pour retourner à l’assistance se désaltérer avant de repartir pour Nicosie.

17h35. On vient d’en terminer avec cette super-spéciale sans encombre et pour cette étape 1 par la même occasion. Lors de l’assistance du soir, l’équipe décide de changer le train arrière par précaution car il est légèrement tordu et nous fausse l’équilibre général. Gros boulot de la part de tout le monde pour nous permettre de repartir presque neuf et surtout à l’heure.

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22h30. Je lutte pour ne pas m’écrouler devant mon PC mais ce résumé était important. L’étape 2 s’annonce encore plus délicate avec des ES très techniques et sinueuses et des milliers de pierres assassinent. Belle nuit à tous, moi je ne tiens plus !

Jour 6

6h15. Deuxième et dernier jour de course. Certainement l’étape la plus délicate. Ici, chaque kilomètre peut être une épreuve et rien n’est encore acquis. On arrive assez tôt au parc d’assistance afin de refaire un point sur les travaux à terminer dans les 15min imparties et préparer la stratégie de la journée.

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10h09. Une longue liaison de 60km nous amène à l’ouest du Mont Olympe, à Kapouras. Arrivés pour une fois avec un peu d’avance, on se pose à l’ombre des arbres et on essaye de réveiller les organismes aux secousses qui vont arriver. On part prudemment pour assimiler le setup et se laisser une marge pour notre premier passage en course. Très rapidement, nous comprenons que la boucle sera longue: l’auto est très difficile à conduire et demande beaucoup d’efforts pour la faire tourner. La question « pfff, il reste combien de kilomètres » ne tarde pas à venir.

11h42. On termine enfin cette première boucle. La spéciale précédente de Kourdali a été un supplice mental, on a jamais connu de telles sensations à se battre contre tout, à allure d’escargot (49km/h de moyenne !), en étant totalement impuissant et surtout loin du compte. Seule bonne action de cette matinée, notre geste pour la planète avant le départ de la 9 lorsqu’on a ramassé une trentaine de bouteilles en plastique jetés sur le petit parking en bord de route. Depuis une semaine, on ne peut pas dire que le recyclage et le civisme soit très présent sur l’ile.

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12h48. Arrivés à 2min de la pénalité, nous n’avons pas vraiment le temps de souffler puisque le regroupement à Nicosie passe de 10 à 5min. On enchaine donc sur les 30 minutes d’assistance à tenter de se rafraichir et faire un gros reset pour repartir motivés. Avec l’aide de Daniel Giroud de R.Tec et de l’équipe de FA Compétition, on décide de modifier quelques petites choses pour au moins avoir des pistes de réflexions. De toute façon nous n’avons rien à perdre, la 3ème place est désormais trop loin et le 5ème est à plus de 10min.

14h52. Les organismes commencent à accuser le coup. Au moment de se casquer, on croise un équipage local et surtout le copilote côté gauche, complètement avachi dans le baquet, la bouche grande ouverte en plein rêve de glace et de plage surement. Dès les premiers kilomètres de cette ES10 on sent immédiatement la différence et mes inters sont presque irréels: 20s d’avance après 7km sur un terrain désormais très dégradé. Malheureusement, la joie est de courte durée lorsque la poussière s’intensifie de plus en plus. Rapidement, on aperçoit la Mitsubishi partie 2min devant nous et commence là une des pires situations: rester bloqué derrière un concurrent sans possibilité de se rapprocher et tout ça à flanc de montagne avec des virages tous les 10m. L’énervement, le manque d’air (il a fallu fermer la trappe pour éviter la poussière à l’intérieur), la visibilité nulle et la dangerosité nous mettent rude épreuve. Finalement, à 500m de l’arrivée, l’équipage se range et on peut terminer mais en ayant perdu plus d’une minute dans l’histoire. Un carnage.

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15h24. Il nous reste moins de 30min pour faire le refueling, les 8km de liaison et une sorte de révision express: filtre à air, pare- chocs, changement de roue à 3min de pointer, pressions, casquage et surtout prévenir la direction de course de notre situation. On arrive à obtenir 1min supplémentaire mais vu le problème mécanique, on doute que cela suffira. On repart sur le même rythme, et de nouveau les inters sont très prometteurs. Cette fois, les chypriotes ce sont arrêtés et nous ont attendus, un problème de moins. Mais à 2km de l’arrivée, on crève à l’avant droit dans une partie hyper sinueuse. La voiture ne tourne tellement pas qu’on a l’impression d’avoir crevé les 2 roues ! On améliore tout de même de 20s notre temps du matin mais nous étions parti pour la minute en moins. En tout cas, les changements auront transformés la voiture.

16h12. On se presse pour intervertir toutes les roues avant cette dernière spéciale. A l’arrière, nous avons des pneus usés à 80% et à l’avant 60%. On ne risquait pas de sous-virer ! On parvient tout de même à faire un Top 3 non sans mal mais surtout à finir une manche à nulle autre pareil. Une fois encore, notre Renault Clio R3T aura été d’une fiabilité sans faille grâce à la qualité du travail de l’équipe et nos pneus Michelin auront beaucoup donné ! Forcément déçu d’échouer au pied du podium mais la tâche s’annonçait délicate. Et cette année, malgré la difficulté du tracé on déplore très peu de crevaison et d’abandons.

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18h30. Nous arrivons à Larnaca et attendons le podium final. Il y a toujours du monde et le bord de mer nous fait du bien. On arrive à court-circuiter tout le monde grâce à notre victoire en RC3 et on termine dans un restaurant non loin de là en attendant l’ouverture du parc fermé. Ainsi se termine ce rallye de Chypre qui aura été une sacrée aventure que ce soit en logistique pour l’équipe et nos chauffeurs mais aussi sportivement avec un terrain unique et éprouvant pour les hommes et les machines. Un grand merci à tous !





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