Que sont-ils devenus ? #14- Patrick Henry



Avec une saison actuelle à l’arrêt, le moment est idéal pour s’intéresser à ceux qui vous ont émerveillé dans les années 2000, avec de jeunes pilotes aux dents longues mais aussi des pilotes aguerris, prêts à se dépouiller sur les routes des championnats de France asphalte et terre.

Encore plus qu’aujourd’hui, les formules de promotion étaient d’une densité folle avec des plateaux dépassant parfois la trentaine de concurrents au départ, tous prêts à se battre pour le moindre dixième. Parmi eux, certains ont atteint la gloire, avant de disparaître peu à peu des radars des rallyes et du public.

Faits marquants en carrière

2009Vice-champion de France (Peugeot 206 et 307 WRC)
2007Champion de France (Peugeot 307 WRC)
2005Vice-champion de France (Peugeot 206 WRC)
2004Pilote officiel Citroën en championnat de France des rallyes asphalte (Citroën C2 S1600)
2003Vainqueur Citroën Challenge (Citroën Saxo VTS)
1998Début en rallye (Citroën Saxo KC)

Ancien pilote officiel Citroën, mais aussi champion de France asphalte ou encore double vainqueur en formule de promotion Citroën, Patrick Henry est le quatorzième pilote à répondre à notre invitation pour cette rubrique : « Que sont-ils devenus » ? 

Quelle est ton activité aujourd’hui ?

« Je suis moniteur de pilotage depuis 2005 au circuit de Chenevières en Meurthe-et-Moselle. Hormis mon année officielle avec Citroën, j’ai toujours bossé de toute façon. Du côté de mes activités, je fais du sport avec du VTT et du running.

Je n’ai pas complètement coupé avec l’actualité rallye, et j’ai de toute façon besoin de m’informer sur la technique ou les pneus par exemple en vue de mon boulot. »

A quel moment tu as senti que ta carrière était sur la fin ?

« J’ai eu un gros programme en 2007 grâce à Transalliance, qui était déjà mon patron à l’époque (aujourd’hui encore). J’ai eu la chance énorme de rencontrer un partenaire comme ça. C’était un beau championnat avec la 307 de chez Bozian. Après cette saison là et le titre, c’est devenu plus compliqué en roulant au coup par coup.

En 2004, j’était pilote officiel (C2 S1600) avec un top copilote, mais Citroën a arrêté ses programmes ensuite. Cela s’est vite terminé avec une auto qui était encore toute jeune et qui avait du potentiel. C’était un rêve d’accéder à ce poste.

En 2005, j’ai roulé avec Bozian qui avait déjà la 206 WRC officielle de Nicolas Bernardi. C’était vraiment une année au top et de belles bagarres.

En 2006, on a pu avoir la Xsara mais elle n’a jamais vraiment fonctionné. Sans les pneus mondial, on ne pouvait pas l’exploiter comme on voulait et Sébastien Loeb a confirmé ce sentiment en essais. Donc on a arrêté en cours de saison car il y avait un coût de développement trop important pour rectifier le tir.

En 2008, un seul rallye avec un one-shot au rallye d’Alsace avec Transalliance qui n’avait plus trop de budget pour ça après la crise économique.

Et en 2009, Georges Guebey m’a permis de me relancer pour jouer le championnat Teams avec son équipe GPC. On a roulé au coup par coup cette année là en roulant à la fois en 307 mais aussi en 206 WRC. J’étais loin de me douter qéu’on allait faire un championnat complet.

Malheureusement, ça ne pouvait pas durer plus longtemps.

L’année d’après, ma fille est née et le rallye n’était plus vraiment au programme. Pour l’anecdote, ma femme Magali était enceinte lors de notre fin de cette saison 2009, sans que la gynéco soit au courant forcément.

En même temps, l’école de pilotage était en pleine progression. De mon côté, j’ai coaché un gars sur circuit et nous avons participé à deux reprises aux 24h de Nürburgring avec une Porsche 996 Cup (2013 et 2014). On a également disputé 3-4 courses de préparation pour se qualifier. »

As-tu eu des opportunités de revenir ensuite ?

« Non pas vraiment, j’ai fait quelques épreuves historiques et cette année, le but était de faire la moitié du championnat de France avec une Porsche VHC du circuit. Au Touquet, j’ai vraiment débuté avec des pincettes dans un environnement toujours spécial. C’est une super belle voiture et très agréable à piloter.

Donc à la reprise du sport auto, on verra ce que je peux faire en fonction de mon métier également. »

Quel a été le meilleur moment de ta carrière ?

« En formule de promotion, j’en ai eu plein. Il y a toujours eu des bagarres aux dixièmes même si de l’extérieur, cela paraissait facile car je gagnais tout le temps (Saxo Challenge). Mais il y avait tout le temps un pilote local qui était proche comme Manessier, Mordacq ou Benier, et d’autres pour le championnat comme Mackerer, Lonjard et Bonato.

L’année face à Bernardi était sympa aussi, et notamment notre première victoire en championnat de France au rallye du Limousin en 2005. »

Quelle a été la voiture préférée dans ta carrière ?

« La Peugeot 206 WRC, déjà car c’est ma première WRC. C’était une voiture homogène, petite et facile à conduire. Ensuite la Xsara m’a bien plu aussi, je m’y sentais vraiment bien et elle était mieux en moteur que la 206. »

Quel copilote t’as le plus apporté ? 

« J’ai eu Michel Roissard à mes débuts et j’ai d’ailleurs roulé avec lui au Touquet en mars dernier. C’est un bosseur et un copilote très rigoureux. 

Il a moins d’expérience que Jean-Paul Chiaroni qui m’a copiloté en 2004, mais je mets les deux ex-aequo !

Et avec Magali, qui est ma compagne, nous avions l’avantage de très bien se connaître. Elle a toujours roulé avec moi et a débuté comme moi en 1998. »

Si tu devais refaire un rallye aujourd’hui ? Ce serait lequel et avec quelle voiture ? (Budget illimité)

« Question très difficile. Je dirais la Finlande car cela doit être une expérience incroyable et que cela impressionne. Ce n’est pas le rallye le plus simple !

Et avec une Audi S1 groupe B, une voiture qui a marqué l’histoire du rallye et une génération, voire des générations ! »

Que penses-tu globalement du rallye français aujourd’hui, du championnat asphalte avec les R5 mais aussi des formules de promotion ?

« Je suis surpris de voir autant de R5 par rapport à leurs coûts financiers, mais tant mieux. Le niveau est très élevé avec pas mal de pilotes qui peuvent gagner au départ.

Pour avoir une plus grande variété de spéciales, il faudrait un travail de fou des ASA et certaines ne peuvent pas se le permettre.

Pour les formules de promo, comment faire sans ??? Bien marcher dans ta région ne suffit pas. Il n’y a pas de recruteurs comme au football. Avec Rallyes Jeunes, ce sont les deux seules possibilités pour réussir.

Pour les constructeurs, il faudrait partir d’une voiture de série, cela éviterait peut-être l’escalade. On peut par exemple éviter la boîte séquentielle par exemple (utilisée en Junior depuis quatre ans). »

As-tu des regrets par rapport à ta carrière ?

« On peut toujours faire mieux. L’arrêt du programme Citroën en fin d’année 2004 n’est pas tombé au bon moment, mais c’est comme ça. Je suis content de ce que j’ai fait. »




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RacingRed
RacingRed
4 mois il y a

Champion de france, deux fois vice champion avec des victoires en 2009 avec 1 206 vieillissante, 2 fois vainqueur de la coupe saxo (il avait redoublé en 2003) et encore 1 autre fois en circuit en 97, c’est sur le mec il est pas très bon…

Bazire
Bazire
4 mois il y a

D’accord avec toi Ciso a propos de son père un des rares a rivaliser avec les mousquetaires avec sa berlinette privée dans les années 70 en gagnant notamment ma chère ronde cévenole …..