Bonato : « La déception ne dure qu’un temps »



Arrivé au Rouergue avec la ferme intention de se repositionner au championnat, Yoann Bonato a rapidement vu ses espoirs s’envoler, sa C3 R5 s’arrêtant sur le routier avant même la première spéciale.

Après avoir rendu les armes sans vraiment pouvoir combattre, le champion de France 2017 a tout de même pu profiter de son week-end, entre match de football le vendredi et essais grandeur nature le lendemain. Outre ce week-end aveyronnais, le pilote des 2 Alpes évoque la prochaine pause estivale et la reprise en France au rallye du Mont-Blanc en septembre prochain.

En quelques minutes, ce rallye du Rouergue a vite tourné au désastre pour toi. Raconte-nous un peu les événements, de l’arrivée au parc vendredi matin à ton abandon sur le routier.

« Tranquillement, comme à l’accoutumée, nous sommes arrivés au parc fermé à H-10 min. En général, je ne traîne pas pour mettre la voiture en route car en cas de problème tu n’as que 10 min pour la sortir du parc. J’ai donc effectué la procédure habituelle et très rapidement j’ai constaté que quelque chose n’allait pas. Impossible de démarrer, nous prenons donc la batterie de secours sans grand résultat. Evidement la voiture est en bas d’une montée et pour combler le tout, une manoeuvre est nécessaire pour sortir du parc. A ce moment là, tous nos concurrents et les commissaires se sont unis pour nous aider à sortir de ce mauvais pas en nous poussant dans une montée infernale. C’était un bon moyen de les épuiser avant de commencer la course ! L’état d’esprit dans ce championnat est vraiment bon, cet exemple en est la plus belle preuve. Nous réussissons à démarrer dans une descente après le CH. Malheureusement la voiture s’est coupée après 3 km et n’a jamais voulu redémarrer. »

Passé cette grosse déception, tu as pu reprendre ta course le lendemain sans rencontrer le moindre problème. Qu’as tu pensé de cette journée ? Quels genres de réglages peux-tu essayer et modifier sur ta voiture ?

« La déception ne dure qu’un temps, ensuite on est parti voir le match de foot chez Jean Michel Da Cunha, nous avons presque oublié un instant que nous étions là pour le rallye (au moins pendant les 2 buts !). Samedi était une très bonne journée pour nous, ce n’est pas toujours évident de se remettre à l’attaque alors qu’il n’y a plus d’enjeu sportif. Cela dit il y avait des infos à prendre en vue de la suite. Nous avons principalement travaillé sur les amortisseurs. Ces derniers concoctés par Alpes Racing Suspensions sont vraiment surprenants ! Le confort que l’on trouve dans le bosselé est magique. Marco Frontera en charge du projet a fait un travail incroyable sur le valving. »

Au Rouergue, on a assisté à une bagarre au dixième pour la victoire entre Gilbert et Roché. Dans ta situation, est-ce qu’on s’intéresse pleinement à cette bagarre ou l’on garde « simplement » un oeil dessus ?

« Bien sûr que l’on s’intéresse à ce qu’il se passe devant, le rallye a été intense pour nos concurrents, on aurait bien aimé être de la partie !! On a suivi ça de loin, avec tout le suspense que peuvent vivre les spectateurs. C’était une belle course à suivre en tout cas ! »

C’est la pause estivale maintenant avec le Mont-Blanc dans deux mois. Vas-tu mettre de côté le rallye pendant tout ce temps ou des essais sont-ils déjà programmés ?

« Je dirais que le rallye est rond, tu ne peux pas le mettre de côté, il te roule toujours dans les pattes ! On a du boulot, la voiture est neuve et il nous faut travailler pour être encore meilleur. Des séances de test vont être programmées afin de préparer les prochaines échéances notamment l’Allemagne et la suite du CFR. »

Pendant cette longue « pause », est-ce que le rallye reste encore bien présent dans ta tête ? Loin du rallye, quelles sont les passions du champion de France asphalte en titre ?

« Tu y penses forcément, mais je vais profiter de la famille et faire de la montagne autour des 2 Alpes. J’ai la chance de vivre dans un cadre magnifique, je vais en profiter !! L’escalade, les courses en montagne… Un moment ou l’on s’éloigne de beaucoup de choses ! »

Sur la prochaine épreuve, au Mont-Blanc, tu restes sur deux victoires consécutives. Est-ce un avantage psychologique pour toi ou ce genre de choses n’a aucune importance selon toi ?

« Je ne pense pas que ce soit un avantage particulier. A chaque départ les compteurs sont remis à zéro. J’espère que Bryan sera de retour, la victoire se jouera entre beaucoup de pilote. Le niveau dans ce championnat ne cesse d’évoluer, c’est génial pour notre CFR et l’image qu’il en dégage ! »

Avec son environnement et son relief particulier, le rallye du Mont-Blanc peut représenter un danger plus important pour les concurrents. Est-ce quelque chose qui t’as déjà perturbé sur cette épreuve, notamment à tes débuts ?

« Ce n’est pas quelque chose auquel je porte attention, mais c’est certain que c’est un rallye qui se déroule en montagne. De ce fait, les ravins et précipices doivent être plus importants qu’au Touquet. En général, tu t’en rend compte seulement lorsque tu es dedans. Tu t’arrêtes rarement en recos pour voir si une sortie de route peut bien se terminer !!! Cet environnement m’est familier, j’y suis né, j’ai plus de repères que dans le nord ! »





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  1. jekyll73 dit :

    ouai vraiment dommage les 2 abandons mécaniques…espérons que Yoann aura l’occasion de se relancer au championnat! pointe de vitesse et sympathie c’est sport !!!

  2. jh74 dit :

    Bravo à Yoann ,Il reste toujours positif et je l’admire énormément .Bonne chance à lui pour la suite du championnat et j’espére que la C3 sera fiable il le mérite.

  3. tymy dit :

    super chronique comme toujours !!!