Que sont-ils devenus ? #15- Jérémie Serieys



Avec une saison actuelle à l’arrêt, le moment est idéal pour s’intéresser à ceux qui vous ont émerveillé dans les années 2000, avec de jeunes pilotes aux dents longues mais aussi des pilotes aguerris, prêts à se dépouiller sur les routes des championnats de France asphalte et terre.

Encore plus qu’aujourd’hui, les formules de promotion étaient d’une densité folle avec des plateaux dépassant parfois la trentaine de concurrents au départ, tous prêts à se battre pour le moindre dixième. Parmi eux, certains ont atteint la gloire, avant de disparaître peu à peu des radars des rallyes et du public.

Faits marquants en carrière

2013Pilote officiel Renault en championnat de France des rallyes asphalte (Renault Twingo RS R2)
2012Champion Junior (Renault Twingo RS R1)
2008Début en rallye (Peugeot 106 Rallye N2)

Ancien pilote officiel Renault et champion de France Junior 2012, Jérémie Serieys est le quinzième pilote à répondre à notre invitation pour cette rubrique : « Que sont-ils devenus » ? 

Quelle est ton activité aujourd’hui ?

« Je suis toujours en couple avec Justine, ma copilote depuis mes débuts jusqu’à l’année 2013. J’ai une petite fille de 2 ans 1/2.

J’ai racheté le garage de mon oncle en janvier dernier à Saint-André-de-Sangonis dans l’Hérault. Auparavant, j’y travaillais depuis 10 ans en tant que mécanicien.

Je fais du sport et notamment du trail. Avant le rallye, je faisais du motocross, et aujourd’hui je fais de l’enduro. J’ai pu rouler pendant 2 saisons avec la Sherco Academy. »

A quel moment tu as senti que ta carrière était sur la fin ?

« Lors de la saison 2014, c’est déjà devenu compliqué. J’ai été reconduit en Equipe de France et au stage du début d’année à Chamonix, j’étais à la recherche de solutions pour rouler, même si j’avais l’assurance de participer à la fin du championnat avec la Clio R3T.

Lors de cette saison là, j’ai eu un Mont-Blanc écourté à cause d’une erreur, puis un problème mécanique aux Cévennes. Du coup, je n’ai pas roulé au Var. J’ai été un peu dégouté que ça se termine comme ça.

En 2014, j’ai aussi eu une petite opportunité de faire la Coupe Adam avec le team Bonneton. Je n’étais pas super chaud de repartir de suite sur une formule de promotion. J’étais bien impliqué dans le garage et je n’avais pas trop la tête à ça.

Cela a été complexe de continuer après cette saison là, mais j’ai quand même pu rouler avec ma propre Renault Clio R3. »

As-tu eu des opportunités de revenir ensuite ?

« J’ai eu l’opportunité de faire les Cévennes 2017 avec une Skoda R5 du team FJ. Malheureusement, je n’avais que 70 à 80% du budget demandé. J’ai pu faire une vingtaine de kilomètres en essais près des ateliers et ça m’avait vraiment donné envie d’en faire plus…

Ensuite, j’ai un peu décroché du rallye avec mes sélections avec la Sherco Academy. Je n’avais plus trop envie de rouler en rallye, mais depuis un moment, j’y pense beaucoup.

D’ailleurs, j’ai pris des nouvelles de Renaud Chazel il y a peu, et il m’a fait une petite proposition pour faire les Cévennes avec une de ses autos. C’était déjà un plaisir qu’il pense à moi et en plus avec une proposition intéressante à la clé. »

Quel a été le meilleur moment de ta carrière ?

« Je me souviendrais toujours de l’annonce de ma participation au championnat Junior 2012. C’était un rêve de participer à une formule de promotion. De janvier, la date où Franck Coria m’a annoncé la bonne nouvelle, à mars et le rallye du Touquet, je n’en dormais plus la nuit. »

Pour la petite histoire, j’ai connu Franck lors du rallye des Cévennes 2011. Il est reparti derrière moi à cause d’un problème mécanique et a terminé la spéciale derrière moi. Il a vu comment je roulais et a eu le déclic de m’aider. Franck a été le déclencheur de mon programme en Junior, en achetant notamment la Twingo.

Côté sportif, le titre à l’arrivée du Var 2012 est forcément un bon souvenir, tout comme l’Alsace 2013 avec l’équipe de France FFSA, et enfin le scratch absolu au rallye des Cévennes sous la pluie avec la Twingo R2. J’avais eu de bonnes indications des ouvreurs à ce moment là pour effectuer le bon choix de pneus et j’avais réussi un super temps devant les WRC et S2000. »

Quelle a été la voiture préférée dans ta carrière ?

« La Twingo R2. C’est la voiture avec laquelle j’ai fait le plus de kilomètres grâce à une saison complète. J’ai aussi fait des essais de développement, donc je l’ai vite eu bien en mains.

Et bien évidemment, et même si j’ai fait seulement 18 ou 20 km avec, j’ai beaucoup apprécié la Skoda Fabia R5. »

Quel copilote t’as le plus apporté ? 

« J’aimerais bien avoir une faveur pour cette réponse ! Je voudrais parler de chaque copilote, car j’ai des souvenirs particuliers avec chaque.

Premièrement Justine bien entendu. C’est la personne avec qui je partage ma vie. On a débuté ensemble en rallye et jusqu’à l’année avec Renault en 2013. On a toujours progressé ensemble et bien entendu dans l’auto.

Ensuite, Jean-François De Montredon. Il a été le copilote le plus expérimenté que j’ai eu. Il avait toujours de superbes histoires à raconter. Il m’a permis d’ajouter de la précision dans mes notes. Et cela fait toujours progresser de changer de copilote.

En 2015, j’ai roulé avec Alex Coria que j’ai fait débuter au rallye du Cathare. C’est le copilote le plus passionné que je connaisse. C’est quelqu’un qui commence à être connu maintenant et je pense qu’il peut peut-être en faire son métier.

Enfin, Stéphane Crespin qui est un ami depuis 2008. C’est une personne que j’ai connu à mon premier rallye et que j’ai toujours cotoyé. Pour son anniversaire, je lui ai proposé de faire un rallye avec moi pour s’engager au rallye de Bagnols. J’ai tout de suite été en confiance avec lui. Dès le premier chrono, j’ai eu l’impression d’avoir déjà fait 30 rallyes avec lui. »

Si tu devais refaire un rallye aujourd’hui ? Ce serait lequel et avec quelle voiture ? (Budget illimité)

« Une manche du championnat de France asphalte, et que je connais bien comme les Cévennes et le Rouergue. Premièrement, j’ai pensé à une R5 mais finalement je préférais une KC ou une S1600, on va dire une Peugeot 306 Maxi !

Que penses-tu globalement du rallye français aujourd’hui, du championnat asphalte avec les R5 mais aussi des formules de promotion ?

« Je regarde le championnat asphalte en globalité. C’est plutôt pas mal avec un championnat beaucoup plus disputé qu’à mon époque. Le niveau est très beau, c’est beaucoup plus intense. L’arrivée des R5 a fait du bien au championnat.

Comme je l’ai pu lire dans cette rubrique, je trouve aussi un peu dommage d’avoir des spéciales et des rallyes qui se ressemblent d’année en année. C’est forcément moins évident pour les débutants de s’illustrer.

En ce qui concerne les formules de promotion, je ne pense pas que j’aurais pu démarrer à l’époque actuelle comme j’avais pu le faire en Twingo R1. La voiture n’était pas chère avec un tout petit entretien. Je n’ai pas trop compris pourquoi les constructeurs n’avaient pas continué dans cette catégorie. Les formules seraient ouvertes à beaucoup plus de monde.

La coupe 208 est par exemple beaucoup trop chère pour un jeune qui débute. Ce sont des voitures de plus en plus performantes mais pas à la portée de tous.

Reste Rallye Jeunes. Même si moi je n’ai pas tenté car je trouvais que la sélection sur circuit n’était pas mon truc, cela reste quelque chose à tenter.

On voit beaucoup de petits jeunes talentueux sur les rallyes de Coupe de France mais en incapacité de s’inscrire en formule de promotion à cause du budget. »




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QuentEnbach
QuentEnbach
3 mois il y a

Enfin du bon sens concernant une formule « junior ». La R1 était la classe idéal pour débuter en championnat !

Pach
Pach
3 mois il y a

Content d’avoir des nouvelles de Jérémie, avec peut-être un retour sur les routes cevenoles!!!! Si l’ASA pouvait remettre la spéciale des Lavagnes…..