S.Dommerdich : « Amoureux de la 205 GTi »



Lancé sur ses premiers chronos en 2003 au volant d’une 205 GTi F214, Sébastien Dommerdich a retrouvé cette monture avec succès depuis plus d’un an.

Vainqueur de groupe à deux reprises avant la finale, le pilote Peugeot a brillé lors de cette dernière épreuve à Lunéville (13e au scratch et 2 de groupe), avant de remporter une première victoire scratch au rallye national Monts et Coteaux. Pour terminer en beauté, le haut-savoyard a décroché la deuxième place du podium au nouveau rallye Hivernal de Dévoluy.

En cette fin de saison, nous avons rencontré Sébastien pour un long entretien en évoquant son parcours en rallye depuis ses débuts, sa fidèle 205 GTi, mais également ses dernières performances et enfin ses projets pour la saison prochaine.

Bonjour Sébastien, comment es-tu arrivé au départ d’un rallye ?

Mon amour du rallye est né dès l’âge de trois ans en voyant les 205 T16 au Monte-Carlo 1985 au bord des spéciales. Que ce soit à Pikes Peak ou en championnat du monde des rallyes, cette voiture m’a fait rêver, tout comme la 205 GTi avec cette publicité mythique à la télévision.

Par la force des choses, je suis tombé amoureux de ce modèle. Honnêtement, je pense que c’est la meilleure sportive qui n’a jamais été produite. C’est hyper fiable, en chassis c’est incroyable et je reste encore effaré des performances de cette voiture, même en version d’origine. 

Avant d’avoir le permis, j’ai appris les bases du pilotage via le karting de 15 à 18 ans, je pense que cela reste la meilleure base pour se faire plaisir et apprendre. Dès que j’ai eu assez de sous à 18 ans, j’ai acheté ma première voiture, qui était déjà une 205 GTi et j’ai toujours continué avec des petites sportives.

J’ai commencé le rallye en 2003. Sur mes premières années jusqu’en 2007, c’était un peu avec les moyens du bord et ce n’était pas forcément idéal. Du moment où on a eu de bonnes pièces avec les conseils de personnes qualifiées dans ce milieu, cela a commencé à marcher (9e au Faverges 2007 par exemple). Jusqu’en 2010, on a enchaîné de bonnes performances avec la 205, tout en ayant l’opportunité de rouler en S2000. Avec cette dernière auto, j’ai notamment terminé troisième de la finale d’Anglet, en remportant le S2000 face à deux 207, ça reste un super souvenir.

J’ai levé le pied à partir de 2012/2013 avec l’arrivée de mon premier gamin et je suis donc revenu en 2015 avec une 205 assez brute au départ.

Quelle est la différence entre la 205 alignée en fin de saison et celle que tu pilotais jusqu’en 2010 ?

Niveau look déjà, on restait sur la volonté d’avoir une 205 « normale », non en version Maxi. Au global, la voiture est plus évoluée qu’en 2010, notamment au niveau des trains et des amortisseurs. Côté freins, rien n’a bougé, pour la boîte, ça reste une six à crabots avec un étagement revu, alors que le moteur est plus puissant (235 cv contre 215 cv), mais le rapport poids/puissance est légèrement plus faible car la voiture est plus lourde.

En terme de moteur, la différence n’est donc pas énorme mais le chassis a bien progressé. A l’époque, j’étais en voies larges et aujourd’hui, j’ai des trains qui ressemblent plus à une architecture de 205 modifiée à l’inverse de ce que faisait Peugeot à l’époque. Pour faire simple, l’usinage d’un carrossage positif nous permet d’accéder au carrossage négatif en élargissant les voies. On a un train avant très basique avec des éléments d’origine Peugeot Sport de 205 et 306. On a également des amortisseurs produits par une super entreprise. Et pour finir, j’ai un train arrière de 309 très classique.

Le tout est très homogène, plaisant à conduire et efficace, je pense que nos résultats en témoignent. Depuis que nous avons fait ça pour la finale, la voiture est diabolique.

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Sur les trois dernières performances (13e scratch à la finale, victoire au rallye Monts et Coteaux, 2e au Dévoluy), quelle est la plus marquante pour toi ?

C’est compliqué de faire un choix. Je suis content pour les trois et en plus avec trois copilotes différents à chaque fois.

Pour la finale, je suis vraiment satisfait mais je garde un petit goût amer. Comme nous n’avons pas forcément la voiture la plus performante dans notre groupe, nous nous devons d’être irréprochables pour décrocher une belle performance. J’ai fait un super prologue en donnant tout sur les conseils de mon ami Thomas Badel.

On a fait un super chrono certes, mais ça ne compte pas pour le classement et après nous avons pris les mauvais pneus pour les deux spéciales de la première étape. Le fait d’avoir reçu à ce moment là nous coûte peut-être la victoire de groupe. Le samedi a été quasiment irréprochable, mais le vendredi donc, nous nous sommes loupés.

Notre objectif à la finale était de faire le mieux possible, c’était difficile de viser un résultat précis. Aucune course n’est identique, en fonction des conditions, que ce soit du profil du rallye et des adversaires. Ce résultat reste un très beau souvenir, les spectateurs ont été fantastiques avec nous, il y avait toujours beaucoup de monde à l’assistance. C’est ce que j’aime dans le rallye, il y a un côté vraiment grisant de se montrer devant et d’être autant supporté. Le week-end a été super et on fait certainement partie des performances un peu notables de la finale je dirais, c’est génial pour moi et mes proches

Le Mont et Coteaux, c’est forcément spécial avec notre première victoire en Coupe de France, donc si je devais choisir, c’est celle que je retiendrais. C’était ma première victoire scratch. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de retenir que l’on gagne ce rallye car Patrice Bonnefond sort de la route alors qu’il était intouchable à la régulière.

Enfin au Dévoluy, c’était magique, c’est un rallye Monte-Carlo pour amateur. Moi qui suis passionné d’un tel rallye mais qui ne possède pas le budget pour y rouler, c’est vraiment une belle alternative. On roule sur des spéciales identiques dans des conditions aussi particulières même si nous n’avons pas eu vraiment de neige cette année. Le premier soir, nous sommes tout de même partis en pneus clous pour la dernière spéciale. A la régulière, nous étions sur le podium provisoire, après Matthieu Margaillan pointe en avance et on en profite pour gagner une place.

Aux Monts et Coteaux, à la différence du Dévoluy, c’est que nous avons réussi à devancer de grosses autos qui étaient juste derrière nous avec l’Impreza de Pezzutti et la DS3 R5 de Greiffenberg. Au Dévoluy, j’ai plus « évolué à ma place », même si nous avions de beaux pilotes derrière nous avec notamment Poizot (Clio R3), Oberti (DS3 R3) mais aussi Philippe Brun en Subaru Impreza, sans oublier Patrice Rouit, ancien pilote de formule de promotion. C’était encore une fois très gratifiant de devancer ces pilotes même si le plateau n’était pas énorme sur cette épreuve. « Triompher » sans concurrence, c’est assez nul.

Après cette belle fin d’année 2016, quel est ton programme pour 2017 ?

J’aimerais rouler dans un team en championnat de France des rallyes asphalte en visant les meilleures places possibles au scratch avec ma 205, puis ma 306 que je suis en train de remonter. Elle ne sera pas beaucoup plus performante que la 205 mais on espère faire un peu mieux.

J’aimerais me battre face à des R3 et des R2 qui roulent en formules de promotion, c’est ce genre de performances que je recherche. J’aimerais également me battre pour le groupe et marquer des points en trophée Michelin. 

Bien sûr, ce n’est pas gagné pour 2017. Déjà il faut trouver un team qui accepte de m’intégrer, mais aussi, bien évidemment, il faut trouver le budget pour rouler sur tout le championnat, et ça c’est encore moins évident. Je vais commencer la saison au Touquet, c’est un rallye atypique qui mérite d’être fait. Je respecte cette épreuve et si je devais louper une épreuve pour une question de budget, ce serait l’Antibes. Au niveau des reconnaissances, j’ai l’impression que ce rallye représente vraiment une galère, et s’il y a bien quelque chose que je n’aime pas en rallye, ce sont les reconnaissances !

Best-of de Sébastien Dommerdich





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  1. Calpas03 dit :

    Seb, quelle attaque avec cette 205, trop beau de te voir sur le bords des routes…

  2. swift dit :

    J’aimerais bien montre une 205 comme la sienne

  3. Micdegre dit :

    Avec ses R2, R3, etc … le rallye est devenu ennuyeux voir soporifique et il reste trop peu de gars comme Sébastien avec sa superbe 205. Une attaque de folie, une habileté « Ragnotesque » !!! J’adore ce type, quel pied de voir les vidéos de ses passages mais surtout d’être sur le talus et de le voir passer ! C’est ça le rallye !!! Les jeunes, regardez le et prenez en de la graine !!!

    • Lo Joanòt dit :

      Je ne m’ ennuie pas quand je vois passer les premiers des coupes R2 ou R3, cela attaque fort jusqu’ à la dernière spéciale et leur place au scratch reflète bien cette attaque ! Il est vrai, on doit être dans un autre budget. Encore un Sébastien, ou ce sont des clones ?

      • Micdegre dit :

        Ouais, ce sont surtout les voitures qui ne me font pas vraiment rêver, et aussi pas mal de pilotes remarque ……
        Quand à son prénom, ça commence à faire beaucoup de coïncidences ! lol 😉

  4. Alain dit :

    Absolument en accord avec Jeff, cet amateur très talentueux, au même titre que Badel et Saulnier, mérite largement d’obtenir le soutien d’un Team reconnu, voir d’un constructeur. Très efficace quel que soit le terrain et a la fois spectaculaire.

  5. Thomas dit :

    En voilà un qui ne passera pas chez Rono ou Ford l’an prochain, cool 😉

  6. Jeff Boulet dit :

    Super pilote ! Je trouve que les performances que réalisent Sébastien depuis un petit bout de temps mériteraient un tout autre écho dans la presse spécialisée ! J’ai d’ailleurs fais un courrier en ce sens à un mensuel…Pour moi, Sébastien Dommerdich représente l’archétype même de l’amateur doué, il prouve qu’il est possible de se révéler sans rouler dans une R3, R5 ou autre outil hors budget pour la plupart des amateurs. Avant tout c’est un gars habile, qui attaque mais qui pilote proprement, il est efficace et spectaculaire, un peu « à la Cédric Robert » …Je reste bluffé par ses chronos quand les conditions sont pourries ! Lors de la finale, il est avec Raphaël Astier celui qui, à mon avis, réalise la plus grosse performance. A l’image de Pierre Alexandre Perrin dans le Nord ou de Florent Cellier en Auvergne, il est peut être passé à côté d’une belle carrière !? Bons nombres d’espoirs ou assimilés comme tels n’ont pas le « coup de patte » de Sébastien. Bravo à lui, la discipline a besoin de pilotes de ce niveau, de gars pas seulement « doués comme Crésus » …J’espère que ses récents exploits vont décider certaines personnes à donner un coup de main au Haut Savoyard, il mérite d’intégrer une structure pour rouler en championnat de France. Félicitations à Rallye Sport pour cette interview !!