Bonato : « C’est un truc de dingue »



Avant même le Var, Yoann Bonato a tué le suspense dans le championnat de France asphalte, remportant avec brio le Critérium des Cévennes et du même coup, un deuxième titre de champion.

Dans cette nouvelle chronique, le pilote des 2 Alpes revient évidemment sur ce sacre, acquis notamment grâce à une superbe série de trois victoires consécutives alors que le début de championnat avait été difficile. La saison de Yoann a aussi été marqué par un travail intense avec Citroën Racing pour continuer le développement de la C3 R5, jusqu’à piloter dernièrement une C3 WRC pour une opération VIP. Dans cette chronique, on évoque enfin son programme pour la saison prochaine qui est encore loin d’être défini.

Félicitations Yoann pour ce deuxième titre consécutif, toujours avec Benjamin, toujours avec CHL et toujours au volant d’une Citroën. On ne change pas une équipe qui gagne non ?

« Merci !! En effet on ne change pas une équipe qui gagne : Citroën/CHL/Michelin et cette année IGOL. C’est un truc de dingue ce qui nous arrive à tous depuis quelques années. Il n’y a pas si longtemps (4 ans) j’essayais de rebondir en formule de promotion, et maintenant ce deuxième titre. C’est incroyable, j’ai du mal à y croire. Lorsque je vois toutes ces personnes heureuses autour de nous, ça me fait vraiment chaud au coeur et je me dit que l’on a accompli quelque chose de sympa… »

Après le Rouergue et un deuxième abandon consécutif, ta situation au championnat était très compliquée. Trois rallyes et trois victoires plus tard, tu es champion. Qui l’eût cru ?

« Notre abandon du Rouergue fut un vrai coup de massue, nous savions qu’il était encore possible de l’emporter en gagnant la totalité des courses restantes...Vue notre niveau de fiabilité de début de saison, tout semblait compliqué. Puis une solidarité s’est crée et personne n’a baissé les bras. En collaboration avec Citroën racing, CHL sport auto a fait un travail de dingue sur la voiture. Dès lors, nous avons pris les courses les unes après les autres. A commencer par le Mont Blanc, puis le Coeur de France jusqu’aux Cévennes. Ils l’ont fait, je ne sais pas comment les remercier de s’être autant donné.

De plus, je viens perturber leur travail entre les rallyes pour tourner les vidéos de présentation des courses. Lorsque nous arrivons dans les ateliers, ils sont généralement en pleine révision de voiture, je vois leur tête et j’imagine très bien ce qu’ils se disent… Nous avons eu de franches parties de rigolade, ce sont de vrais acteurs et certains ont même leur place à Hollywood ! »

Parmi les huit manches du championnat que tu as disputé, laquelle as-tu préféré ? J’imagine que les Cévennes ont une place particulière maintenant.

« Je n’ai vraiment pas de préférence sur les rallyes, ils sont tous différents. Impossible de comparer le Touquet aux Cévennes, ou encore le Mont Blanc au Coeur de France. Les Cévennes sont vraiment mythiques, c’est une terre de rallye là-bas ! Les Plantiers en spectateur, ça doit être une ambiance de feu ! »

Et au contraire ta plus grosse déception de l’année ?

« Nous avons connu au Rouergue un évènement peu commun : un abandon au parc fermé de départ ! Nous n’avions encore jamais eu l’occasion dans notre carrière d’abandonner si tôt dans la course. Nous avons vite relativisé car notre mésaventure n’avait que peu d’importance par rapport à celle de Bryan. »

Et si tu devais citer un moment particulier avec Benj’ ou ton équipe ? J’imagine que le choix est large !

« Comme je le disais plus haut, cette année nous nous sommes vraiment marrés à tourner nos vidéos avec l’équipe de Mathieu Anne et Pierre Simenel. Tout le monde à joué le jeu, Maurice Guichard nous à déniché des bijoux comme la calèche du Coeur de France ou encore la Méhari des Cévennes. Obliger de mettre des Oignons dans les yeux de Max et Aurélien pour les faire pleurer… A mourir de rire. »

Tu as été le premier pilote à engager une C3 R5 sur un championnat complet. Tu as également participé au développement de cette C3 et tu roules régulièrement en essais. Comment vis-tu ça ?

« C’est génial de travailler en essai comme nous le faisons avec un constructeur. Aujourd’hui, nous avons offert un premier titre à la C3 pour sa première année de compétition, c’est le sentiment du travail bien fait ! »

En un an, ton agenda et tes responsabilités ont bien changé. Au delà des victoires, est-ce un aboutissement pour toi d’avoir ce statut ?

« Oui et ma vie familiale à également dû s’adapter à ce changement. L’équipe que forme le Développement chez Citroën est magique, l’ambiance de travail y est à la fois très sérieuse et très détendue. Nous aimons passer du temps avec eux lors de ces séances. Le travail sur la C3 n’est encore pas terminé, il reste encore du boulot, je devrais donc les revoir rapidement !! »

Maintenant que tu es titré, est-ce qu’on peut s’attendre à une surprise au Var ? On t’as vu pour un roulage avec des VIP avec la C3 WRC. Tout le monde rêve de te voir en compétition à son volant. J’imagine que toi aussi.

« Ce serait génial de pouvoir faire quelques piges avec la C3 WRC en mondial. Nous ne perdons pas espoir, surtout lorsque l’on voit les performances de Bryan en Corse, ça donne forcément envie d’essayer nous aussi. Le championnat de France ne peut malheureusement et heureusement pas accueillir ces véhicules en compétition mais seulement en voiture 0. »

Qu’as tu d’ailleurs pensé de cette auto ?

« Ces voitures sont magiques, il est difficile de les décrire, tout va beaucoup plus vite mais tout est uniforme. Comment dire, c’est ce que l’on peut imaginer de mieux en rallye à ce jour ! »

Tu as gagné beaucoup d’épreuves sur asphalte et ton talent est évidemment reconnu sur cette surface. On attend désormais que tu brilles également sur la terre, mais ce championnat est moins médiatique et reconnu, est-ce un problème pour tes partenaires et ton équipe ? Est-ce ton souhait de rouler sur terre ? A choisir, pourrais-tu abandonner l’asphalte pour la terre ?

« Bien souvent je ne choisi pas vraiment mes programmes mais ce sont mes partenaires qui m’orientent. L’asphalte en France à une popularité de dingue. L’arrivée de Canal+ à mis la barre très haut point de vue retombées médiatique. Tous les championnats nous envient ! Bien sûr, la terre est une surface sur laquelle j’aimerai pouvoir faire plus de kilomètres, ma carrière s’est orienté vers l’asphalte seulement grâce aux opportunités, jamais par un choix personnel. A ce jour, nous ne connaissons pas encore notre saison 2019, affaire à suivre… »

Que peux-t’on te souhaiter pour 2019 ? Un pilote a toujours soif de victoires, mais quel nouveau défi pourrait tenter Yoann Bonato ?

« Je suis prêt à relever tous les défis à partir du moment où ce sera dans une voiture de rallye ! »





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  1. jekyll73 dit :

    Un grand BRAVO pour ce deuxième titre ! grosse concurrence cette année, un super championnat! J’espère qu’il aura au moins le même programme l’année prochaine (Bouffier aussi d’ailleurs) avec en prime du Wrc2 (voir du WRC) 🙂
    Un super pilote! vivement le var ou le plateau est toujours fourni, et vivement l’année prochaine

  2. RP14 dit :

    Bravo pour ce 2ème titre qui confirme le 1er acquis en 2017. 10ème victoire en championnat de France ça commence à chiffrer! Chapeau!

  3. Marc dit :

    Je lui souhaite une saison en France + une saison en WRC2, avec ma C3 R5, ça serait le top pour lui et Citroen

  4. Adiston dit :

    C est un beau champion de france mais pour le wrc cest mort vue l’age qui la c mort je pense

    • rallyeman74 dit :

      ce n’est plus un espoir c’est sur, mais en pigiste sur les manches asphalte pourquoi pas ? au niveau de l’age meeke à 4 ans de plus, Bouffier qui a rouler un peu cette année a 5 ans de plus également…
      il serai loin d’etre ridicule je pense

      • Ariston dit :

        Oui mais meeke roule en wrc depuis quand et bouffier na fais qun rally je veut dire il sera pas pilote oficiel en wrc meme pas en wrc 2 je pense place a la jeunesse

    • rallyeman74 dit :

      Je ne parle pas d’une saison complète, mais imaginons les 3/4 rallyes asphaltes en 3 eme pilote citroen, ce serait sympa pour lui!
      moi en tous cas j’aimerai bien le voir dans une WRC, ce serait merité

  5. chrispatagonie3 dit :

    Superbes champions !Ton professiuonnalisme et ton sens de l’humour et de la dérision font de toi quelqu’un d’unique. Puisses tu nous régaler encore de longues années….Vivement qu’on connaisse ton programme 2019.

  6. John dit :

    Un grand bravo Yo and Benj! Vous nous avez fait vibrer cette saison. J’espere qu’on vous donnera une chance de vous exprimer sur asphalte en WRC. Keep pushing !!

  7. natlin dit :

    quand on voit michel faire une annee de fou sur la terre apres son titre asphalte, bonato peut faire pareil

    • rallyeman74 dit :

      d’autant plus que Bonato à déjà malgré tout un peu d’expérience sur terre à savoir quelques manches CDF en 2009 avec l’octavia WRC dont 1 victoire à l’auxerrois) ainsi que quelques manches WRC2 entre 2016 et 2017 (finlande, portugal, pologne, RAC)

    • Xarena dit :

      T’imagines le partage d’une C3 R5 en WRC2 entre Michel et Bonato? Ça serait vraiment cool!

      Plus objectivement, j’aimerais beaucoup un engagement officiel en ERC, histoire d’aller chercher les Skoda…

      Bravo Yoann et Benji! Quel chemin parcouru depuis la période Auriol Compétition… J’étais déjà fan de la C2 🙂