Tour de Corse 2003 : Solberg le miraculé



Continuons notre rétrospective des meilleurs moments du rallye international avec un retour sur le Tour de Corse 2003, épreuve où Petter Solberg l’emporta après un début de week-end cauchemardesque avec une sortie au shakedown !

Cinq constructeurs sont au départ de cette 47e édition du Tour de Corse, douzième manche du championnat du monde des rallyes 2003. Citroën débarque notamment en force à domicile en alignant quatre Xsara WRC alors que Peugeot doit reprendre des points aux Rouges dans la course au championnat constructeurs. 

Au départ de cette épreuve, cinq pilotes sont encore sérieusement engagés dans la lutte pour le titre : Richard Burns (57 points), Sébastien Loeb (55), Carlos Sainz (53), Petter Solberg (48) et Markko Martin (43 points).

Dès le shakedown, on assiste à un coup de théâtre. Deux semaines après une rocambolesque panne d’essence sur sa Subaru et un abandon en Sardaigne, Petter Solberg abîme cette fois sa belle Subaru contre un poteau télégraphique au bord d’une falaise corse. Dès lors, Prodrive va travailler d’arrache-pied pour remettre en état la Subaru blessée du champion norvégien. Après une nuit blanche, l’Impreza est comme neuve, et prête à partir au combat sur un terrain normalement peu favorable au trio Solberg/Subaru/Pirelli. « C’est un poteau qui nous a empêché de plonger 200 mètres en contrebas. C’était plus dangereux qu’il n’y paraît. C’est la première fois de ma carrière que je me fais aussi peur. » a commenté le norvégien après cette faute.

Au cours de la première étape, la bataille fait rage entre les Citroën, les Peugeot et les Ford. A l’issue de la première boucle, les six premiers sont ainsi regroupés en seulement douze secondes. Attendu à l’avant, Gilles Panizzi est à la peine avec plus de trente secondes de retard à cause de problèmes mécaniques sur sa 206 et un mauvais feeling général.

Dans la deuxième boucle, les Ford sont en pleine forme : 1 scratch pour Duval, 2 pour Märtin.  Très rapide, ce dernier a néanmoins commis une belle faute dans l’ES4, le privant d’une possible première place provisoire. Très régulier avec trois chronos dans le top 3, c’est bien Sébastien Loeb qui domine le général, 3s9 devant Duval et 5s3 sur Grönholm.

Sainz est aussi dans le bon tempo (+10.2) alors que Martin et Burns sont quasiment à vingt secondes. Pour Solberg, huitième, le déficit est déjà énorme : 43s8 et au mieux un sixième temps…

Samedi, deux boucles de trois spéciales sont encore à disputer et la météo s’annonce instable ! Dans la première du jour, 38,64 km de bravoure entre Ampaza et Petreto, Märtin impose encore sa Ford en slicks retaillés, décidément redoutable sur ce terrain corse. Il gagne trois places d’un coup pour revenir à 9s6 du leader Loeb, et tout juste devant son coéquipier Duval.

Victime d’une averse en fin de spéciale, Grönholm plonge au classement en perdant près de trente secondes. Et contrairement aux prévisions, la pluie s’installe clairement sur cette fin de matinée et personne n’a vraiment fait le choix optimal.

Si impressionnant dans la 7, Märtin se fait piéger dans la 8 et casse une jante sur sa Ford Focus, l’obligeant à s’arrêter pour changer une roue. Ses espoirs de victoire et même de podium viennent de s’envoler.

Quelques minutes plus tard, Loeb est à son tour victime de cette fameuse spéciale 8. Alors leader, l’alsacien part en tête-à-queue et la Xsara se retrouve à cheval sur la route. Malgré l’aide de quelques spectateurs, de plus en plus nombreux au fil des minutes, la Citroën va rester planter là pendant plus de dix minutes ! Pour lui, le rallye est d’ores et déjà terminé et l’opération au championnat s’annonce catastrophique.

Après cette ES8, le classement est évidemment chamboulé avec Duval, nouveau leader, 10s6 devant le métronome Sainz et 15s3 sur Solberg, auteur d’un très bon chrono dans la 7 et grand bénéficiaire de cette matinée. Et pourtant, le belge regrette d’avoir calé à plusieurs reprises au départ de cette spéciale (15s perdues).

A 16s8, Grönholm reste également dans le coup pour la gagne. Dans la 9, rien ne bouge vraiment même si Solberg en lâche quand même une dizaine face à ses adversaires. 

Au parc d’assistance, la météo joue encore des tours aux concurrents, comme si souvent sur l’île de Beauté.

Dans le deuxième passage de Ampaza – Petreto 2, Solberg fait le show. Alors que le norvégien roule principalement sur une route sèche, Duval se prend une averse et accuse 19s9 de retard sur la ligne d’arrivée. Sainz n’est pas beaucoup mieux avec 13s4 de retard sur le norvégien. Ces trois hommes sont maintenant les seuls à pouvoir raisonnablement jouer la victoire. Encore dans le coup avant cette spéciale, Grönholm est parti au large dans un gauche, lâchant au final plus d’une quarantaine de secondes.

Dans la 11 puis surtout la 12, Solberg fait un festival et empoche deux nouveaux meilleurs temps, lui permettant de s’installer en tête de ce Tour de Corse ! Avec la seule auto chaussée en Pirelli, gomme réputée pour être redoutable sur sol humide, le norvégien vient de réaliser un coup de maître. Seulement septième dans la 12, Duval accuse maintenant 17s9 de retard et Sainz 22s4. Dans la course au championnat, Burns, huitième, fait du mieux possible avec une course sans relief.

Avant l’ultime étape de demain, tout reste ouvert. Si Solberg rêve logiquement d’un nouveau sol humide, Duval et Sainz sont prêts à répliquer si la météo est plus calme.

Au matin de la dernière étape, le sol présente encore quelques traces d’humidité, et le norvégien devance encore ses rivaux pour la victoire. Dans la 13, Solberg colle ainsi 4s3 à Duval et surtout 7s4 à Sainz. Sur des spéciales qu’il découvre, Duval est clairement moins à son aise que vendredi et samedi et perd même 15s sur Solberg dans les 31 km tortueux de Pont de Calzola et Agosta. Heureusement, le belge garde quand même l’avantage sur Sainz pour un dixième.

A deux spéciales de l’arrivée, Solberg a désormais un boulevard devant lui avec 36s de marge sur le duo Sainz/Duval.

Pour l’ultime boucle, Sainz prend des slicks retaillés face aux intermédiaires de Duval. Dans la 15, avant-dernier chrono du rallye, le choix du belge est le meilleur alors que l’espagnol sombre avec le 11e temps. Avant le dernier chrono, le belge possède un bel avantage de 10s6 mais 31,81 km sont encore à faire.

Dans une spéciale où il a peiné en matinée, Duval est encore une fois en difficulté et ne peut rien faire face à Sainz, excellent troisième dans cette spéciale…plus sèche que la précédente. Pour 5s1, l’espagnol grimpe à la deuxième place du général et s’empare alors de la tête du championnat du monde provisoire.

Sur la plus haute marche de ce Tour de Corse 2003, Solberg peut exulter, il vient de marquer des points très précieux dans la course au titre. Sorti au shakedown jeudi matin, le norvégien est un véritable rescapé.

Un mois plus tard en Grande-Bretagne, le pilote Subaru remporta le titre mondial, 1 point devant Sébastien Loeb et 9 sur Carlos Sainz. 

Classement Final

1Solberg-MillsSubaru Impreza S9 WRC 
2Sainz-MartiCitroën Xsara WRC+36.6
3Duval-PrévotFord Focus WRC+41.7
4Grönholm-RautianenPeugeot 206 WRC+1:09.2
5McRae-RingerCitroën Xsara WRC+1:26.0
6Panizzi-PanizziPeugeot 206 WRC+1:58.7
7Mäkinen-LindströmSubaru Impreza S9 WRC+2:25.8
8Burns-ReidPeugeot 206 WRC+2:36.7

 





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berlinette
berlinette
1 mois il y a

Un rallye à l’image de sa carrière. Solberg avait beaucoup de panache, alternant les hauts et les contre-bas!

Eric
Eric
1 mois il y a

C’est clairement ici que S.Loeb perd le titre 2003

Bazire
Bazire
Reply to  Eric
1 mois il y a

Tout a fait Eric il perd de gros points sur ce Tour de Corse mais c’est les aléas du rallye et il va bien se rattraper avec ses 9 titres !…..

Seb73
Seb73
Reply to  Eric
1 mois il y a

Turquie ,panne d’essence, etc….