Ogier : « Le potentiel pour écrire une belle histoire »



Comme de nombreux pilotes en ce début de saison, Sébastien Ogier s’affiche avec de nouvelles couleurs, mais toujours, avec une ambition très forte, celle de devenir à nouveau champion du monde des rallyes.

Ce mercredi soir à Gap, le sextuple champion du monde est revenu sur de nombreux sujets, évoquant évidemment son arrivée chez Citroën, mais aussi ses ambitions pour 2019 et le Monte-Carlo en globalité.

Quels sont les bons ingrédients pour gagner un Monte-Carlo ?

« Les conditions peuvent être différentes, il y a plein de possibilités de pneumatiques, de réglages, du coup, c’est un rallye compliqué. Il faut avant tout avoir un compromis qui donne confiance. Ce qui est important est d’être à l’aise et c’est certain que ce n’est pas idéal de ne pas connaître exactement comment la voiture va réagir dans chaque condition.

Les conditions peuvent aussi niveler l’expérience avec les autos. Si tu as les bons pneus sur une spéciale, tu sais déjà que tu as tout pour être performant. »

Comment se présente la première étape de demain ?

« Les spéciales étaient sèches jusqu’à ce matin, mais d’après les dernières infos, la première est 100% neige pour l’instant, et la deuxième est par contre plus sèche je pense. D’ici demain, cela peut encore évoluer.

Ce sera d’entrée un gros juge de paix. Deux spéciales de nuit pour débuter, c’est tout de suite difficile à négocier, surtout avec des températures aussi froides qu’en ce moment, il y aura certainement des pièges demain soir. C’est sûr que ce n’est pas un début de rallye et de championnat facile. On aura tous, je pense, cette même excitation et cette boule au ventre demain soir avant de s’élancer. »

De 2016 à 2019 au Monte-Carlo, tu as roulé avec trois voitures différentes. Est-ce plus handicapant de changer d’auto cette année ?

« Je pense qu’il ne faut pas trop se poser de questions. Effectivement, il y a pas mal de paramètres qui ont changé. Il y a deux ans, on avait attaqué le rallye avec une voiture totalement nouvelle, mais la différence avec cette année, c’est que tout le monde découvrait sa voiture à l’époque. Je vais faire de mon mieux, on verra bien. »

Est-ce que les liens sont déjà forts avec ta nouvelle équipe ?

« Les liens ne sont pas encore super bien tissés pour l’instant. On vient juste de commencer à travailler ensemble, donc avec un rallye aussi complexe pour débuter, ce n’est pas simple. Ma philosophie, si j’en ai une à donner aux gens avec qui je travaille, c’est de faire les choses aussi simplement que possible et de ne pas trop se prendre la tête, et faire avec l’expérience de chacun. »

Contrairement à la Ford en 2017, tu as pu avoir des essais complets avec la C3 avant le Monte-Carlo.

« J’ai roulé avec la voiture dans différentes conditions, sur le sec, sur la neige et sous la pluie. Donc honnêtement, ce n’était pas si mal comme préparation, cela aurait pu être bien pire. C’est pour ça que j’ai envie d’aborder ce rallye avec confiance et l’envie de bien faire. »

Penses-tu que le championnat 2019 sera aussi serré que le précédent ?

« Il y a de fortes chances oui. Les quatre équipes sont toujours là, il y a un beau plateau de pilotes et il y a pas mal de raisons qui laissent à penser que le championnat sera encore beaucoup disputé. A nous d’être dans le bon wagon. Une fois de plus, c’est un peu le début d’une nouvelle aventure, et finalement, les interrogations sont un peu plus dans notre camp que chez les autres, au moins pour le moment. »

D’après les dires des pilotes, la Citroën C3 est une voiture difficile à piloter dans des conditions plus compliqués. Est-ce quelque chose que tu as aussi identifié ?

« La voiture paraît un peu plus pointue dans des conditions délicates, je suis d’accord. Cela fait déjà partie des choses que l’on a essayé de voir en essais. Mais comme j’ai dit, en essais, il est plus facile de contourner les défauts et ce ne sera pas le cas ce week-end. Cela va être l’occasion de faire un premier bilan sur ce sujet. »

As-tu constaté de grandes différences entre Citroën et M-Sport ?

« Je ne peux pas dire que j’ai vu une différence marquante pour l’instant. On a beau dire que M-Sport est un team privé, ils ont tellement d’expérience que la façon de travailler n’est pas vraiment différente. Après, j’espère que sur le court, ou moyen terme, cela va m’offrir de meilleures perspectives de progrès. »

Cette année, tu n’auras qu’un seul équipier pout t’aider dans la course au titre, contre deux l’an passé. Est-ce un problème ?

« Ce n’est vraiment pas la chose à laquelle je pense quand je commence une saison, d’autant plus que cela n’est pas arrivé souvent dans ma carrière que mes coéquipiers m’aident autant pour un titre. C’est sûr, qu’à un moment donné, cela peut être bien, mais ce n’est de toute façon pas la manière dont j’ai envie de remporter des championnats.

Est-ce que ce retour chez Citroën est symbolique pour toi ?

« Pour le moment, je ne pense pas à ça. Ce qui compte est d’essayer d’avoir des résultats ensemble. Le statut dans une équipe n’est pas vraiment ce qui m’intéresse. Ce qui intéresse l’équipe, comme moi, c’est de partager des succès ensemble, et pour le moment, nous avons tous les deux du travail pour faire de belles choses. Comme au moment où j’ai signé, je pense qu’il y a le potentiel pour écrire une belle histoire, mais cela ne va pas se faire tout seul, donc à nous de le faire.« 

As-tu déjà en tête de remporter les deux championnats suivants ?

« Je repars pour une saison en espérant me battre pour le titre. Après, on fera le point après cette saison là. Je suis conscient que les six années passées ont été exceptionnelles et gagner six titres consécutifs, cela ne va pas forcément se refaire tous les jours, donc, j’espère le meilleur, une fois de plus, mais c’est un peu tôt pour savoir ce que l’on pourra faire. »




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Sylvain
Sylvain
2 années il y a

Visiblement des conditions piégeuses au départ et une voiture un peu difficile dans ces conditions, et… bien évidemment, la tête de Ogier, hyper analytique, un pas après l’autre, ne pas tirer de plans sur la comète… Et puis une chose qu’il convient de souligner, non un champion n’est pas un mec qui n’a peur de rien : « On aura tous, je pense, cette même excitation et cette boule au ventre demain soir avant de s’élancer »… tous, même Loeb, même Ogier, la différence c’est ce qu’ils font avec cette boule là, une boulette ou un exploit? Espérons que nos haut-alpins sauront… Lire la suite »

Matt007
Matt007
2 années il y a

Wouah un exploit je m’attendais à une questionpoir oiger sur loeb même pas ! Bravo !