Rallye Monte Carlo 1986, la légende des siècles



Après avoir déjà largement évoqué le Monte-Carlo à travers trois récits en décembre dernier, Jeff nous livre un dernier article dont il a le secret avec un retour sur le Monte-Carlo 1986 et plus particulièrement sur les performances d’un finlandais volant, Henri Toivonen.

«C’est en écoutant les histoires du Monté Carlo que mon père racontait à la maison, les auberges dans le Turini, les tempêtes de neige, les heures au volant, que j’ai commencé à rêver de sport automobile… » révèle Henri Toivonen à un journaliste avant de s’élancer pour cette 54ème édition du Rallye Monté Carlo.

L’auteur du « Petit Prince » Antoine de Saint Exupéry dit un jour: « Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité »…

En 1985, Toivonen connait un crash effrayant lors du Rally Costa Smeralda. Hôpital, rééducation, désormais il devra accepter les séquelles et la douleur. On dit que le Finlandais est affecté psychologiquement mais il apporte la plus belle des réponses en remportant le RAC en fin de saison avec la nouvelle Delta S4. Enfant de la balle et de Jyväskylä, Henri est une étoile filante dans le monde du rallye. Son talent unique, son attaque légendaire et sa précocité lui valent rapidement le surnom de petit prince du rallye.

Dimanche 19 janvier 1986, Henri Toivonen arrive à Aix les Bains en prétendant à la victoire du plus beau rallye du monde. Son père Pauli s’est imposé ici il y a tout juste 20 ans. Ce qui va s’écrire maintenant appartient à la légende. Pour moi, des 87 éditions disputées sur deux siècles, le Monté Carlo 1986 est le plus tragique, le plus étourdissant, le plus inoubliable. Le plus beau surtout. L’exploit signé par le vainqueur de ce 54 ème millésime demeure, à mon avis, comme le plus grand de l’histoire du rallye.

Du Chatelard à Lucéram, 36 spéciales et 880 km de chronos. Sept jours de verglas, de glace, de neige fondue, de rires, de larmes, 114h de direct sur les antennes de RMC (où il y avait moins de grosses gueules mais plus de journalistes) des centaines de milliers de spectateurs tenus en haleine une semaine durant et, au bout du voyage, un héros.

Ce dimanche après midi sur les rives du lac du Bourget, cinq petites spéciales constituent le hors – d’œuvre de la première boucle. Les favoris sont les 205 T16 E2 de Saby, Salonen et Kankkunen, les Delta S4 de Biasion, Alen et Toivonen, les monstrueuses Quattro S1 de Röhrl et Mikkola, les Métro 6R4 de Pond et Wilson, la 205 T16 E1 de Michèle Mouton, les BX 4TC de Wambergue et Andruet…

Biasion remporte le premier chrono puis, à 20H56, arrive la Chartreuse. Un massif, un haut-lieu, une terre d’histoires. 44,15 km et trois cols. Du sinueux, des pièges et cette vertigineuse descente du Col de Porte jusqu’à l’arrivée où les vitesses atteintes font froid dans le dos…Le record de 25min42 détenu par Röhrl et l’Ascona en 1982 devrait tenir car la neige fondue recouvre le parcours. Salonen réussit 32min32, Mouton 32min31, Röhrl 32min24, Alen 32min07, Saby 31min49, Biasion 31min47. Toivonen s’immobilise au Sappey en Chartreuse et le chrono affiche… 31min15 ! Les trois Lancia rejoignent la station balnéaire aux trois premières places mais Toivonen possède déjà 1min05 d’avance sur Alen.

Lundi matin, départ de l’étape commune dans le cadre majestueux du Parc du Pilat. A Saint Régis du Coin, Alen réussit le scratch à 116km/h de moyenne puis, au milieu d’une foule effrayante, Toivonen s’impose sur la neige fondante de Saint Bonnet le Froid à 112km/h de moyenne. Nouveau record. Dans Lalouvesc, Henri en remet une couche avant de laisser le grand Walter Röhrl survoler le Moulinon – Antraigues puis La Souche – Col du Pendu. La Quattro S1 est surpuissante mais manque d’agilité, cependant l’Allemand est là dans son jardin et remonte 2 ème à 1min41 du jeune pilote Lancia. Alen rencontre des soucis moteur et se classe 3ème à 2min22. Saby a perdu trop de temps sur ennuis mécaniques…mais pas sa détermination.

Mardi 21 janvier 9H58. Avant de quitter l’Ardèche, c’est la fameuse boucle Burzet – Burzet. Un mythe. Le record est détenu par Röhrl en 29min49. 44,67 km de verglas, d’humidité, de portions sèches…parfois, et un immense Bruno Saby. Magistrale démonstration du Grenoblois qui administre 19 sec au leader et 31 sec à Kankkunen… Un record – 25min34 – qui tient toujours et pour longtemps encore ! En quittant Burzet sur la liaison, Henri Toivonen est heurté de plein fouet par une Ford Taunus arrivant en pleine gauche…La Lancia est très endommagée et son châssis plié. Henri s’en tire avec un fémur déboîté, son équipier Sergio Cresto souffre d’un genou. Le rescapé repart à l’assaut de la liaison avec du retard et une réparation de fortune réalisée par ses mécanos. Il lui reste 50 km et 25min pour rejoindre le départ de la 13 ème spéciale … Cesare Fiorio, responsable chez Lancia, exige que le Finlandais s’arrête pour remettre l’épave en état. Mais cela prendrait du temps, Henri refuse et désobéit, il fonce vers ce 13 ème chrono. Fiorio demande alors aux mécaniciens de s’unir et de former une barrière humaine pour bloquer la route. La Delta S4 arrive à fond absolu, à 200km/h … les mécanos s’écartent, comprenant bien qu’il est impossible de stopper la course folle de cette bête blessée. L’équilibriste arrive au départ de l’ES 13 avec une minute de retard seulement et écope d’une minute de pénalité. Avec une voiture pliée, inconduisible, avec les pneus usés de Burzet, Henri signe le 7 ème chrono de la spéciale de Bif, Fioro est sans voix. Au fil des assistances, les mécaniciens accomplissent des miracles pour remettre la Lancia en état mais le châssis est tordu, définitivement. Toivonen se tort de douleur, il devra composer avec des piqures d’anesthésiant dans les 23 spéciales restantes. Pour le moment, il mène toujours le rallye devant Timo Salonen. Au parc de Vaison la Romaine, Fiorio dit au Finlandais : « puisque tu as pu arriver là, tu dois être capable de gagner, c’est un signe ». Le médecin de l’équipe fait alors une anesthésie locale au miraculé pour lui remettre le fémur en place.

Dans le très rapide Col des Aires surplombé par le Ventoux, Henri, galvanisé, puise au plus profond de ses ressources et réussi le 2 ème chrono ex – aequo avec Röhrl, à 2sec de Saby en 17 km !

Le pilote Lancia perd ensuite 29 sec en 2 spéciales sur son compatriote de chez Peugeot puis à St Jean en Royans, l’impossible devient réalité. Au Cimetière de Vassieux, avec une Delta S4 qui sous – vire énormément dans les courbes à droite et après un changement de roues en spéciale, Toivonen euphorique signe un scratch hallucinant en posant 28sec à Salonen en 31km, 34sec à Saby…Et pulvérise au passage le record de Vatanen de 1min14. Petit à petit, le petit prince s’adapte, compense. Transformer son rêve en réalité…

Mercredi 22 janvier, 8h39, Col des Garcinets. Alors que tous les espoirs semblent à nouveau permis, les rêves de Toivonen s’effondrent, une seconde fois. Le leader perd 2min30 sur crevaison. Et ce n’est pas fini, le sort s’acharne sur lui à Sisteron où, en slicks, il perd encore 40 sec dans Fontbelle…A la fin de l’étape commune, Henri compte 33sec de retard sur Salonen. Avant la boucle finale, Toivonen est conduit dans un l’Hôpital de Nice pour des examens. Il souffre beaucoup et espère des conditions glissantes, moins physiques. Chez Lancia, Giorgio Pianta déclare que si la voiture se montre rapide c’est uniquement parce qu’elle est aux mains d’un gars touché par la grâce surnommé le petit prince…

Jeudi 23 janvier. Les Col de la Madone, du Turini, de Saint – Roch, de la Couillole, de Saint – Raphael, de Bleine alternent neige, verglas et pluie. Henri est épuisé mais serein… A Peille, Salonen attaque fort et pose 15 sec à son suivant qui prend un coup au moral. Dans le Moulinet, le pilote Lancia réagit et inflige 24 sec à la Peugeot…en 22km. A Beuil, humide, Henri affirme avoir piloté comme si la route était sèche… Salonen accuse d’un coup 48 sec en 22km ! Toivonen reprend la tête pour 24 sec. Il reste huit spéciales dont cinq de nuit et le monde du rallye vibre à la tournure héroïque de ce final d’anthologie. Lors du second passage dans la Couillole, Henri se sert des traces de Timo parti devant lui pour retarder au maximum chaque freinage, son copilote Italo – Américain pousse des bruits bizarres entre deux notes, la peur s’installe mais, à l’issue de ces 22km de frénésie… la Lancia a rattrapé la Peugeot !

Vendredi 24 janvier 1986, Lucéram, 3h55. Hannu Mikkola réalise le 2 ème temps et monte sur la dernière marche du podium final, à 7min22 du vainqueur. La 205 T16 du champion du monde Timo Salonen finit à la seconde place. Rien n’a pu empêcher Henri Toivonen de réaliser son rêve. Ni les 4min envolées, ni une voiture tordue, ni son directeur sportif, ni ce fémur luxé ou un copilote souffrant… Il remporte ce 54 ème Monté Carlo avec 4min04 d’avance sur Timo Salonen. Légendaire.

1986 devait être l’année de Toivonen. Quelques semaines plus tard, le héros du Monté Carlo domine le rallye de Suède avant que le moteur de sa Lancia explose. Le vendredi 2 mai 1986, le monde s’écroule sur l’île de beauté. Alors qu’ils viennent de signer 14 scratchs sur les 17 premières spéciales du Tour de Corse et qu’ils possèdent 2min45 d’avance sur Bruno Saby, Henri Toivonen et Sergio Cresto sortent de la route dans Corte – Taverna. Le prodige Finlandais et son copilote périssent dans un brasier funeste. Ils avaient tous deux 30 ans. Une période d’insouciance et de folie prenait fin, celle des Gr.B et du petit prince. Pour Henri, comme pour la plupart des pilotes, seules la prise de risque, la vitesse, l’adrénaline et la victoire étaient garantes d’équilibre. Dans cette quête de liberté et d’intensité, Toivonen, à l’image d’Ayrton Senna, repoussait toujours plus loin les limites. Il est une de ses déclarations qui résume parfaitement, à mon avis, sa personnalité: « …je devrais me contenter de piloter à 95% de mes possibilités. Je réalise très bien ce genre de choses…quand je ne suis pas dans un baquet ! ».

Le fils prodige a disparu il y a bientôt 34 ans mais chaque mois de janvier, il revient hanter ma mémoire par ses exploits, sa gentillesse, sa passion, son engagement total et exclusif. Les étoiles brillent longtemps encore après leurs morts et comme le Petit Prince d’Antoine de Saint – Exupéry, le petit prince du rallye aurait pu dire : « J’aurai l’air d’être mort et ce ne sera pas vrai »…





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  1. Sylvain dit :

    PS Jeff, merci pour le titre aussi, tu finiras au Panthéon 😉

  2. marc gonay dit :

    J’y étais et oui il était tout simplement phénoména

  3. Pipolaky dit :

    C’était la belle epoque du Monté Carl
    Je restais toute la nuit l’oreille collée au transistor. Que de beaux et malheureux souvenirs…

  4. Seb73 dit :

    J avais un pote qui avait mit le cul dans sa caisse
    Son pere lui avait prêter son garage
    C’était le bon vieux temps
    Turbo avec compresseur
    Un autre epoque
    Ca devait mal finir,ca coulait de source

  5. Filip dit :

    Quelle écriture ! On en redemande… Merci

  6. Spectator dit :

    Juste un souvenir : la Delta S4 N°7 le moteur pleine charge sur le plateau de Lachamp Raphael j’en ai encore des frissons, un gars définitivement à part!

  7. loran bertaing dit :

    magnifique toivonen! sans oublier l’éclosion de kankkunen, aussi rapide que toivonen en ce début de rallye, idem pour salonen avant l’abandon d’henri!

  8. Fred_54 dit :

    Superbe récit qui s’ajoute à ceux de décembre.
    Là ou je pleure vraiment c’est en comparant les chiffres 1986 – 2020
    1986 – 36 Es – 880km de spéciale – Certaines dépassant les 40 bornes
    2020 – 16 Es – 304km de spéciale – la plus longue 25km

  9. gouvert dit :

    Bonjour C est beau a en pleurer…merci pour cet article .merci a Henri!!!

  10. Phipiel dit :

    Ç’avait été un des plus beau MC. Toivonen un pilote hors du commun. Avec la Sunbeam déjà c’était pas mal. Les nuits du Turini avec l’oreille collée à ma petite radio à attendre les temps. Du temps des Alpine déjà il y avait des nuits très chaudes. J

  11. carrera2 dit :

    Oui , c’était la belle époque : j’ai fait ce Monte Carlo 86 en Quattro , et le Costa Smeralda du 16 au 19 avril 86 que justement Toivonen a gagné avant de se tuer 15 jours plus tard !

  12. didier dit :

    Je me rappelle du rallye des milles pistes et de la première apparition de la Lancia S4 au main de M.Alen

    • Buz dit :

      Exact. En 1985 remporté par Chomat sur la 037. En plus la première spéciale était retransmise sur « FR3 ».

      • JMB17 dit :

        Ouah ! Maurice Chomat avec la « 037 », et la « 1000 pistes » ! (Entre autres) !
        Souvenirs !
        J’l’avais oublié Chomat ! Et Je viens de lire qu’il était décédé ! Triste … !!

  13. Sylvain dit :

    Alors la Bazir… TU N’Y ÉTAIS PAS, je crois que le monde se divise entre ceux qui l’ont ressenti et ceux qui l’ont raté 😉

    Personnellement, je ne dirais pas il y avait lui (Toivonen) et les autres, par contre, je me reconnais dans qui pense au son des Audi comme de quelque chose d’inoubliable, parce que… certes je n’en ai pas vu des milliers, mais pour moi 1986 c’était à part… les gens, les sons, les émotions : c’était un truc de dingue… le MC en rien de temps était passé d’un truc « gentil » en un truc « de fous » comme au Portugal, une foule que j’avais jamais vu avant ou après, personnellement j’ai senti une émotion étrange, très forte.

    Et, sans aucun doute, c’est Röhrl et l’Audi qui m’ont le plus ému, mais c’est personnel et je ne serais pas capable d’en discuter, juste de le dire : ce son, la dérive des 4 roues sur le sec quelques dizaines de mètres après une épingle en montée, la sensation de violence, et tous les gens autour…

    • bazire dit :

      Et non j’y étais pas a ton virage ce jour-là !……Mais des orgasmes en rallye j’en ai eu plus d’une paire mon p’tit gars !…..les groupes B en 84 et 85 au Moulinon et Burzet je sais plus ….
      Mon premier a la ronde Cévenole avec un Therier et sa berlinette en glisse des 4 roues , du beau bruit et beaucoup de monde aussi au bord de la route … bien d’autres par la suite et en tant qu’acteur aussi !…

      • JMB17 dit :

        – Thérier et sa berlinette en glisse des 4 roues ! T’es con Baz, voilà qu’je jouis !

        – Le seul rallye que j’ai fait comme navigateur c’était le rallye des Causses Rouergat (si ma mémoire est bonne). Y’avait Thérier et sa Célica (qui faisait l’intégralité du championnat France rallyes terre), et il y avait aussi Michèle Mouton (je crois me souvenir avec une Quattro, sans certitude !)
        – Un mec recherchait un navigateur et, comme un con j’ai dit « pourquoi pas » !
        – La peur de ma vie, j’ai eu. J’étais quasiment sous le siège passager ! Et on est sorti de la route (piste) bien sûr tellement j’étais mauvais!
        – Je crois me souvenir que j’étais presque soulagé que le rallye s’arrête ! Bref, j’me suis rendu compte que j’étais pas fait pour être navigo.
        – Le seul bon moment, c’est que j’ai pas mal discuté avec Thérier. Un type extrêmement gentil (comme Ragnotti).
        Je courrais avec une berlinette, et je me souviens qu’on avait pas mal parlé de l’A110. Il m’avait conseillé un préparateur, dont j’ai oublié le nom.

        – Bref, aujourd’hui je crois que je n’oserais pas m’aventurer à discuter avec les pilotes actuels.
        Autrefois, c’était l’inverse, du moins avec certains d’entre eux. Ils aimaient se fondre avec les amateurs.
        Bah, une autre époque tout simplement.

        • bazire dit :

          Therier est mon idole d’enfance et que je considère toujours comme un des plus grands du rallye toutes générations confondus …
          J’ai eu moi aussi la chance de conversé avec lui au Milles Pistes, c’était la gentillesse et l’humilité incarné , un très grand bonhomme du rallye et en dehors , j’ai pleuré le jour de sa mort …..
          Put t’as roulé avec la berlinette , je suis monté une fois dedans mais on avait enlevé la clé de contact , dommage !…..Je donnerais mes oreilles ( pas la queue ! ) pour conduire une berlinette sur une route fermée …..
          Moi c’est pareil j’oserais pas emmerder des pilotes aujourd’hui encore moins faire des selfies et d’ailleurs j’ai pas de tel portable !…

      • Sylvain dit :

        J’insiste, selon moi entre 1985 et 1986, il y a un bon en avant…

        Je dis pas qu’il y avait la différence qu’on a aujourd’hui entre wrc-1 et wrc-2, mais pas loin.

        1986 c’était absolument brutal!

        Il y a une belle grosse vidéo sur youtube où pour Pirelli je crois, Alen, KKK, et Andreucci roulent sur une route goudron du San Remo avec des Stratos, 037, Lancia Delta S4 (à tour de rôle tu fais des km en caméra embarquée avec un de ses champions), Alen disait avoir presque peur de la S4 sur le goudron (pas aujourd’hui, à l’époque!)…

        Le mec qui ne savaient que dire « Marku not lucky, maximum attack » a admis qu’il roulait prudemment avec la S4 😀 😀 😀

        Moi j’ai vu passer Rohrl sur un rail dans des pif paf en descente avec l’Ascona 400, la voiture ne bougeait pas alors que Kullang était absolument en vrac au même endroit avec la même voiture; en 1986 Rohrl était en travers à la montée en ligne droite, c’était « affreux », d’une violence assez unique…

        • Seb73 dit :

          Exact on avait changé de dimension

        • bazire dit :

          Je sais pas raconté comme toi mais en plus de 30 ans de rallyes en live j’en ai eu des érections devant des passages et des sorties devant mes orteils a la pelle !…..
          Bon si tu crois être le seul a avoir vue l’ours , quoi te dire ?…..

  14. Brunoo34 dit :

    J’étais spectateur en 1986 sur les routes de l’Ardèche et je peux confirmer que TOIVONEN « volait » sur la spéciale pourtant le verglas était présent avec de la neige par endroit, on aurait dit que les autres pilotes se « trainaient » c’était surprenant car il y avait de grands noms sur ce Monte Carlo.
    C’est un souvenir inoubliable, j’ai une photo ou la S4 est en glissade dans une courbe rapide je viens de la revoir !
    Merci pour ce récit qui rafraîchi nos souvenirs

  15. Dom dit :

    Encore un beau récit, merci Jeff
    J’y étais, c’était hier, la Chartreuse enneigée, le Pilat surpeuplé, dormir dans nos autos-frigos chaque soir, le bruit fantastique des monstrueuses Quattro qu’on écoutait arriver dans la nuit avec des frissons….

  16. jp dit :

    Magnifique récit , merci ! et oui c’était ça le rallye…

  17. Claudius dit :

    Bravo ! Et j’ai bien aimé votre pique à propos de RMC. Quand j’étais gamin, j’écoutais Bernard Spindler pour la nuit de Turini..

  18. sebenfer dit :

    Là, c’était du rallye ! On rentrait pas à l’hôtel à 21h pour s’occuper de maman…

  19. Bitonio dit :

    Et moi , qui n’est plus de piles, pour mon transistor…………………………………………………RMC ou est tu

  20. jacqouille dit :

    Nous, c’est pas compliqué, on partait des vérifs de la place de la Concorde à Paris, direction la Chartreuse qui ouvrait les hostilités, après le Vercors, la Drôme, les Hautes Alpes et direction la Méditerranée, les spéciales du sud et le final « LA NUIT DU TURINI ». On étais crevés mais contents. 205T16, AUDI S1, DELTA S4, METRO 6R4 et même la BX4TC continuent à envahir mes rêves!!!!!!!!!!!!!!!!! 34 ans après………………

  21. Bitonio dit :

    SUPERBE ARTICLE…..MERCI

    Et que les pseudos journaleux cités , en prennent de la graine !!!

  22. NISMO dit :

    Excellent article ! top !
    880 km de spéciales, soit Lille-Toulon….Y doit y avoir une erreur…
    Et dire que la dernière journée du MC 2020 fait 75 km….

  23. Regis dit :

    Merci de nous faire revivre ce moment!! Quel émerveillement ce MC 86 avec les ultimes évolutions musclées des T16, quattro se confrontant à la bestiale S4 venue pour se taper la part du lion.. Les voitures étaient d’une autre dimension cette année là, je me rappelle encore toucher les fines ailettes plastiques longeant les passages de roues avant de la quattro de Walter, un élément de science fiction pour moi à ce moment là..!..Un arrêt sur image gravé dans ma mémoire comme si c’était hier.. Une pure folie ce MC 86, des passages, des sons, des vibrations indélébiles.. L’ardèche, la drôme, et le reste collé sur le poste de radio!! Ils nous on régalé, ils méritent tout les honneurs.

  24. riri73 dit :

    Ca peut sembler incroyable aujourd’hui, mais ce n’est pas une blague TF1 avait retransmis en direct l’ES1, le dimanche après midi Pendant presque 1 heure. C’était une petite ES de 2km, dans les Bauges, aux Aillons, pas très loin du Revard La Féclaz où le rallye était passé les années précédentes.
    Voici le lien https://www.youtube.com/watch?v=TGmVq_xWqbY

  25. Martini29 dit :

    Bravo. Respect.
    Quand on lit ça, le palpitant revient au galop.

  26. philou038 dit :

    J’étais sur le bord des routes du monte carlo tous les ans depuis 1976, et c’est vrai que cette édition 1986 la dernière des groupes B était une sacrée année mémorable, spectateur le 1er jour dimanche soir au col de porte en chartreuse, puis villeneuve de berg en ardèche et st jean en royans dans le vercors, beaucoup de souvenirs monstrueux notamment l’audi quattro sport de Rohrl , une autre époque ou on voyait l’étincelle de la passion dans le regard des pilotes, je suis nostalgique de ces années où les pilotes avaient un coté surhumain, où ca roulait de jour comme de nuit sur les plus belles speciales, je suis tellement triste de voir ce qu’est devenu ce pauvre monte carlo qui ne ressemble plus à rien ……..

  27. jacqouille dit :

    Le Monte Carlo en spectateur ou en assistance, c’était une semaine à manger vite fait, rouler vite et dormir là aussi vite fait. J’étais sur ce rallye, complétement dingue en effet!!!!!!!!!! J’en ai suivi d’autres, 1986 restera à jamais dans nos mémoires. Blessé, comment a t il fait pour tenir? Nul ne le sait , chapeau, RESPECT à vous Monsieur TOIVANEN;

  28. Fb49 dit :

    Superbe article! Toivonen est une légende, sans sa disparition tragique combien de titres aurait il ? Il était tellement vite dans le « monstre » Lancia…. Que dire du parcours et de tous les chronos monumentaux!!! Un VRAI Monte-Carlo… Je termine avec Lancia qui pour moi évoque le rallye, la légende avec toutes ces voitures magiques et cette passion…. Comme je regrette ce temps ou l automobile rythmait avec passion, performance, aventure….

    • JMB17 dit :

      Et la victoire de Munari en 72 avec une Lancia Fulvia 1,6 L HF !!!
      T’as raison pour les Lancia !
      Je me souviens avoir piloté cette trac’avant très sportive à l’époque ! Après sa victoire au Monte Carl, l’un de mes cousins rallyman était allé en chercher une en Italie (car non importée avec la préparation). Une gueule d’enfer, sans pare chocs, rouge et capot noir avec les 2 gros phares ! Je me souviens parfaitement de « l’ambiance de cette auto » : intérieur très dépouillé, 2 baquets, tableau de bord bois ! Puissante et très maniable. Un régal à l’époque. Une vraie Lancia de rallye !

      • Buz dit :

        Sans oublier la victoire de Louis Chiron en 54 avec la Lancia Aurelia. La première des 13 victoires sur le rocher. Bon pas grand monde sur le forum pour raconter cette victoire!!!

        • JMB17 dit :

          Bonjour Buz,
          – Tu as raison de dire « Pas grand’monde »…. mais peut-être quelques « mordus » quand même. Il suffit d’avoir 80 ans aujourd’hui pour raconter une anecdote de cette victoire Lancia de 1954 !
          – En 1954, je n’avais qu’un an ! Et naturellement, je ne peux rien en raconter.
          – Mais si un octogénaire a un quelconque souvenir, perso je suis preneur.
          – A 66 ans, je suis toujours « curieux comme une belette » et j’ai toujours envie d’en savoir plus. J’apprends beaucoup des « jeunes » comme des « plus anciens ». La diversité de chacun fait la richesse.
          – Cette « seize cents HF » de 72 est un bon souvenir que j’avais simplement envie de le raconter ! Et j’espère qu’à 80 ans, si la grande faucheuse n’est pas encore passée, j’espère bien continuer à apprendre, et à raconter moult anecdotes et conneries (qui font rigoler … ou pas) !!
          – Comme disait Jean Gabin, qui a lui-même repris cette expression de Socrate : Je sais qu’on ne sait jamais, ou je sais que je ne sais rien. Je sais peu de chose, mais ça j’le sais !
          Ciao Buz, et bonne journée

          • Buz dit :

            Je te le souhaite JMB, que tu puisses raconter tes anecdotes à 80 printemps. Reste comme tu es, à être sérieux quand il le faut et a dire des conneries quand il le faut pas. Je sais qu on ne sait jamais, c est bien vrai cette phrase. L immense Gabin s etait essayé a la chansonnette

  29. yoyo 07 dit :

    superbe récit, une époque magnifique ou le rallye étais a sont apogée, beaucoup plus de spectateurs et de medias que maintenant! de l’insouciance aussi!

  30. Bouchon dit :

    Différence entre avant et maintenant !!!
    Toivonen continue malgré un fémur déboité et un châssis tordu.
    Quand ogier ou latvala vont a l hôpital pour une gastro!!!!

  31. jmb17 dit :

    Subjuguant Toivonen au Monte Carl, puis très émouvant et…triste !

    Pour les spécialistes des voitures de l’époque, c’était quoi la différence entre
    la 205 T16 E1 de Michelle Mouton et celle de Bruno Saby (E2) ?

    • Delta 86 dit :

      Plus d appendices aérodynamiques, voies plus larges, 450cv au lieu de 350

      • jmb17 dit :

        OK Merci pour l’info !
        Je me souvenais que Michelle Mouton avait été championne d’Allemagne des rallyes !
        Après vérification, c’était cette année là, 1986 !

        • philou038 dit :

          Michèle Mouton n’a fait qu’un rallye au volant de la 205T16 E2 c’était au tour de corse de cette année 1986 où elle avait fait un début de rallye magnifique

      • Sl1te dit :

        Châssis tubulaire sur l’évolution 2, en tôle sur l’évolution 1 ?

      • bazire dit :

        J’envie votre mémoire !…..Chez-moi avec les années tout fous l’camp !…

        • JMB17 dit :

          Baz, t’as vu il est déjà 21 h 30. Dans 1/2 heure, je veux te voir coucher !
          Que tu sois en forme demain ! Nom de Zeus !

          Biz ! baz !

          PS : 5 points communs avec toi
          – j’ai couru avec Golf GTI (N et A),
          – j’aime beaucoup J Luc Thérier (regarde vidéo « sur les traces d’Alpine J L Thérier),
          – Depuis la retraite, j’ai plus de portable,
          – J’habite la campagne,
          – Par contre, j’ai plus de « bestioles » que toi : 1 cheval, i ânesse et son ânon (adorable) de 7 mois, 1 bulldog français, 3 poules (A plumes) 1 coq (nain) 1 chat ………………et ma femme ! (les féministes vont s’affoler !)

  32. Schmurts62 dit :

    Juste ….beau……

  33. Delta 86 dit :

    Très bon reportage et bien restitué pour avoir vécu cette époque magique du monte carle, il n y a rien à rajouter, nostalgie quand tu nous tiens, les groupes B, l ambiance, un monde fou. Rip Henry le funambule

  34. RP14 dit :

    Je viens de voir le parcours de l’époque… En gros Henri Toïvonen a juste dû faire 600 km de spéciales avec un châssis un peu tordu et un fémur en vrac, soit le double des 300 malheureux kilomètres qui sont au programme cette année!

    • mica dit :

      C’est ça!.. Et avec une voiture qui déjà en bon état était sûrement autrement plus physique à piloter que les wrc actuelles, alors avec un chassis plié en plus..!!!!

  35. riri73 dit :

    Superbe article, qui fait remonter plein de souvenirs. Des très bons ( le parcours de concentration qui finit « à la maison » ) puis des tragiques quelques mois plus tard..

  36. Ailef dit :

    Je me souvenais de la collision en liaison, de l’état de la Taunus (épave) et du tour de magie des mecanos pour que la Delta reparte. Ça ferait un récit à lui tout seul, incompréhensible avec les Service Park payants actuels. Et lors de mes seules vacances en Corse un été, je tombe par hasard sur la stèle près de Corte, 20 ans après l’accident. Quel bel hommage Jeff, merci.

  37. jeanlouis dit :

    moi, j’y étais… le matin j’avais 16 ns… et « séché » les cours pour le voir passer en ES tout prés de Bastia…. en arrivant à la maison, l’après midi, ma mère m’annonce la mort de ce prodige ! je n’y ai pas cru… le bruit de la Lancia résonnait encore dans ma tête ! comment mort ?? comment était-ce possible ?? quel drame….

  38. bazire dit :

    J’y étais pas cette année mais je l’ai vue passer en course avec la talbot, la porsche et l’opel , Fréquelin qui a été son équipier a souvent rivalisé avec lui …
    Avec la groupe B qu’il fallait conduire assez fin pour avantager la vitesse en sortie et freiner bien en ligne n’était pas faite pour une conduite extrême … c’était un pilote très rapide ,peut-être trop !…..

  39. Buz dit :

    Me trouvant dans les derniers virages avant Vassieux, je garde en mémoire le passage de Toivonen en clous sur l asphalte. Il y avait lui et les autres. Quelle maestria. La S4 volait littéralement. Souvenir également de Rohrl qui passera avec une roue crevée. Mon dieu que c’etait beau et en même temps effrayant de voir évoluer ces autos et ces génies du pilotage. A l époque nous étions tranquillement sur le bord de la route, voir même dessus. Insouciance d une époque heureusement révolue. Merci Jeff une fois de plus de nous raconter ces moments magiques.

  40. copilote30 dit :

    Juste magnifique cet article. Merci beaucoup. Je venais à peinde de naître mais j’ai vue tellement d’image par la suite. Cela à contribué à me transmettre ce virus qui va me poussé à aller me poser au bord des spéciales en 2020.

  41. gecko dit :

    Excellent ce résumé d’une année 86 inoubliable.
    La dernière pour les groupes B. Le spectacle et le suspense dans chaque épreuve, souvent vécue en écoutant la radio pour moi. Et ce terrible accident au TDC, que j’avais suivi sur place. merci Julien R.

    • Denteux42 dit :

      Merci pour ce récit . Je n’y étais pas les années 86 , 87 pendant mes partielles de médecine, Je me suis rattrapé ….mais à chaque époque , des autos et des pilotes ….les 5 premiers sont toujours au dessus du lot

  42. Sylvain dit :

    Je ne sais pas si cela constitue le plus beau Monte Carlo mais, effectivement, à voir passer, les voitures de 1986…

    Ça faisait un poil de bruit, ça mobilisait quelques spectateurs, ça transmettait certaines émotions.

    Juste pour l’anecdote, je suis revenu d’une ES en stop et la personne qui m’a pris avait une Lancia Beta Coupé VX… des trucs qu’on a du mal à oublier 😀