Y.Bonato : « Plus de risques qu’à l’acoutumée »




Après ses déboires de l’Allemagne et un « rallye à problème », Yoann Bonato a retrouvé le championnat de France des rallyes asphalte à l’occasion du rallye du Mont-Blanc.

Au terme d’une édition marquée par une météo digne d’un vrai Touquet, le pilote des 2 Alpes a empoché un troisième succès consécutif, se rapprochant ainsi encore un peu plus de son premier titre de champion de France. Dans cette chronique, Yoann revient avec nous sur ce week-end de course, tout en évoquant son avenir et quelques points de réglementation.

Des reconnaissances sur le sec mais une course sous la pluie et dans le brouillard. Comment adapter ses notes dans ces conditions ?

« On ne peut pas dire à proprement parler que l’on adapte ses notes. C’est justement l’avantage de prendre des angles et non les vitesses de passage. Dans notre cas, les notes restent strictement identiques, qu’il pleuve, neige ou même qu’il fasse 40°C ! On essaye juste d’anticiper un peu les glissants mais lorsque tout est sec, il est parfois difficile de tout voir ! On fait donc confiance à nos ouvreurs, ici Alexandre Court Payen et Christophe Ailloud Perraud pour faire le boulot le jour J. »

Le choix de pneus a été un véritable casse-têtes sur cette manche. Peux-tu nous parler de la réglementation du championnat de France asphalte à ce sujet ? Et toi personnellement, quels sont les paramètres qui t’orientent vers tel ou tel choix de pneus ? Combien de personnes sont impliquées dans cette décision ?

« Un vrai casse tête ? C’est peu dire !!! On n’a pas tardé à se planter ! Dès la première ES, on s’est dit qu’il ne pleuvrait pas trop, du coup on à mis des slicks sans le moindre cut ! Ayant perdu le numéro de téléphone de madame soleil, j’ai juste suivi la météo basique sur le net !!!! J’ai serré les fesses toute la spéciale, il y avait des coulées d’eau, on était constamment en aquaplaning. Si on m’avait mis une olive là où vous savez, j’aurais fait 2L d’huile. Impossible de dépasser les 150km/h. On a donc pris notre mal en patience et attendu la fin de la spéciale. A partir de ce moment là, je savais qu’il ne faudrait plus se louper. On venait de prendre 25s. Il nous fallait dans un premier temps les remonter puis ensuite conserver une confortable avance pour essayer de gagner la course ! En championnat de France, le nombre de pneus est limité à 16. Cependant, le choix du cut est libre. Nous prenons les infos que nous avons sur place avec des amis ou de la famille, mais quelques fois, lors du choix des pneumatiques, le temps est au beau alors que 2h plus tard, il peut se mettre à pleuvoir. Dans ces conditions, difficile de savoir quel sera le choix idéal. »

Après Amourette au Touquet, Rossel au Charbo, Puppo à Antibes et Paddon au Rouergue, voilà Jérémi Ancian au Mont-Blanc. J’imagine que cette bagarre était encore très plaisante même si encore plus stressante dans ces conditions ?

« En tout cas nous avons eu du file à retordre sur chacune des manches auxquels nous avons participé cette année. D’un point de vu sportif, c’est génial pour nous, et cela nous permet de progresser encore. Quand à Jeremy Ancian, avec le peu de roulage dont il dispose, il a vraiment fait une superbe course. Dommage pour sa crevaison mais ça n’enlève en rien son niveau de performance sur le week-end. Comme beaucoup, c’est probablement un garçon qui à loupé sa carrière sur des paramètres qu’il ne maîtrise pas. Dans notre position, et au vue des conditions, il était difficile de se lâcher à 200%. Même si nous ne sommes pas dans l’obligation de gagner chacune des course, nous ne devons cependant pas abandonner. Quand nous avons démarré de la sorte avec 25s dans les dents, on a mis un peu de côté cette dernière obligation pour tenter de remonter Jeremy avant la fin de la journée. Il nous a fallu prendre un peu plus de risques qu’a l’accoutumé. »

On a pu voir de multiples crevaisons et/ou de sorties sur ce rallye et ce parmi les favoris. Comment es-tu passé à travers les gouttes  ?

« Dans ces conditions, il est hyper difficile de ne pas commettre d’erreurs, lorsque le sol glisse, tu as tendance à te jeter un peu plus facilement dans les cordes car elles t’aident à tourner, et sécurisent ton pilotage. Cependant tu as toujours le risque de crever sur une mauvaise pavasse. Je pense qu’il faut un brin de réussite tout de même, de mon côté j’essaye d’en prendre le moins possible, mais quand cela devient obligatoire, tu fais comme tout le monde : Quand tu rentres dans la corde, tu lèves un peu les fesses de ton bacquet en espérant que ta voiture sera plus légère !!!! »

Avec cette troisième victoire de suite, on peut déjà parler de titre assuré pour toi et Benj’. Est-ce que ça change quelque chose dans ta motivation pour les prochaines manches ?

« Cela ne change absolument rien à notre philosophie de course, nous avons à coeur de nous appliquer sur chacune des courses à laquelle nous participons. Un titre de champion de France serait génial pour nous, après tant d’année de galère !!! Plusieurs titres seraient encore mieux ! Au fond de nous, nous sommes conscients que ce titre n’est pas que le notre. Avant de pouvoir obtenir un quelconque résultat sportif, il faut déjà avoir la chance de pouvoir le convoiter. Et ce n’est pas avec l’Opel Adam cup que j’aurais pu espérer un pareil résultat, on ne gagne pas un championnat de France avec une R2 contre des WRC. Sans notre équipe CHL sport Auto emmenée par Christophe Lecureux, nous n’aurions pas cette chance. On peut dire que nous faisons le maximum pour obtenir un résultat potentiel. »

L’an passé, tu parlais d’un programme sur 2 ans avec CHL en WRC-2 et championnat de France asphalte en complément. As-tu déjà des pistes pour la saison prochaine ? Aura t-on par exemple la chance de te voir en C3 R5 prochainement ? »

« Je ne sais malheureusement pas encore de quoi sera fait mon avenir, j’espère pouvoir continuer à faire du mondial avec une bonne voiture. Je pense que nous pouvons y réaliser de belles performances. J’ai confiance en Citroën pour nous concocter une C3 R5 qui sera au top de la catégorie R5 ! Reste à savoir si nous aurons la chance de la conduire en course en 2018 ! J’espère que d’ici la fin de l’année, notre programme sera en partie connu. Quoi qu’il en soit, tant que l’on roule dans une voiture de course je serais le plus heureux. Si nous n’avons pas de programme et que la coupe 206 N2S existe toujours, j’irai jeter un coup d’oeil !!! »

Question subsidiaire : A l’arrivée du dernier chrono, Benj’ (son copilote) nous a parlé d’un 360 à la Panizzi. Un mot sur cette figure de style ?

« En effet, on a fait un petit donuts dans la première épingle de la dernière ES. Nous avions presque 2min d’avance, On pouvait s’amuser un peu. Cela dit au départ ce n’était pas écrit dans mes notes, c’est lorsque que je me suis trouvé en forte dérive dans l’épingle que j’en ai rajouté pour faire un 360°. C’est une chose que je n’avais encore jamais fait mais dans le feu de l’action on s’est bien marré avec Benj ! »





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  1. rallyeman74 dit :

    ouah! super article, super bonhomme, j’ai eu la chance de le croiser dans le week end! en plus d’etre un excellent pilote, yoann n’oublie jamais d’avoir un mot pour ses adversaires (qu’il soit gagnant ou perdant), un esprit sportif comme ça c’est de plus en plus rare, en espérant que la paire Bonato/Boulloud ai un bon programme l’année prochaine

  2. Balou73RS dit :

    Et si quelqu’un a la vidéo du 360 de Bonato je veux bien !
    En tout cas superbe saison de cet équipage, en espérant un programme complet en WRC-2 avec Citroën et la C3 R5.

  3. chrispatagonie3 dit :

    Si quelqu’un a la vidéo de ce 360 à la Panizzi, je veux bien la voir….

    Te voir en C3R5 l’année prochaine en mondial serait une belle récompense, plus que méritée. J’espère que le Var sera de nouveau cette année un rallye avec une liste d’engagés extra. Voir tout ceux qui t’ont titillé au cours de la saison présents serait magique.