La Polo GTi R5 en détails



Dans moins d’un mois, la Volkswagen Polo GTi R5 va faire ses grands débuts en compétition à l’occasion du rallye de Catalogne, avant-dernière manche du championnat WRC.

Ce mercredi, la nouvelle née de chez Volkswagen est justement en cours d’homologation devant la FIA et la marque a profité de cette journée pour communiquer davantage sur sa Polo. Ancien ingénieur de course de Sébastien Ogier, l’allemand Gerard-Jan de Jongh est rapidement devenu chef de projet de cette Polo GTi R5, et à ce titre, il s’exprime aujourd’hui à travers un long interview.

Les premières étapes du développement

« J’ai d’abord pensé au concept de base de la Polo GTI R5, après quoi nous avons eu un briefing de conception. La tâche suivante consistait à trouver les bons fournisseurs pour les composants automobiles qui ne sont pas fabriqués chez Volkswagen Motorsport.

À cet égard, nous avons pu nous tourner vers toute une série de contacts fiables avec lesquels nous avons travaillé sur la Polo R WRC. Ils comprennent Xtrac pour la boîte de vitesses, Bosch pour l’électronique de moteur, ZF Sachs pour les amortisseurs et Alcon pour les freins. »

Aucune pièce commune avec la Polo R WRC

« Nous n’avons rien repris du tout de la Polo R WRC, car les règles techniques sont complètement différentes et la Polo R WRC était basée sur le modèle précédent. Cependant, nous avons adapté la philosophie de conception. Par exemple, la position de montage des amortisseurs, la déformation du ressort, la géométrie de la suspension et la position du siège du conducteur sont similaires. Comme nous l’avons fait avec la Polo R WRC, nous nous sommes efforcés de rendre chaque composant aussi léger que possible, afin de maintenir le centre de gravité de la voiture aussi bas que possible. Ici aussi, nous étions limités par la réglementation. Les limites de prix sont spécifiées pour de nombreuses pièces et un poids minimum est souvent stipulé, par exemple pour la carrosserie.

Un budget serré pour une R5

« S’en tenir à ce budget avec une voiture R5 comme la Polo GTI R5 représente en réalité un défi majeur. Il serait évidemment possible de construire une voiture plus efficace dans le cadre des règlements techniques. Cependant, cela coûterait trop cher et serait morte née. Cela est hors de question pour notre entreprise et ne serait pas dans l’intérêt du sport. Nous avons acquis une expérience sportive similaire avec les voitures de tourisme et la Golf GTI TCR. Nous avons pu se baser sur cela pour le R5. De plus, la réglementation stipule l’utilisation de pièces de production dans certaines zones, notamment la direction, le radiateur, les arbres de transmission, le cardan et le moteur. »

Un compromis entre performance et coût

« Le poids est un gros problème pour toutes les voitures de course. En règle générale, plus une pièce est légère, plus elle est chère. En tant que tel, je devais faire en sorte que les fournisseurs avec lesquels nous voulions coopérer comprenaient que nous devions trouver un compromis entre performance et coût. Prenons une partie de la suspension, par exemple. En termes simples, nous avons conçu 90% de la partie. Nous avons ensuite apporté cette conception aux fournisseurs potentiels et leur avons demandé à quel prix ils seraient en mesure de fournir la pièce. L’important était la quantité. Nous avions parfois besoin de quelques composants pour la Polo R WRC. Dans le cas de la Polo GTI R5, conçue pour la clientèle, nous parlons de 50, 100 ou même plus de pièces. Cela a évidemment une grande influence sur le prix.

Démontrer la compétitivité de la Polo sur terre et asphalte

« Nous allons faire rouler deux Polo GTI R5, afin de montrer le potentiel de la voiture. L’objectif est de démontrer à quel point la nouvelle Polo GTI R5 est compétitive au plus haut niveau et sur différentes surfaces. La manche espagnole du championnat du monde s’y prête particulièrement bien, car c’est la seule qui se déroule à la fois sur asphalte et terre. Cependant, nous sommes bien conscients, on se rappelle de notre Polo R WRC dans le Championnat du Monde des Rallyes FIA, qu’une bonne planification ne garantit pas de bons résultats, en particulier dans le rallye. Nous serions ravis d’avoir un bon résultat en WRC2. »

Un duo de pilotes de qualité

« Eric Camilli et son copilote Benjamin Veillas ont joué un rôle clé dans le développement de la Polo GTI R5. Les deux ont une grande expérience dans la catégorie WRC-2 et ont terminé deuxième en 2017. La prochaine étape logique est de les impliquer dans les débuts compétitifs de la Polo GTI R5. De plus, nous apprécions vraiment leurs commentaires détaillés et leur approche analytique.  Petter Solberg a également participé au développement de la Polo GTI R5. Il est l’un des pilotes de rallye les plus expérimentés au monde et ses connaissances sont un atout majeur pour toute équipe. De plus, il est associé à Volkswagen Motorsport grâce à l’engagement de son équipe en WRX. C’est un grand honneur de l’avoir au volant de la Polo GTI R5 au Rallye d’Espagne. »




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Sylvain dit :

    Article riche d’éléments d’information et de compréhension du rallye « en général »… personnellement j’ai beaucoup aimé certains passages.

    « Il serait évidemment possible de construire une voiture plus efficace dans le cadre des règlements techniques. » comme toujours une voiture est un compromis, c’est pas qu’ils ne sont pas capables, c’est que chaque choix est pondéré, fait parti d’un univers des possibles, aussi financièrement.

    « Cependant, nous sommes bien conscients, (…), qu’une bonne planification ne garantit pas de bons résultats, en particulier dans le rallye. » Traduit de façon concrète, qui perd n’est pas un fada, il n’y a qu’UN gagnant et beaucoup de perdants, les perdants ne sont pas tous des nuls… sauf qu’il n’y a qu’un gagnant.

    Ce qui me manque dans l’article c’est l’articulation entre usine et clients, comment démontrer que ta voiture est une alternative à Skoda ou à la M-sport (ce sont elles qui se vendent comme des petits pains), sans une usine-vitrine qui participe au mondial?

    Imaginons Camilli-Solberg font 1 et 2 en Catalogne, cela nous dit quoi sur ce que peut faire un client dans 1 an en Catalogne avec la Polo, ou encore en Sardaigne, au Milles Lacs, etc.

    Il me semble que ce lent de Mikkelsen roulait dans une autre dimension au MC 2017… comment faire la part des choses entre voiture / pilote / spécificité du rallye?

    Si Camilli perd son duel face à Lefebvre (mais aussi vice versa!), c’est grâce au pilote, à la voiture ou aux circonstances du rallye (une crevaison, une durite, une note. etc.), comment fait VW pour vendre des Polos dans participer au mondial 2018?

    • roland59 dit :

      tout cela est vrai… néanmoins, il faut voir que les Camilli/Solberg sont en présentation sur un « one shot »… pour montrer que la voiture va vite et bien… je pense qu’ il n’y a pas beaucoup de doute à avoir… vu la « taille » des pilotes… et vont ils aller au bout de la « démonstration »… pour triompher..??..
      donc, c’est délicat de parler de duel Camilli/Lefebvre quand ce dernier sera dans la vraie compétition et aura quasi obligation de résultat…
      après, comment vendre des voitures sans articulation.. effectivement c’est une question…
      mais je suis assez confiant sur le fait que la compétitivité de la polo sera vite démontrée, même et surtout avec quelques pilotes « locaux » et que, se faisant, les ventes suivront…

  2. RallyePlaisir dit :

    Cet article est très intéressant car il permet de mieux appréhender le développement de la Polo R5. A n’en pas douter, G.-J de Jongh aura fait un excellent travail qui convaincra les clients potentiels si les résultats suivent bien sûr. On peut supposer que F.-X. Desmaisons a dû y participer aussi. Quant aux éloges sur E. Camilli et B. Veillas, elles redonnent espoir de les voir rebondir en rallye de manière méritée.
    Rallye Sport, sauf erreur de ma part, G-J de Jongh parle de l’association de VW et P. Solberg en WRX et non en WRC.

  3. Jean francois dit :

    Je trouve pour ma part la communication excellente .
    Et ils ont de bonnes idées je trouve .

  4. roland59 dit :

    Budget serré, compromis entre performance et coût… c’est De Jongh qui le dit…
    il en est ou le WRC1..??

  5. martini29 dit :

    Courageux de se lancer en cette période…avec le spectre de l’électrique au dessus des têtes (mal pensantes…). ils ont dû prévoir l’emplacement des futures batteries sans rien dire…=)