E.Camilli : « J’ai bien vu à quel point cela m’avait manqué »



Soif de compétition depuis sa victoire au Monte-Carlo en janvier dernier, une toute autre époque, Eric Camilli veut terminer cette drôle d’année en beauté avec deux épreuves en WRC-3 avec Citroën.

Ce lundi du côté de Mazamet sur les pistes proposées par Claude Berfa, le pilote niçois a entamé sa préparation du rallye de Sardaigne en retrouvant sa C3 R5 pour une séance d’essais. L’occasion pour nous de retrouver le français afin de faire un point sur la situation et ses objectifs en cette fin de saison.

En cette fin de saison, te revoilà avec un mini-programme de deux courses. Avais-tu des doutes à propos de « ton retour » ?

« En début de saison, j’étais parti sur un programme de cinq manches WRC-3 après le Monte-Carlo avec un calendrier assez classique. Pendant la pause, il a toujours été question de rouler de nouveau, même s’il y avait quelques doutes par rapport à la situation.

A la reprise, tout est reparti à « la normale ». On va faire deux rallyes sur cette fin de saison, c’est au prorata de ce que j’avais avant finalement. L’Allemagne a été annulée après la clôture des inscriptions en Estonie, peut-être qu’on aurait pu cette épreuve en sachant ça.

Je vais être intégralement soutenu par Citroën, comme au Monte-Carlo, en collaboration avec Saintéloc et Michelin. J’ai toujours quelques partenaires privés avec moi.

Si tu n’as pas été vu au volant en compétition depuis janvier dernier…tu es quand même bien actif dans le milieu grâce à ton activité de coaching.

« Oui, c’est une activité que je développe, j’ai maintenant une vingtaine de clients. J’aime vraiment transmettre mon expérience du rallye avec les notes, la vision de la route et bien entendu le pilotage. C’est très intéressant. Je coache notamment le portugais Teodosio, champion en titre au Portugal, mais aussi Alberto Heller et des gentleman drivers comme Pedro. Cela peut être des gars qui vont vite et d’autres qui sont plus en milieu de peloton, peu importe, c’est tout aussi intéressant. J’ai été amené à me déplacer un peu partout en Europe mais aussi en Amérique du Sud. »

Hier tu as enfin repris le volant de ta Citroën C3 R5 en essais pour préparer la Sardaigne.

« Je n’avais pas roulé depuis le Monte-Carlo. C’était aussi une séance de développement avec des petites choses à essayer. Dès le départ, j’ai bien vu à quel point cela m’avait manqué avec 9 mois sans roulage, une première depuis 2013. Ce n’a pas été facile de se remettre dedans, je me suis forcé un peu. Même physiquement ce n’était pas facile malgré tous les efforts que tu peux faire à l’entraînement, rien ne remplace la voiture. Au final, on a fait 150 km d’essais pour préparer la Sardaigne sur un terrain technique et détrempé. »

Quel est ton avis sur la Sardaigne ?

« La Sardaigne est un rallye que j’apprécie beaucoup. En 2017, on avait des scratchs avec la WRC, et sans des problèmes de différentiels, le podium aurait peut-être été possible. J’ai gagné aussi en WRC-2 là-bas mais je ne l’ai pas fait depuis trois ans.

Des gars ont beaucoup roulé depuis la reprise fin juillet et il va être difficile de se remettre dans le bain, et d’ailleurs est-ce que je vais réussir à le faire assez tôt ? L’objectif ne sera pas de faire de la figuration mais il faut avoir conscience que ce ne sera pas facile. J’ai gagné le Monte-Carlo, la Catalogne l’an passé…on va essayer de rester sur cette dynamique mais les autres sont très affutés.

Et que t’inspires Ypres ?

« J’ai de bons souvenirs avec notre participation avec Ford. Après en 0, tu prépares différemment ton rallye et tu assures davantage, surtout par rapport au contexte d’essayer et montrer une voiture. Donc j’aurais l’impression de découvrir cette épreuve finalement. J’espère presque qu’il pleuvra pour réduire l’importance de l’expérience. »

Ton but en début de saison était de jouer le titre WRC-3, mais maintenant, avec des pilotes engagés sur cinq ou même six manches, ça semble injouable.

Avec encore deux courses à disputer, on ne peut pas être champion à moins d’une énorme surprise. Pour nous, l’important sera de jouer devant en R5 car de toutes les manières, des gars comme Solberg et Huttunen sont toujours en bagarre avec les WRC-2. Ils joueront les premières places avec Ostberg, toujours dans le même rythme que nous. Des gars comme Gryazin, Veiby et même Fourmaux qui a bien progressé ces derniers temps seront à surveiller. »

Tu préfèrerais gagner en Sardaigne ou à Ypres ?

« Et pourquoi pas les 2 ?! La Sardaigne me ferait davantage plaisir car c’est un super rallye sur terre et où l’on a toujours bien marché. Pour un retour, je serai vraiment très content. »

Tu as changé de copilote pour cette fin d’année, pourquoi ?

« Benjamin a voulu arrêter à cause des déplacements. Financièrement, il doit travailler à côté et ne pouvait pas suivre le rythme. On a vu ça ensemble, j’ai compris que ce serait compliqué depuis quelques temps, et tu te rends compte que rester au haut niveau est compliqué pour tous. »




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LOE140
LOE140
18 jours il y a

Eric trop vieux? Balivernes! On cite Loeb, mais d’autres avant ont prouvé que l’on était même pas fini au-delà de 50 ans. Et regardez du côté des championnats outre-Atlantique, notamment à Indianapolis où les pilotes réussissent à un âge avancé – prendre pour exemple le dernier vainqueur japonais des « 500 miles – souvent bien plus âgés qu’Eric. On souhaite une longue carrière à Eric!

Bazire
Bazire
19 jours il y a

Vraiment plaisir qu’il revienne roulé en mondial , pilote de très grand talent qui a comme seul défaut le fait d’être trop âgé !…et aussi le peu de place disponible en wrc1…..
Pas roulé depuis le MC mais c’est comme le vélo ( et Loeb ) ça revient vite !…